Malgré une préparation réalisée en partie à distance, des oraux blancs «catastrophiques» et la charge d’une classe à temps complet, cette enseignante a réussi le concours de personnel de direction. Le déclic s’est produit grâce à des chefs d’établissement et un travail en équipe. Deuxième article de notre série, après le témoignage de Marie Perpère.


Enseignante d’histoire-géographie et d’enseignement moral et civique dans un établissement classé REP (Réseau d’éducation prioritaire), j’ai passé et réussi le concours de personnel de direction en 2021. Cette décision, je l’ai murie longuement, et elle fait suite à une carrière riche et variée au service de l’Éducation nationale (chargée de mission innovation et expérimentation, webmestre, Canopé, mission du centenaire de la Première Guerre mondiale). J’ai eu besoin de sortir du cadre de la classe afin mieux continuer à œuvrer pour le service public et être encore plus au service des élèves. Plusieurs rencontres (de chefs d’établissement notamment) m’ont également confortée dans cette décision.

Ma préparation au concours s’est organisée en trois temps : la constitution de mon dossier de candidature, la préparation de l’écrit, puis celle de l’oral.

S’astreindre à un rythme de travail régulier

Tout d’abord, pendant la période estivale, j’ai rédigé tous les documents constitutifs du dossier : CV, lettre de motivation et rapport d’activités. Ce dernier est un exercice particulier auquel nous sommes assez peu confrontés en tant que professeur, mais il permet de revenir sur sa carrière et donne l’occasion d’une prise de recul et d’une réflexion qui confirme le choix de passer le concours.

Parallèlement, je me suis inscrite à la formation académique et j’ai démarré la formation en ligne sur Magistère. La formation académique permet des rencontres régulières (une fois par semaine) avec des formateurs, chefs d’établissement. Elle nous astreint à un rythme de travail : réaliser les tâches du parcours Magistère, rédiger les « exercices » proposés tout au long du parcours de formation et, surtout, en discuter avec les autres préparationnaires et les formateurs lors des sessions en présentiel.

Les choses se sont un peu gâtées avec le retour aux formations à distance. Afin de maintenir un rythme régulier de travail, nous avons décidé de former un groupe de cinq personnes et de nous retrouver une fois par semaine, dans le plus strict respect des consignes sanitaires. Ce travail d’équipe a été primordial : il nous a motivés, nous a permis d’échanger, nous a donné des échéances de travail et des obligations de rendu.

Ressources et outils pour l’écrit

J’ai également poursuivi mes lectures en utilisant massivement les ressources de deux sites : IH2EF (le film annuel, les podcasts et la lettre d’information, pour l’essentiel) et Eduscol. J’ai également compulsé massivement deux ouvrages : Les personnels de direction en EPLE, sous la direction de Éric Tournier, et La prise de décision en situation complexe, de Jean-Pierre Obin.

L’écrit du concours arrive très tôt (mi-janvier). L’entrainement à cet exercice très particulier est important. Il s’agit tout d’abord de bien comprendre ce qui est attendu et pour cela, les rapports de jury et les copies en ligne sont des outils indispensables. Ensuite, les concours blancs organisés par les formateurs académiques permettent de se situer et j’ai apprécié les corrections individualisées, très utiles pour progresser (dans mon académie, chaque préparationnaire a un tuteur attitré).

Course à pied et oraux blancs

Enfin, la préparation de l’oral a demandé un investissement plus grand. J’ai consacré trois semaines à rédiger mes 15 minutes de préparation que je voulais d’une précision chirurgicale et d’une extrême densité. Pour y parvenir, j’ai alterné course à pied pour réfléchir et période de rédaction, tout en assurant un temps complet devant élèves. J’ai également, en deux mois, fait une dizaine d’oraux blancs, tous plus catastrophiques les uns que les autres. Je me suis également beaucoup entrainée seule, en enregistrant ma prestation.

Afin de préparer au mieux les 45 minutes d’entretien avec le jury, j’ai rédigé une centaine de fiches pour balayer l’ensemble des thèmes susceptibles de faire l’objet d’un échange. J’ai beaucoup utilisé l’ouvrage de Philippe Tournier et le site de l’EH2EF pour mener à bien cet exercice.

Avec mon groupe de travail, nous avons fait plusieurs séances d’entrainement en nous appuyant sur les questions posées par Jean-Luc Elice dans le groupe Facebook « Personnel de direction ». L’idée était de nous confronter à un feu roulant de questions et d’essayer d’y répondre rapidement, en mobilisant des connaissances mais également des réflexes.

Et enfin, j’ai rencontré une dizaine de chefs d’établissement (collèges ruraux, REP, lycée, cité technique, lycée professionnel) avec qui j’ai pu échanger longuement. C’est d’ailleurs au cours de l’un de ces échanges avec un vieil ami devenu chef d’établissement que les choses se sont mises en place dans mon cerveau et que je me suis sentie légitime et prête à affronter le jury.

Marie-Christine Bonneau-Darmagnac


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