Publications par Alizee

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Et ailleurs ?

Un point sur la question de savoir si, et comment, se pose ailleurs la question non pas de la définition d’un socle, mais de la mise en place d’une organisation scolaire qui équivaudrait au projet français d’école du socle.

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La parole différée

Sébastien vient de recevoir un poème ordurier que Christophe, élève de 4e, lui a remis par erreur. Stupéfait par ce qu’il lit, il demande conseil à des collègues réunis autour de la machine à café, provoquant des réactions fort différentes. Quelques heures après l’évènement, Jean-Charles lui écrit une lettre qu’il dépose dans son casier.

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Écrire des évaluations : le jugement professionnel à l’épreuve

Écrire pour évaluer, c’est se poser la question du message à faire passer et celle des destinataires du message, qui sont multiples. C’est trouver les mots pour faire le point, sans enfermer l’élève dans un instant donné. C’est aussi ne pas se contenter d’un constat, mais proposer des pistes pour progresser. En somme, c’est une tâche complexe.

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La rencontre décalée

Sur la base de deux expériences d’écriture demandées à des étudiants en formation initiale d’enseignants (le Journal de formation) et à des enseignants en poste se formant à l’enseignement spécialisé (le Journal de l’étrange), ce texte tente de montrer comment certaines écritures vont au-delà de l’obéissance à la consigne pour devenir, par moments, un véritable instrument de réflexivité, permettant la rencontre avec soi grâce au détour par l’autre.

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Des bienfaits du déconfinement

Translator   Il aura fallu l’expérience collective du confinement strict de 2020 pour qu’une dimension de notre quotidien, « infraordinaire », écrirait Georges Perec, fasse unanimement l’objet d’égards renouvelés : le dehors ! Tout à coup, les oiseaux étaient audibles et des mammifères sauvages visibles jusqu’au cœur des villes. L’extérieur inaccessible se transmutait sous nos yeux pendant que parents, […]

Chemin faisant

L’institut Agro de Montpellier SupAgro, à Florac, emmène en début d’année une partie de ses élèves en itinérance de cinq jours. Retour et bilan sur un dispositif pédagogique.

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On ne fait pas cours dehors comme dedans !

On ne fait pas cours dehors comme dedans !

Quelques réponses aux critiques de l’école en extérieur pointées par Sylvain Connac.
Pouvez-vous vous présenter et dire ce qui vous a amenée à vous intéresser à l’école en plein air ?

J’ai d’abord été enseignante de primaire et j’ai très vite senti le besoin de mener des études en psychologie, et particulièrement avec une spécialisation dans la promotion de la santé. J’ai commencé dans la pratique à faire sortir dans la nature les enfants de 3 à 5 ans une fois par semaine, quel que soit le temps. J’ai voulu voir quels étaient les effets de ces sorties sur leur santé, leur comportement. J’ai fait des recherches, commencé à donner des formations sur la reconnexion avec la nature. Il n’y avait, en Suisse romande, aucun ouvrage sur ce sujet, alors qu’on s’interrogeait de plus en plus sur la question. Actuellement, je forme des adultes sur « comment enseigner à l’extérieur ». En 2008, j’ai publié Les enfants des bois, et en 2019, en collaboration avec un collectif, L’école à ciel ouvert, doublement édité en allemand et en français. L’écriture simultanée de ces deux éditions nous a permis de nous rendre compte des différences entre les deux pays quant à l’imposition bien plus grande de règles en France, qui peuvent entraver les sorties. En Suisse, quels que soient les cantons, c’est beaucoup plus facile.
Dans le texte de Sylvain Connac, on trouve pointées des critiques qui pourraient être faites à l’école en plein air. Être dehors nuirait à la concentration des élèves, en dispersant leur attention ?

Il peut y avoir des difficultés, sans doute, pour les enfants, à se concentrer sur ce que l’enseignant souhaite viser dehors. Celui-ci a au départ un objectif, mais ensuite il va se saisir de ce que propose l’environnement. Il ne s’agit pas simplement de changer de cadre matériel, mais d’enseigner « par l’environnement », bien entendu en lien avec les contenus, les programmes et les compétences que l’on veut transmettre ou construire. On ne fait pas cours dehors comme on fait dedans ! On utilise l’expérience directe, ce qui demande un changement de posture de l’enseignant.

Concernant la concentration, des études américaines ont montré que les expériences d’école dans la nature la renforçaient au final, et en particulier concernant les enfants à tendance hyperactive. Cependant, une phase d’adaptation est nécessaire. Au début, les enfants peuvent se sentir en récréation, peu habitués à l’enseignement dehors. Aussi faut-il instaurer des rituels, des règles de fonctionnement, créer des habitudes. L’enseignant doit aussi apprendre à restreindre ses objectifs. « Dehors » nécessite plus de temps.
Autre limite : l’école dehors laisserait de côté des apprentissages cognitifs au profit du bienêtre du moment.

L’école dehors développe des compétences qui sont considérées comme essentielles au XXIe siècle : la créativité, la coopération, l’autonomie, la motivation, la confiance en soi et en l’autre, la conscience de soi, de l’autre et de l’environnement, etc. Dehors, on trouve beaucoup de bénéfices tirés de l’expérience directe, mais j’insisterai sur le transfert. Dedans, en amont, on va apporter des connaissances, mais dehors on va tester pour voir si ça marche. Bien sûr la mémorisation, l’automatisation se feront davantage dedans, mais les allers-retours dedans-dehors sont essentiels.

Mais sans doute faut-il revoir la notion d’apprentissage. Les définitions qu’on peut trouver dans les dictionnaires insistent sur l’expérience, le contexte. C’est cela qui va donner du sens et renforce la motivation. Les études que j’ai citées montrent des progrès des élèves dans divers domaines, aussi bien la lecture que les maths.
L’enquête : ne risque-t-elle pas d’aller dans tous les sens et manquer d’un accompagnement qui oriente les élèves ?

Il faudrait sans doute un peu moins orienter et proposer des situations ouvertes, l’enquête n’étant qu’une possibilité. Un collègue qui a des élèves âgés de 6 à 9 ans travaille en géométrie et donne des consignes très simples comme « faites le plus de carrés possible ». Les enfants se posent alors beaucoup de questions, en coopérant entre eux, et vont s’approprier des savoirs peu à peu, mais cela demande aussi une accoutumance à ce genre d’activités. C’est une clé pour la compréhension du monde d’aujourd’hui et cela permet aussi de développer à la fois l’imagination et l’esprit critique des élèves.
Une autre question est celle des inégalités territoriales ou sociales.

On peut aller dehors sans avoir une forêt à proximité, on peut partir du bâtiment scolaire et sa proximité, même en ville. L’école dehors peut réduire les inégalités scolaires, car certains mettent en œuvre des compétences habituellement peu mises en valeur. L’enseignant voit aussi ces enfants autrement, avec un comportement différent dans la nature : cela permet d’en avoir une image plus globale, moins stéréotypée. De plus, on constate davantage de coopération et d’entraide entre les élèves pour franchir des obstacles, parfois très concrets.
Finalement, comment répondez-vous à l’objection que faire l’école dehors ne peut pas garantir à soi seul les apprentissages ?

L’environnement, par lui-même, alimente les apprentissages. Certes, dans le cadre de l’enseignement, l’immersion n’est pas suffisante. L’enseignant est là pour créer une atmosphère propice aux apprentissages. Il doit être bien présent pour que tout le monde progresse, savoir rebondir sur ce qui intéresse les enfants, s’ouvrir à d’autres compétences et accepter l’imprévu, l’inattendu.
Sarah Wauquiez
Propos recueillis par Jean-Michel Zakhartchouk et Aurélie Zwang

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Errare pedagogicum est

Partenariat et compromis Une enquête sur les rapports entre professionnels du décrochage scolaire, qui confronte la vision de l’Éducation nationale et celle de l’éducation populaire, dans le cadre des ateliers relais mis en place pour les collégiens. Comment des acteurs issus de deux mondes sociaux pensés comme différents, voire opposés, peuvent coopérer dans le cadre […]

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Comme un oiseau

Mars 1955
Le 12, Charlie Parker, surnommé « Bird », s’est éteint. Écoutez « Ornithology », le standard qu’il composa avec Benny Harris dans la version de 1946 puis dans la reprise en scat d’Ella Fitzgerald dans « How high the moon » (Ella in Berlin, 1960). Certes, c’est un peu tiré par les plumes, mais comment échapper au rapprochement avec les chants d’oiseaux que l’on entend en arrière-plan du dossier que vous avez entre les mains ? Le 15, les Cahiers pédagogiques publient le troisième dossier, depuis leur création, consacré à l’étude du milieu. C’est dire l’importance de ce thème pour les fondateurs des classes nouvelles et de la revue. Le dossier s’ouvre sur un florilège de textes de référence, de Michel Montaigne (1580) à Henri Lefebvre (1947), en passant par François Fénelon, Jean-Jacques Rousseau, Hippolyte Taine, Paul Vidal de La Blache, etc. On y lit la défense de l’étude du milieu dans la science, la littérature, les apprentissages. Ainsi ce précepte de Rousseau : « En général, ne substituez jamais le signe à la chose que quand il vous est impossible de la montrer ; car le signe absorbe l’attention de l’enfant et lui fait oublier la chose représentée. » (Émile ou De l’éducation, livre II). Nous reprenons ici de larges extraits d’un article d’Alfred Weiler, l’un des promoteurs de l’éducation nouvelle et des classes nouvelles à la Libération. Certes, l’étude du milieu n’était pas l’école dehors, mais le lecteur d’aujourd’hui retrouvera bien des idées et des arguments défendus dans le dossier de ce numéro. Le contexte a changé, bien sûr, l’entrée des auteurs de 1955 par la dimension sociale du milieu a fait place à une entrée par la dimension environnementale, mais la volonté de les faire converger est partagée.
Yannick Méve