Octobre 1981.Le changement est à l’ordre du jour. Le ministre Alain Savary ouvre les portes à l’innovation. Dès l’éditorial du dossier intitulé « changer le collège », le CRAP affiche son enthousiasme par la voix de Dominique Guy, alors secrétaire générale du mouvement : « En avant toute ! ». L’engagement est sans ambigüité. Il n’est cependant pas sans lucidité ! Jean-Pierre Astolfi cerne les contours de la relance des innovations pédagogiques « pour sortir de l’état de traumatisme dans lequel nous sommes après tant de réformes avortées ». À l’heure où à nouveau nous disons « ouf ! », à l’heure où la parole des mouvements pédagogiques pourrait à nouveau être écoutée, ces réflexions retrouvent toute leur vigueur
En éducation prioritaire encore plus qu’ailleurs, il faut se poser la question de ce qui est essentiel dans les contenus et les activités d’apprentissage, en interrogeant des réponses trop simples du côté des exercices mécaniques ou de la mémorisation.
Le passage de l’école primaire au collège est un thème pédagogique obligé, en particulier en éducation prioritaire. Peut-il être plus que cela ? Comment rendre efficace un travail collectif sur cette question ?
Dans ce réseau Éclair, dans le contexte d’une réflexion sur l’utilisation du livret personnel de compétences, sur l’articulation entre programmes et socle, une idée forte s’est imposée : c’est sur les modalités d’organisation des classes et de l’emploi du temps qu’il est possible d’agir.
Quel dispositif mettre en place pour accompagner les élèves décrocheurs ? Un exemple reposant essentiellement sur le dynamisme d’une équipe éducative. Le tutorat d’élèves fut pour nous une structure de remédiation qui devait mettre en lien un élève et un adulte volontaire de l’équipe éducative. Sans faire de l’aide aux devoirs ou de la psychologie […]
S’il y a des classes difficiles en maternelle, c’est parce qu’il est difficile de constituer une classe, d’habituer de tout jeunes enfants ne connaissant que le contexte familial à la vie collective à l’école.
Les élèves et étudiants décrocheurs dont il est question ici sont scolarisés au sein d’une institution psychiatrique. À tous est proposé un projet de rescolarisation progressive dans un dispositif adapté que les initiateurs de ce projet ont appelé le « groupe d’accroche ».
Le décrochage des élèves au secondaire n’est ni un phénomène nouveau, ni une fatalité purement française. Tous les pays confrontés à la déscolarisation des élèves pendant la scolarité obligatoire cherchent à la prévenir et y remédier, au niveau du collège ou du lycée. Pourtant, c’est plus tôt qu’il faut songer à regarder. Et c’est ce à quoi nous invite Annie Feyfant.
Lorsque la fréquentation d’exclus du système scolaire permet de comprendre leur réconciliation avec le savoir et le désir d’apprendre
À défaut de rédiger la loi d’orientation pour l’école qui sera votée en 2048, prenons un peu de recul historique sur les savoirs enseignés et leur ancrage dans des causalités sociales, voire économiques.
Jeudi 16 mai, le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles) organise un colloque intitulé « Éduquer contre l’homophobie dès l’école primaire ». Daniel Labaquère, secrétaire national, nous en parle.
Alexandra Nikolskaya a travaillé en tant que psychologue scolaire et assistante du directeur dans une école primaire de Saint-Pétersbourg. Enquêtant pour sa formation universitaire sur les rituels dans l’école russe d’aujourd’hui, elle nous livre un éclairage sur ce système éducatif peu connu.
Coopérer, ça s’organise. C’est affaire de méthodes, d’actions, de modalités de travail à concevoir, à discuter régulièrement, associant autant les élèves que les enseignants.
Comment enseigner autrement à des étudiants, pour qu’eux-mêmes contribuent ensuite à faire évoluer les pratiques usuelles de l’école ? C’est vrai à l’ile Maurice, comme sans doute dans bien d’autres systèmes éducatifs.
Imaginons un ministre de la Santé à qui on demanderait de trancher une grave question qui divise le pays : faut-il prendre le paracétamol en gélules ou en comprimés ? Le ministre répondrait avec autorité : enfant, il prenait ce remède en sachets papier, c’est à cela qu’il faut revenir. La question comme la réponse sont des galéjades, […]
En dépit des réformes entreprises par les pouvoirs publics, le rendement du système d’éducation algérien peine à s’améliorer pour faire face aux exigences des mutations profondes de ce siècle. La performance de l’école est remise en question. L’un des facteurs fondamentaux est la piètre qualité de la formation des enseignants qui demeure, aujourd’hui encore, très insuffisante sur le plan pédagogique.
En dépit des réformes entreprises par les pouvoirs publics, le rendement du système d’éducation algérien peine à s’améliorer pour faire face aux exigences des mutations profondes de ce siècle. La performance de l’école est remise en question. L’un des facteurs fondamentaux est la piètre qualité de la formation des enseignants qui demeure, aujourd’hui encore, très insuffisante sur le plan pédagogique.
Le détour par l’examen d’un système étranger devrait conduire à dépasser la simple comparaison. Mise en lumière et interrogation de quelques idées reçues sur la voie professionnelle en France et en Suisse.
Il lui avait été demandé de prendre en charge cet élève, afin de chercher à le remotiver. Pendant le weekend, elle avait consulté les professeurs de cet élève par courriel, demandant à chacun quel serait le premier pas qu’ils aimeraient qu’il fasse pour améliorer la situation. Les professeurs de sciences expérimentales ont déclaré qu’ils étaient […]
L’autonomie des établissements est-elle possible dans un système pris dans des contradictions profondes, immobilisé entre la crainte des effets négatifs et l’envie de jouer avec les marges ? À quelles conditions peut-on passer de la gestion au pilotage, tout en maintenant l’équité et l’unité du système ?
Un nouveau modèle de gouvernance partagée émerge depuis une dizaine d’années. L’auteur s’interroge sur la possibilité de son application dans l’organisation Éducation nationale.
Un extrait de l’hommage rendu à Yves Reuter par Richard Étienne de la part du CRAP-Cahiers pédagogiques, qui permet une plongée dans « le cœur du moteur » des Cahiers pédagogiques : le comité de rédaction.
Malgré la prise en compte du numérique dans les politiques éducatives, la compétence des élèves dans ce domaine suscite une controverse au Québec. Plusieurs chercheurs en appellent à étudier les relations entre le contexte socioculturel des élèves et leur disposition à s’éduquer avec le numérique.
Des champs d’autonomie différents suivant les États européens. La France, actuellement située dans la moyenne basse pour la prise de décisions au niveau local, et une nouvelle conception qui émerge dans certains pays : l’ambition pour la qualité des enseignements.
La mixité sociale : un problème quand elle est absente et que les établissements ne parviennent pas à utiliser leur autonomie pour compenser tous les handicaps sociaux, urbains ou ruraux, scolaires ! Un problème encore quand elle existe, mais que les établissements manquent de vigilance ou de détermination et que les choix d’établissement aboutissent à des exclusions de l’intérieur. Parions plutôt sur une promesse de réussite, si la préoccupation des politiques d’établissement est de faire vivre la mixité sociale grâce à une transformation globale des relations pédagogiques.
« Comme vous le savez, monsieur X ne reviendra pas avant plusieurs semaines. Le rectorat n’est pas en mesure de nous adresser un remplaçant. Je m’inquiète plus particulièrement pour les élèves de terminale. Vous serait-il possible d’assurer une partie des cours de votre collègue ? » Message du proviseur du lycée Dans notre lycée rural, les contractuels ne […]
Quel regard l’ancienne ministre de l’Éducation nationale porte-t-elle sur son action et son parcours ? Au sortir de ses fonctions, donc à l’heure des bilans, Najat Vallaud-Belkacem a accepté de répondre à nos questions. Une interview, qui tient aussi du portrait, de la première femme à détenir ce portefeuille ministériel, ce dont elle est particulièrement fière.
En Suisse, les enseignants ont, de fait, l’obligation de mettre en place un conseil de classe, équivalent du conseil coopératif dans le système scolaire français. Avec quelle interprétation des objectifs et pour quelle mise en œuvre ?
Depuis 1994, les ministères de l’Environnement et de l’Éducation colombiens ont décidé d’implanter dans le système scolaire le projet transversal d’éducation à l’environnement.
Une démarche psychanalytique pour sortir de l’enfermement du décrochage en mettant en avant la nécessité de la mise en parole des parcours des adolescents.
L’auteure témoigne de son action de raccrochage, qui s’appuie sur la parole des élèves. Elle nous présente trois comptes rendus d’entretiens.
FEVRIER 1986. La Cinq, première chaine de télévision privée française, commence à émettre. L’un des propriétaires est Silvio Berlusconi. Au nom de la liberté d’expression, la gauche française ouvre la voie à une télévision entièrement tournée vers le divertissement, la publicité et le profit. La vulgarité des programmes inquiète. Comme à la radio en 1981 (« N’ayez pas peur, Ce sera tout à fait comme à la radio, Ce ne sera rien, Juste pour faire du bruit », avait chanté de façon prémonitoire Brigitte Fontaine en 1969), l’espoir des télévisions locales et alternatives sombre, vendu à la loi du marché. « Qu’est devenu le projet culturel de la gauche ? », se demandent alors bien des électeurs de gauche pourtant plutôt séduits par les innovations de Jack Lang. Les élections législatives arrivent dans le mois qui vient, la désillusion annonce une nette victoire de la droite. Les Cahiers pédagogiques s’interrogent aussi et consacrent le dossier du mois à la question « 81-86 : qu’est-ce qui a changé dans l’école ? », sans savoir précisément quel sera le résultat du vote. Jacques George y signe un article où il reprend l’histoire des Cahiers pédagogiques et des classes nouvelles : « 45-81-86… L’Histoire bégaie-t-elle ? ». Aujourd’hui, il suffirait d’ajouter deux dates : 2012-2017. Même motif, même punition ? À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai aucune idée de la réponse : juste le constat de quelques concordances des questionnements et de la continuité des positions du CRAP-Cahiers pédagogiques telles qu’elles étaient exprimées dans l’éditorial du dossier. Le résultat de l’élection présidentielle de 2017, que mes lecteurs connaissent, oriente leur lecture dans un sens que j’ignore aujourd’hui, mais je sais qu’il leur fera penser, une fois encore : « Depuis le temps… » YANNICK MÉVEL
À l’été 2016, on pouvait s’attendre à ce que l’année électorale à venir soit chargée en caricatures, fausses bonnes idées et poncifs rétrogrades sur l’école, son fonctionnement, les méthodes pédagogiques, etc. Nous avons alors souhaité, au CRAP-Cahiers pédagogiques, déconstruire ces caricatures et ces promesses hasardeuses. La rubrique Antidote a été conçue pour notre site, comme un remède aux simplismes rances et aux mythes miteux. Nous avons volontairement écarté les questions de suppressions de postes dans l’Éducation nationale ou de service des enseignants, ainsi que les attaques contre les différents métiers de l’éducation, quoique nous en pensions par ailleurs.
Éducation & Devenir, la Fespi (Fédération des établissements scolaires publics innovants) et le Crap-Cahiers pédagogiques organisaient, du 10 au 12 mars 2017, un colloque national commun sur le thème : « Ce que l’école a réussi, ce qui l’interpelle encore aujourd’hui ». Nous vous proposons ici quelques échos d’une après-midi de ce colloque, qui nous a invités à nous engager avec lucidité dans des territoires d’utopie.
Il est utile de s’interroger sur les ambigüités de l’expression « classe inversée », c’est ce à quoi s’attache, dans une approche historique qui regarde de l’autre côté de l’Atlantique, l’auteure de cet article.
Voici notre deuxième volet sur la réforme de l’école tunisienne, traitant de la période contemporaine depuis le soulèvement de 2011.
Davantage appuyer les pratiques de classe sur les avancées de la recherche est un thème récurrent dans les débats sur l’éducation. Mais, en France comme ailleurs, le passage des recherches aux pratiques dans les classes est loin d’aller de soi. Comment la recherche se déplace-t-elle dans la pratique éducative ? Comment expliquer que les enseignants et […]
Une classe inversée, à l’université, en Inde. Qu’en pensent les étudiants ?
Deux tables rondes et cinq ateliers sur une journée, pour faire un bilan de la refondation de l’école engagée en 2012 et tracer des perspectives, ou peut-être des lignes jaunes au-delà desquelles le retour en arrière serait dangereux ou catastrophique.
Peut-on compter sur la vocation pour recruter les futurs enseignants exerçant en France ? Il semblerait que oui, selon le rapport du Cnesco (Conseil national de l’évaluation du système scolaire) rendu public le 7 novembre dernier. Peut-être vaudrait-il mieux compter aussi sur une solide formation, initiale puis continue.
Les représentants des pays d’Europe et d’Amérique du Nord se sont réunis fin octobre au siège de l’Unesco, à Paris, pour faire le point un an après l’adoption de l’Objectif de développement durable pour l’éducation des Nations Unies.
Connue comme chef de service de la Maison de Solenn, psychiatre d’enfants et d’adolescents, psychanalyste, Marie-Rose Moro est le chef de file actuelle de l’ethnopsychanalyse et de la psychiatrie transculturelle en France. Une interlocutrice autorisée, donc, pour aborder le rapport à l’école des enfants issus de l’immigration.
Disons-le tout net : oui, il faut prolonger l’instruction obligatoire à 18 ans. Parce que la complexité du monde exige de chacune et de chacun un haut niveau de formation. Parce que l’accès à l’abstraction est devenu indispensable pour faire face aux enjeux personnels et professionnels de la modernité. Parce que la pratique de la pensée […]
« Faut vraiment travailler avec elle ? Dans ma classe ? Mais qu’est-ce que je vais faire, moi, du maitre supplémentaire ? » Cette interrogation d’un professeur des écoles, qui devait intégrer à sa pratique professionnelle le dispositif « Plus de maitres que de classes », reflète celle de bien d’autres enseignants, entre crainte et envie. Qu’en ont-ils fait ?
Quelles pourraient être les finalités de notre école si nous décidions de faire des choix clairs ? Le récent rapport de France Stratégie Quelle finalité pour quelle école ? s’essaye à envisager les avantages et inconvénients des différentes options. Entretien avec Son-Thierry Ly, l’un des auteurs du rapport.
Les enquêtes PISA, outre une évaluation des acquis des élèves, abordent d’autres dimensions de leur scolarité, comme ici la qualité des relations entre élèves et enseignants. L’auteur propose une analyse de ces résultats propre à éclairer notre action de pédagogue.
Avec 250 élèves du niveau primaire à gymnasial (équivalent du collège), l’école de Jurilovca, au bord de la mer Noire en Roumanie, nous ouvre ses portes. Entretien avec Vasile-Marcel Stoenica, professeur de géographie, accompagné par la principale Sofica Belu.
Le Microlycée de Sénart (MLS) est un établissement expérimental qui accueille quatre-vingt-dix jeunes de 17 à 26 ans souhaitant reprendre leur scolarité en lycée après une période d’arrêt plus ou moins longue. Il est né en 2000 à partir du projet d’une équipe d’enseignants.
Laurent Wauquiez, nouveau président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, a-t-il décidé que sa région ne soutiendrait plus les dispositifs de prévention et remédiation du décrochage scolaire ?
La réforme du bac faisait partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Le programme indiquait : « Nous moderniserons le baccalauréat. Il y aura désormais quatre matières obligatoires à l’examen. Les autres seront validées par un contrôle continu. » Jean-Michel Blanquer a chargé l’ancien directeur de l’IEP (Institut d’études politiques)-Lille, Pierre Mathiot, d’une mission d’étude sur ce sujet. Il doit rendre un rapport en janvier 2018. Le ministre tranchera ensuite. Même si quelques-unes des pistes ont fuité, en l’absence du rapport complet on se gardera de commenter. On peut en revanche essayer de voir quels sont les enjeux d’une telle réforme. Il y a de bonnes et de mauvaises raisons de réformer le bac.