L’autonomie des établissements : mirage ou miracle ?
L’autonomie des établissements est-elle possible dans un système pris dans des contradictions profondes, immobilisé entre la crainte des effets négatifs et l’envie de jouer avec les marges ? À quelles conditions peut-on passer de la gestion au pilotage, tout en maintenant l’équité et l’unité du système ?La tradition scolaire républicaine n’a pas fait beaucoup de place à l’autonomie des établissements, même si les acteurs ont toujours eu la capacité et le talent de jouer avec les marges quand ils le souhaitaient. Longtemps, l’établissement a été un simple relai administratif entre le ministère et les enseignants tenus comme égaux et semblables à tous les membres de leur corps statutaire et disciplinaire. Le chef d’établissement était le garant du bon fonctionnement de ce système, mais n’ayant guère d’autorité sur ses collègues, le contrôle du centre ministériel et rectoral sur la périphérie était assuré par des circulaires et par un corps d’inspecteurs assurant une sorte de contrôle de conformité. Si on ajoute à cette organisation les programmes nationaux, les examens nationaux, le recrutement par concours, l’affectation des enseignants dans les établissements en fonction de règles bureaucratiqu…