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Evars : un travail d’équipe en collège
Comment mettre en place concrètement l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) dans un établissement ? L’expérience d’une équipe éducative impliquée, qui n’a pas attendu les textes récents pour le faire.Depuis plusieurs années, le personnel de notre collège (plus de vingt personnes) s’est formé progressivement à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), se renouvelant au gré des mutations et des départs à la retraite. Cela permet de planifier des séances en classe toujours en binôme.
Une formation massive d’initiative locale (inscription au plan académique de formation) a permis une sensibilisation et une montée en compétence du personnel, tous corps de métiers confondus (filière générale, Segpa, ULIS, professeure documentaliste, CPE, infirmière scolaire, assistante sociale). Sur nos temps méridiens et nos temps libres, nous avons construit et construisons, faisons le bilan, reprenons, ajustons nos séances.
Rapidement, il nous est apparu indispensable de nous atteler à la réalisation collective d’un « livret Evars » à l’intersection des sciences, de l’histoire, de la géographie et des lois, en France et dans le monde, sur les thèmes et sous-thèmes abordés lors des différentes séances. Il s’agissait de répondre au mieux à la demande institutionnelle mais aussi de répondre plus facilement aux questions de nos élèves.
Une enquête auprès de l’ensemble des élèves de l’année 2020-2021 a été menée par l’équipe formée à l’éducation à la sexualité. Les résultats nous ont permis d’ajuster le programme de formation des élèves et ils seront intégrés au nouveau projet d’établissement.
Nos élèves bénéficient de trois séances par niveau et par an, animées par le personnel formé et des associations locales, en accord avec le Code de l’éducation (article L.312-16), auxquelles s’ajoute une séance de prévention des violences sexuelles et physiques.

Chaque séance est menée en coanimation – c’est indispensable pour partager la charge de l’animation, mais aussi pour observer les réactions des élèves –, la plupart du temps dans une grande salle ou dans la salle modulable du collège. Elle est réalisée par classe, les élèves étant répartis en sous-groupes de cinq ou six élèves, obligatoirement mixtes, excepté pour deux séances : « la puberté » en 6e et « la parole aux ados » en 4e, qui sont en non mixité choisie pour un temps afin de libérer la parole, avant de se retrouver en classe complète.
Les séances démarrent toujours sur les règles indispensables pour libérer la parole : – le respect de l’anonymat. On ne parle pas de soi, on dit « je connais quelqu’un qui ». Après la séance, on peut parler de ce qui s’est dit, mais on ne dit pas qui a dit quoi, etc.) ;
- – l’écoute active et respectueuse ;
- – l’utilisation d’un vocabulaire adapté ;
- – pas de jugement ni de moquerie (ni entre pairs ni par les intervenants et intervenantes adultes, qui sont là pour guider la séance, rappeler les règles, mais aussi ce que dit la loi).
Les séances sont ensuite organisées en plusieurs temps ou ateliers, en groupes ou en classe entière. Il y a régulièrement une production des groupes. Les séances s’achèvent par la distribution à chaque élève d’une plaquette de sensibilisation et d’information, qui récapitule les éléments importants sur le sujet abordé.

Notre objectif est de rendre l’élève acteur ou actrice de sa formation-sensibilisation, de trouver une information juste, des lieux ressources pour pouvoir échanger avec sa famille ou ses proches après la séance.
Parallèlement, Kevin Espinas (professeur de SVT) et Aurélie Ferrero (professeure d’histoire-géographie-EMC) ont participé avec douze élèves volontaires (5e, 4e et 3e) entre février 2024 et novembre 2024 aux débats du Cofrade (Conseil français des associations pour les droits de l’enfant).
Cela a impliqué des séances de préparation au débat et de recherche d’informations au collège sur des temps méridiens, des échanges avec des jeunes de Saint-Étienne (Loire) pendant les vacances de printemps, une présentation au Sénat le 23 novembre 2024 (thème de cette année : « L’Evars : pour quoi ? comment ? »). Deux de nos élèves ont été désignés pour être rapporteurs de leur groupe.
Le CDI permet, de par sa politique d’ouverture et de prévention, un accès à de nombreux romans et documentaires sur les thèmes abordés en Evars.
Auparavant, nous informions les parents de chaque séance par un message dans le carnet. Désormais, nous leur présentons le programme pour le niveau concerné lors de la réunion plénière de l’année, pour tous les niveaux. Les parents sont informés des séances au cours de l’année via l’ENT (Pronote) et les modifications apparaissent directement sur l’emploi du temps de leur enfant.
En partenariat avec la Ligue de l’enseignement de la Loire, nous avons construit des séances à destination des parents. Ces interventions se font dans l’enceinte du collège ; ce sont des temps d’échanges et de débats.
De plus, afin de démystifier les séances d’Evars et de créer une opportunité d’échange entre parents et enfants et entre parents et enseignants, nous organisons lors des portes ouvertes du collège l’exposition de l’intégralité des supports pédagogiques utilisés avec les élèves lors des différentes séances, en expliquant aux parents comment nous les organisons.
Ces séances peuvent d’ailleurs être montrées et expliquées à n’importe quel moment de l’année aux parents qui sont réticents ou inquiets. Il est arrivé également qu’il faille rencontrer des familles. Nous le faisons chaque fois que cela est nécessaire, parfois en présence de la direction, qui soutient le programme et a même reconnu son utilité et sa qualité lors d’un conseil d’administration en juin 2023.
Parmi les sujets proposés les années précédentes pour des « cafés-débats » avec les parents : Comment se positionner vis-à-vis d’internet et des réseaux sociaux ? Comment réagir lorsque mon enfant a été exposé à un contenu inadapté ? Comment aborder la puberté et la contraception avec mes enfants ?
Avec, en fin d’année, une exposition familiale avec présentation des supports pédagogiques des séances d’Evars aux familles (comme pour les portes ouvertes) et un stand pour les associations partenaires.
Notre investissement a vocation à perdurer dans le temps, ainsi que la collaboration avec la Ligue de l’enseignement de la Loire et le Centre de planification. D’autres thématiques pour les séances à destination des parents seront sans doute à envisager.
En juin 2023, certains professeurs – Clément Baty (physique-chimie), Kevin Espinas (SVT), moi-même (histoire-géographie et EMC) – sont intervenus auprès de jeunes décrocheurs suivis par Justine Poncet, de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire du lycée Jean-Puy, pour une séance exceptionnelle.
Nous avons également proposé aux écoles de notre secteur de coconstruire des séances dans le cadre de la liaison CM2-6e, avec l’accord de l’IEN, et nous sommes en attente d’une mise en place de ce projet. Nous sommes en effet en réflexion pour créer un « territoire apprenant » dans le Roannais, afin que les intervenants et les élèves, de la primaire au collège puis au lycée, voire au CFA, puissent construire un véritable parcours santé et un parcours citoyenneté autour de cette question.
Il est à noter d’ailleurs que cette année, plusieurs élèves présentent pour leur oral du brevet un sujet directement lié à l’Evars dans le cadre du parcours Santé et du parcours Citoyen.
Pour en savoir plus
L’ensemble des séances et du livret Evars sont disponibles sur Tribu (faire une demande d’accès auprès de l’une des personnes citées dans le texte, à l’adresse académique prenom.nom@ac-lyon.fr)
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