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Histoire, présent et vigilance

Décembre 1999. À l'occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l'homme, Mme Mary Robinson, haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, rappelle : « La dernière Journée internationale des droits de l'homme du siècle a une signification particulière. Nous pouvons nous montrer encouragés par les grands pas que nous avons effectués, au cours des cinquante dernières années, dans la création de normes globales des droits de l'homme. Mais nous devons être honnêtes et reconnaitre à quel point cette performance reste éloignée de l'objectif des droits de l'homme pour tous. Qui peut être optimiste face à l'un des siècles les plus sanglants de l'humanité ou en sachant que malgré le serment que le génocide ne se reproduira jamais, il a défiguré le monde plus d'une fois au cours de la dernière décennie. » Les Cahiers pédagogiques ont choisi ce thème pour le dernier dossier du siècle : « Mémoire, Histoire et vigilance ».Dominique Natanson y apporte deux contributions. La première retrace l’histoire d’un enfant juif déporté de Soissons, Maurice Wajsfelner, dont le collège où l’auteur travaille porte le nom. La seconde nous fait entrer dans l’intimité de l’enseignant qui fait découvrir Nuit et Brouillard, le film d’Alain Resnais (1956) à ses élèves de 3e. Il donne alors à lire ses certitudes et ses doutes, ses choix et la façon dont ils sont reçus par ses élèves, avec toute la simplicité et l’honnêteté qui caractérisent ce militant de tous les antiracismes et de tous les droits humains. Dominique a fait l’objet récemment d’une absurde, arbitraire et brutale interdiction, sans aucune justification, d’intervenir dans deux lycées d’Aurillac à l’invitation du MRAP du Cantal. « Qui de nous veille de cet étrange observatoire ? »Yannick Mével
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Si tu vas à Mycènes

L'enseignant, s'il veut susciter l'intérêt, parfois modéré, de ses élèves pour les vieilles pierres, doit savoir user à la fois de science et d'artifice. Parce que faire de l'histoire, c'est tout à la fois rêver, imaginer, dévoiler, révéler.
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La métaphore du pli

Octobre 1991. « Everything I do - I do it for you. Don't tell me it's not worth tryin' for », chante Bryan Adams dans Robin des bois, prince des voleurs. N’aurait-ce pas été un bon slogan pour les tout jeunes IUFM (Institut universitaire…
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Les discours de la méthode

Il y a quelques mois, les Cahiers pédagogiques ont publié un dossier sur le thème de la classe inversée. Nous tentions d’y montrer la diversité des pratiques, leur relation avec de multiples courants pédagogiques, l’inventivité, le…
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Tyranno

Faire vivre aux futurs professeurs des écoles en formation un entrainement au questionnement à partir d’un album jeunesse : une façon de les préparer à conduire avec leurs futurs élèves ce même questionnement dans le cadre de l’EMC.
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Pédagogite ?

Mai 1972. « Qui saura ? », demande Mike Brandt sur toutes les radios, relayant, sans doute sans vraiment le savoir, les interrogations des intellectuels médiatiques du moment, effrayés par les transformations de l’école de leur temps. Les polémistes réactionnaires ont alors un cheval de bataille, que l’on a pris depuis l’habitude de nommer le « plan Rouchette ». Cette commission, réunie entre 1963 et 1966 sous la présidence de l’inspecteur général Maurice Rouchette, avait produit un « projet d’instructions pour la rénovation de l’enseignement du français » qui visait à permettre « à tous les élèves » d’accéder à la maitrise de la langue et de sa lecture. De reports en reports, d’expérimentations en rapports, de projets de programmes en projets de circulaires, le « plan Rouchette » fut finalement publié en janvier 1971 et une version édulcorée votée par une nouvelle commission en décembre 1970, suivie d'une version dite « d’apaisement » en 1972. Entretemps, la « guerre du français » avait fait rage. Les Cahiers pédagogiques y ont participé. Ainsi, tandis que le dossier du mois « Lire » propose des façons de faire aux enseignants, la rubrique « Question à suivre » publie le texte dont je vous propose des extraits. Il s’agit d’une réponse à deux articles de l’inénarrable Revue des deux mondes, dont le numéro de septembre 1971 avait fait grand bruit, notamment parce que deux des principaux agitateurs de l’opposition au changement (Raymond Picard, qui titrait son article « Pédagogite », et Frédéric Deloffre) s’y étaient déchainés, étalant leur ignorance de la question et étalant leur mépris social. Mais si, il s’agit bien d’un texte qui a 45 ans, le style en témoigne, le fond est, hélas, tellement d’actualité qu’on pourrait s’y tromper ! Qui saura ?Yannick Mével
Couverture du numéro 550, Former l’esprit critique
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Esprit critique, es-tu là ?

Septembre 2000. « On se fout pas mal de la morale, on sait bien qu'on fait pas de mal. » Tout le monde chante le tube de la comédie musicale Roméo et Juliette, Les Rois du monde, qui veut résonner comme une critique des puissants enfermés…
Couverture du n°551 des Cahiers pédagogiques, "Expliciter en classe".
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Fay ce que vouldras

Automne 1534. « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle. » Rabelais s’attaque aux savoirs figés de la Sorbonne et vante dans Gargantua une éducation dont, depuis le temps, tous ceux qui cherchent les voies d’une pédagogie de l’émancipation se réclament. Jamais cette rubrique n’était remontée aussi loin dans le temps. Le lecteur attentif, voire tatillon, pourrait objecter que Rabelais n’a jamais écrit dans les Cahiers pédagogiques. Je ne cherche pas à le nier. C’est Jacques Drouet qui, en mars 1974, en proposait un pastiche à l’occasion d’une mini rencontre qui eut lieu au siège de l’association en octobre 1973 sur le thème « Autonomie des jeunes dans l’acquisition du savoir ». Pour comprendre quelque chose au propos, il faut décrypter constamment l’implicite : celui des références à l’abbaye de Thélème, celui du contexte de l’automne 73, celui de la réflexion pédagogique de ces années post68. Exercice difficile, sans doute, pour le lecteur d’aujourd’hui. Fallait-il alors retraduire ce texte dans une langue d’aujourd’hui, fallait-il signaler chaque référence, chaque allusion par une note explicative, fallait-il donner au lecteur, avant qu’il entre dans ce texte, les clés de la transcription dans « la langue de Rabelais » (du moins telle que notre auteur l’avait adaptée), pour éviter que tous ces implicites l’empêchent d’accéder à la « substantifique moelle » de la pensée de Jacques Drouet ? Les tenants d’une certaine pédagogie explicite auraient sans doute procédé ainsi. D’autres auraient choisi de faire confiance au lecteur, de l’autoriser à découvrir par lui-même quelques clés de lecture (« rompre l’os »), et même de lui permettre de renoncer à « tout comprendre » pour le plaisir de « fleurer, sentir et estimer » ce texte « de haute graisse ». Ai-je suffisamment explicité mon choix ?YANNICK MÉVEL
Couverture du numéro 561, « L’éducation à la sexualité »
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Question sensible

« Like a lady in waiting to a virgin queen. Look at that stupid girl. She bitches ‘bout things that she’s never seen. Look at that stupid girl. » Alors que « Michèle », la gentille chanson d’amour de Paul Mac Cartney, est au hitparade en France, les Stones enregistrent « Stupid girl ». Ce rapprochement dit autant la rivalité entre les garçons dans le vent et les bad boys du rock’n roll que l’ambigüité des rapports entre garçons et filles dans ces années 60 marquées par une libération sexuelle qui ne signifie pas égalité des sexes. Le dossier des Cahiers pédagogiques numéro 59, « L’éducation sexuelle », hésite lui aussi entre exaltation de la liberté (défense de la contraception) et défense du mariage comme institution permettant d’assouvir une sexualité contrôlée. Certains passages qui dénoncent l’homosexualité comme une « pathologie » disent le chemin que notre société a parcouru depuis ! L’introduction du dossier, signée François Goblot, résonne comme l’affirmation d’une ligne éditoriale à laquelle la revue adhère toujours : « La question de l’éducation sexuelle est très controversée, c’est pourquoi il importe de lui consacrer non un manifeste, mais un véritable cahier pédagogique, c’est-à-dire, selon une formule qui s’est peu à peu précisée depuis vingt ans dans cette revue, un dossier d’études théoriques, de réalisations pratiques, d’idées, de témoignages. Ces éléments sont hétérogènes et parfois contradictoires, et cependant il s’en dégage une leçon que chacun formule à sa guise, mais qui fait progresser l’étude des problèmes. Ce qui prouve que la liberté d’esprit est la condition de la recherche de la vérité. » Voici un extrait d’un très long article intitulé « Essai de définition » dont l’auteur présente différentes conceptions de l’éducation sexuelle. J’y ai retenu le passage qui discute la thèse de l’anarchosyndicaliste Daniel Guérin, défenseur d’une éducation sexuelle émancipatrice.
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Science ou pédagogie, faut-il choisir ?

Mai 1995. « Mangez des pommes », a répété chaque jour à la télévision la marionnette de Jacques Chirac dans une parodie de slogan qui a contribué, dit-on, à rendre le candidat à l’élection présidentielle sympathique. Dans la…
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Pas si simple

Un problème = une cause = une solution ? Ce n’est pas si simple. Pour délimiter et accroitre le champ des possibles, la diversité des approches et le dialogue entre professionnels sont nécessaires.
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(Dès)illusions perdues

Mai 1981Ouvrir un numéro des Cahiers pédagogiques dont la date résonne si fortement impose une évidence étrange : au moment où ce numéro a été bouclé et envoyé à l’imprimerie sous l’autorité débonnaire du directeur de publication d’alors, Jacques Carbonnel, l’évènement ne s’était pas produit. Certes il était attendu, espéré sans doute, et anticipé plusieurs mois à l’avance pour qu’au moment de l’alternance, paraisse un dossier intitulé « Bilan idéologique » avec, sur le dessin de couverture, pour sous-titre « nos (dés)illusions perdues » qui laissait ouvert le commentaire des lecteurs à venir. Le dossier ouvre le débat sur le rapport des Cahiers à la gauche. Un dessin, non signé, fait dire à un professeur : « Finalement, ce qui fait qu’on est de gauche, c’est une profonde conviction personnelle de ne pas être de droite. » L’ensemble est coordonné par Yves Louis, qui affirme, dans l’avant-propos : « Nous ne renonçons pas, aux Cahiers, à avancer des idées, à les soumettre au crible de la critique et de la pratique, à les définir et redéfinir, dans un effort incessant et collectif, même et surtout si nous avons appris à fuir les théories globalisantes et réductrices. » Tous les membres du comité de rédaction apportent leur contribution à ce dossier particulier, et notamment Jacques Carbonnel, qui livre là l’un des plus beaux textes qu’il ait donnés aux Cahiers, dont il fut, pendant dix ans, de 1978 à 1988, le directeur de publication et membre du comité de rédaction jusqu’en décembre 2001. Ce texte reflète ses idées et sa voix forte, son accent et sa préoccupation, en tant que professeur d’EPS, de la place des corps autant que des esprits, sa sensibilité profonde et joviale. Il est, comme il se doit dans cette rubrique, entièrement ancré dans le passé et totalement d’actualité. Jacques nous a quittés le mois dernier.Yannick Mével