
Bientôt sept ans, l’âge des questions ?
Septembre 1990. C’est la rentrée en 6e. Rentrée pour une septième année de rénovation des collèges et la première sous le signe de la loi d’orientation sur l’éducation (loi Jospin). Bientôt sept ans entre deux réformes,…

Du climat des géographes au climat scolaire
Depuis le XIVe siècle, la notion de climat a alimenté diverses théories, amenant parfois à justifier l'injustifiable. En avoir connaissance protège de certains égarements.« Les philosophes de l'Antiquité ont partagé…

The times they are a-changin’
Février 1964. Les Beatles à l’Olympia... et Dylan « The times, they are a-changin' ». Vraiment ? Marc Flandrin, dans son habituel billet du mois du n°46 des Cahiers pédagogiques, ne voyait rien venir : « Éveillez le sens des…

Jeux de miroirs
MAI 1994, Bruce Springsteen nous enchante avec une ballade : « Saw my reflection in a window and didn't know my own face. Oh brother are you gonna leave me wastin' away. On the streets of Philadelphia. » Le rock est indémodable. Le numéro 374 des Cahiers pédagogiques ouvre sur un surprenant billet du mois qui évoque une autre musique. Bernard Defrance y narre sa découverte de la techno lors d’une rave party où l’ont entrainé ses élèves. On y apprend notamment que les initiales DJ signifient disque-jockey et se prononcent « didji ». Le temps passe. C’est un peu moins vrai pour l’article que j’ai sélectionné pour vous dans le dossier du mois dont le thème, « une personne, l’élève », aurait pu être celui du dossier que vous avez entre les mains. D’ailleurs, cela a fait discussion en comité de rédaction avant que le choix soit fait d’insister sur les émotions. Dans ce dossier de 1994, Michel Tozzi revient sur les discussions qui ont animé le comité de rédaction de l’époque à propos de l’opportunité de ce thème. Les arguments qu’il y développe nous font entrer dans la boite noire de la programmation des Cahiers et rendent inutile le fait de rendre compte des débats qui ont entouré le lancement du dossier de 2019 tant on les y a retrouvés, à quelques nuances de vocabulaire prêt. Aujourd’hui comme il y a un quart de siècle, il faut rappeler l’importance des références multiples, et le danger des modes qui prétendent faire table rase du passé. Lorsqu’au nom de la science et à partir d’une critique de dérives des approches adossées à la psychanalyse, d’aucuns tentent d’imposer un nouveau technicisme simpliste, le progressisme consiste à examiner les acquis du passé sans concession et sans l’arrogance des néophytes

L’instant « sauvageons »
Le tube du mois est signé Ricky Martin, « And when you feel that heat, the world is at your feet - No one can hold you down if you really want it ». Certes, il s’agit juste d’accompagner la Coupe du monde de football et pas d’énoncer un quelconque principe de vie, mais cela résonne tout de même dans le climat français du moment où le débat médiatique et politique s’est emparé du thème des « sauvageons », ces enfants sans loi, selon la formule du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Trente ans après, il n’est plus question d’interdire d’interdire ! Chevènement veut incarner le retour de l’autorité et de la loi. Il écrit à Lionel Jospin, Premier ministre, pour proposer une « refondation » de l’ordonnance de 1945 relative à la délinquance des mineurs. Il propose notamment de mettre fin à la double compétence du juge des enfants (protection de l’enfance en danger et répression des délits), au principe de « l’irresponsabilité pénale » des mineurs et de mettre sous tutelle les allocations familiales. Ces options ne seront pas retenues, du moins dans l’immédiat. Il n’empêche que c’est le sujet du moment et une fois encore, la programmation des Cahiers pédagogiques l’a anticipé ! Le dossier du mois, intitulé « Le droit à l’école », interroge la question de l’autorité sous l’angle du rapport au droit. La plupart des contributions défendent l’idée que l’école doit davantage fonder l’autorité des enseignants sur le droit pour limiter l’arbitraire et construire un rapport à la règle et à la loi sur des principes démocratiques. Le dossier envisage aussi les dérives de la judiciarisation de l’école, de l’abandon de la responsabilité et de l’examen des relations d’éducation que cela pourrait entrainer. Tel est l’objet du texte de Wiliam Vernet que nous reproduisons ici.

L’école métisse
MAI 1985. Toute la France fredonne « Descendez, ça c'est défendu. Mater chez les gens ! Elle crie mais bien entendu. Y a jamais d'agent. Elle crie, c'est du temps perdu. Personne ne l'entend. » Certes, la métisse d’Ibiza de Julien Clerc est nue, mais elle ne souhaite pas partager son intimité. L’interculturalité a des limites ! Le moment est à l’antiracisme dans la chanson populaire française, un groupe martiniquais, la Compagnie créole, fait danser au bal masqué, Renaud lance, à la fin du mois de mai, les Chanteurs sans frontières.

Les représentations en géographie
Mise au point

Géographie vivante
OCTOBRE 1978. Le tube du mois, « Baker Street », est chanté par Gerry Rafferty, il dit le stress de la très grande ville (Londres en l’occurrence) et le rêve d’un retour « chez soi » (à Glasgow en l’occurrence) : « He’s…

Au premier éléphant, c’est l’Afrique !
De la maternelle à l’université, quelques suggestions d’albums pour envisager le rapport des hommes et des sociétés à l’espace géographique.

Prolétaires, vraiment ?
NOVEMBRE 1973.
S’engouffrer au vestiaire, cavaler pour pointer. Enlever sa casquette devant le chef. Faire tourner la machine, baigner toute la journée dans l’huile polluée, quelle santé ! Surtout ne pas parler et ne pas trop rêver,…

La fin des Cahiers ?
Pour Alice Cooper, dans un rock aux accents saturés dont nous savourons aujourd’hui la ringardise, l’école est finie : « School’s out for summer, School’s out forever, School’s been blown to pieces, No more pencils, No more books,…

Le lundi au soleil
Mai 1973« C’est une chose qu’on n’aura jamais, Chaque fois c’est pareil, C’est quand on est derrière les carreaux, Quand on travaille que le ciel est beau, Qu’il doit faire beau sur les routes, Le lundi au soleil. »Le tube de ce printemps-là résonne à nos oreilles comme celui du « monde d’avant ». D’avant la « dernière catastrophe » (pour reprendre la belle formule d’Henry Rousso) : à l’automne ce sera le choc pétrolier, les fermetures d’usines, le chômage de masse. Dans ce monde d’avant-là, il était question de trouver le bon équilibre entre sérieux et frivolité, entre travail et loisirs, et à l’école, entre transmission et créativité. Autant de préoccupations qui sous-tendent le texte dont nous publions de larges extraits ci-contre.Le dossier du mois « Ouvrir l’école » militait ouvertement, comme son titre l’indique, pour la destruction des cloisons. On pouvait y lire, par exemple, ces propos d’une enseignante de lycée à Périgueux, Germaine Cosse : « L’école est un monde clos, car elle repose sur une notion de l’enfance tout à fait artificielle, sorte de mythe qui n’a rien à voir avec les besoins réels des enfants. »Alors, le dernier article du dossier cherchait à interroger les évidences de l’ouverture. Les mots ne sont pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui, mais on retrouvera facilement bien des préoccupations qui recoupent celles de la « coéducation » : rapport entre la société et l’école, entre la marche du monde et les apprentissages, entre les parents et l’école, etc. Peut-être d’ailleurs qu’à la lecture de cet ancien dossier, la coéducation pourrait apparaitre comme un palliatif raisonnable (ou comme le symptôme d’un certain renoncement ?) à la belle utopie (ou à l’oxymore ?) de l’école ouverte.
Yannick Mével

