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Le jardinage, un pilier de la classe dehors
Le jardinage à l’école ne se limite pas aux sciences de la vie et de la Terre. Support pédagogique transversal, il permet d’enseigner toutes les matières de façon concrète et vivante. Dans la cour ou au potager, les élèves manipulent, coopèrent, observent et expérimentent. En classe, ils rédigent, calculent, réfléchissent et enrichissent leur vocabulaire technique. Une porte d’entrée accessible pour apprendre autrement et oser progressivement la classe dehors.Le jardinage a toute sa place dans l’école. Au-delà du bienêtre physique et psychologique qu’il procure, c’est un support incroyable pour enseigner toutes les matières de façon concrète en école élémentaire.
Parce que non, le jardinage n’est pas seulement un support pour les apprentissages scientifiques, au premier rang desquelles les SVT (sciences de la vie et de la Terre), et oui, on peut travailler toutes les matières au potager !
Quelques exemples de ce que l’on peut faire avec les élèves.
En français : faire des sachets de tisanes et écrire dessus ce que l’on a mis dedans et comment préparer la tisane. Mais aussi rédiger des textes descriptifs du potager ou écrire des notices de fabrication (pour apprendre à semer, créer des tasses-mangeoires pour les oiseaux, etc.).
En mathématiques : dessiner des plans, calculer le périmètre pour les palplanches (bordures en béton), mesurer l’aire des parcelles ou gérer le budget de la vente de plants.
En sciences : étudier la reproduction des végétaux, observer les insectes, comprendre les saisons et l’équilibre de l’écosystème (faune et flore).
En arts visuels : dessiner le potager dans son ensemble, puis zoomer sur une parcelle ou le détail d’une plante.
En EMC (enseignement moral et civique) : réfléchir aux conséquences des actions de l’être humain sur cet écosystème, en travaillant sur celui du potager et en cherchant ensemble des solutions qui permettraient de faire revenir la faune dans la cour. Parmi les solutions à mettre en œuvre avec eux : planter des fleurs, disposer des mangeoires, des tas de branchages, créer une ouverture pour les hérissons, pailler, mettre un point d’eau…
En histoire : lire des fiches de culture pour créer le calendrier de l’année, découvrir des récits historiques sur les plantes pour apprendre des anecdotes en histoire et enrichir son vocabulaire technique. Ou encore, faire vivre un travail à la chaine et parler de celui-ci.
De plus, le potager est un terrain d’exercice complet pour le corps et les sens. On peut par exemple développer la motricité fine en manipulant les graines, en plantant, en désherbant ou en fabriquant de petits objets. Tout cela développe la précision du geste.
Le jardinage favorise également l’éveil des cinq sens : c’est une expérience totale où l’on sent le parfum des fleurs, on observe la nature en détails, on touche la terre et les éléments naturels, on écoute les animaux (oiseaux, insectes) et on goute enfin les récoltes.
Le potager est également un excellent support pour développer l’autonomie et la coopération entre élèves. Par exemple, avec un « plan de travail collaboratif », sous la forme d’une liste de choses à réaliser pendant le temps de jardinage, dans le potager, de manière collective. Les enfants se répartissent les tâches et coopèrent en s’aidant ou en prenant le relai sur une tâche quand celle-ci n’est pas terminée. L’objectif étant que tout soit fait à la fin.
Les élèves s’organisent seuls et apprennent à s’entraider. On peut aussi mener des projets inter-âges, où les plus grands préparent de courtes explications pour les plus petits, ce qui les force à s’adapter et à travailler l’oral.
Enfin, le jardinage dans la cour est la première étape idéale pour les enseignants qui hésitent à sortir.
D’abord parce que c’est un cadre fermé et sécurisant. Pour ma part, j’ai commencé ainsi, avant de sortir progressivement sur des créneaux de plus en plus longs. Ensuite, cela permet de faire des ponts directs entre le jardin « domestiqué » et la nature sauvage observée à l’extérieur de l’école.
Et on peut créer un jardin avec peu de moyens ! En recourant notamment à la récupération et aux dons : quelques pots ou godets suffisent, et on peut solliciter les parents pour des graines, des plants ou du matériel (terreau, paille, bois).

Bouturage de framboisiers
L’association des parents peut aider (par exemple, pour la fabrication de carrés en palettes) et il ne faut pas oublier de solliciter la mairie pour de l’aide humaine ou matérielle, voire financière.
Le jardinage à l’école rend les apprentissages vivants et concrets. C’est une véritable aventure humaine et un magnifique moment de partage !
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