Éduquer, c’est politique

La 3ème Biennale internationale de l’éducation nouvelle s’achève avec la conférence de clôture par Philippe Meirieu et Laurence De Cock. Participants l’une et l’autre comme témoins, ils ont tissé des liens entre le propos introductif de Bernard Charlot et leurs picorages dans les échanges. De la cinquantaine d’ateliers et des vingt débats de ces quatre journées, ils ont dégagé quelques enjeux majeurs pour la poursuite de la convergence des mouvements de l’éducation nouvelle.

Dispositif pédagogigue

Grâce à la mise en place d’un dispositif pédagogique, un enseignant peut proposer un parcours, une feuille de route à une personne qui souhaite apprendre. En le préparant à l’avance, il essaie de prévoir quels peuvent être les différents cheminements des apprenants. L’enseignant peut alors être envisagé comme un ingénieur de propositions pédagogiques permettant des apprentissages. L’élève s’en emparera ensuite plus ou moins selon la situation, au moment où elle se présente, car elle pourra alors dépendre de plusieurs autres facteurs (acoustique, heure de la journée, nature du groupe, …).

Education

«Qu’est-ce que l’éducation ? ». La question est difficile. C’est sans doute pour cette raison que l’on se plait à répondre à une question voisine : « que vise l’éducation ? ». Deux réponses sont généralement avancées. La première affirme que la tâche éducative a vocation à faire advenir une personne, une personnalité. Nous pouvons qualifier une telle conception d’anthropocentrique dans la mesure où elle met l’accent sur la formation d’un sujet libre et autonome. Elle est défendue par nombre de philosophes. Emmanuel Mounier fait assurément partie de ceux qui l’ont formulée avec le plus de force.

Elève

Le mot « élève » est le terme utilisé dans le système éducatif pour désigner tout enfant scolarisé de la maternelle au lycée. « Métier de l’élève », « devoirs de l’élève », « parcours de l’élève », « profil d’élève », « statut de l’élève », sont des expressions fréquentes au sein d’un établissement scolaire. Le Trésor de la Langue Française en propose la définition suivante : « Enfant ou jeune qui reçoit l’enseignement d’un établissement scolaire ou d’une école spécialisée ». Ainsi défini, l’enfant est considéré comme un individu qui « reçoit », un acteur passif, réceptacle d’un enseignement dispensé par des professeurs. C’est ce qu’il a été pendant bien des générations durant lesquelles l’Ecole avait des missions bien différentes de celles d’aujourd’hui. Cependant que vaut cette définition dans une Ecole qui veut de nos jours former les citoyens de demain en développant l’esprit critique, en valorisant les compétences et en suscitant l’autonomie et la responsabilité ?

Esprit critique

« On nous apprend que derrière les informations, il se cache toujours quelque chose derrière… et quand on essaie de le savoir, à notre manière, on nous critique ! » Léo, 16 ans L’esprit critique consisterait, selon le site www.toupie.org, à « examiner (les ouvrages d’art ou d’esprit) par la critique pour en faire ressortir les qualités et les défauts » ou ce serait, selon le dictionnaire Larousse, une « attitude intellectuelle qui consiste à n’accepter pour vraie ou réelle aucune affirmation ou information sans l’examiner attentivement au moyen de la raison ». C’est ce que nous apprennent les dictionnaires. Mais, quand on a dit cela, on a tout dit… et on n’a rien dit !

Equipe d’adultes

La notion d’équipe est, en général, associée au sport. Pour autant, ce mot recouvre une réalité différente dans un contexte éducatif : alors que dans le sport, l’équipe vise à combattre et vaincre un adversaire (une autre équipe), elle est beaucoup plus altruiste dans le monde de l’éducation, dès lors qu’elle se forme (en principe) avec l’objectif d’une meilleure réussite des élèves.

Enseignement

L’enseignement (du latin insignis, remarquable, marqué d’un signe, distingué) est une pratique au service d’un droit humain. Celui d’être éduqué. Elle est chargée de transmettre des codes de la société (langage, culture, histoire) et les capacités humaines les mettant en œuvre. Ces codes, devenant objets à transmettre sont choisis par un public qui les possède pour un public qui doit ou veut les acquérir. L’instruction étant devenue obligatoire et la formation indispensable, l’enseignement se professionnalise.

Engagement

L’engagement : ce mot autrefois dans l’air du temps (l’engagement des intellectuels, de l’affaire Dreyfus à la guerre d’Algérie) a-t-il encore du sens ? En quoi consiste l’engagement pédagogique ? Sur quoi repose-t-il ? À quels obstacles se heurte-t-il ? Comment peut-il être durable ? L’engagement professionnel appelle différentes définitions, qui peuvent se superposer : la première privilégie les professionnels réflexifs, ceux qui ajoutent à la pratique du métier un « regard sur » : ce moment de métacognition permet à l’enseignant de « se regarder pédaler », lui offrant du coup la possibilité de s’améliorer ; la seconde se centre sur l’enseignant engagé qui, lui, se verra également comme le praticien porteur de pratiques et d’attitudes : capacité d’empathie (aux élèves, aux familles, aux collègues), de curiosité et d’innovation (l’enseignant engagé est celui aux multiples projets).

Etayage, étayage

Parler d’étayage en éducation renvoie aux métaphores de maçonnerie dans lesquelles l’étai est un élément qui va permettre à l’ouvrage de tenir momentanément jusqu’à ce qu’il soit suffisamment consolidé. Etayer c’est donc créer les conditions pour la personne puisse apprendre de manière autonome dans un environnement lui permettant d’aller plus loin que ce qu’il sait déjà faire seul.

Etablissement, école

L’établissement scolaire est une création assez récente dans le système éducatif public. Lointains héritiers des collèges de jésuites, les lycées créés par Napoléon en 1802 (45 cette année-là) sont conçus pour une élite bourgeoise. Payants jusqu’en 1932, ils se distinguent de l’école de la république confiée aux communes (la « communale ») car ils abritent des « petites classes », comme le font encore les lycées français à l’étranger. Cet élitisme, qui facilite la « reproduction », disparait en deux étapes : le « collège unique » mis en place par René Haby en 1975 officialise la massification de l’enseignement secondaire puis les réformes du lycée, ainsi que l’alignement du lycée professionnel sur son aîné, marquent la fin du XXe siècle, même si les filières et les classes préparatoires aux grandes écoles perpétuent la ségrégation dans l’établissement secondaire. Ingouvernable depuis le sommet de l’État, il devient un Établissement Public Local d’Enseignement (EPLE), doté d’une (relative) autonomie et d’un conseil d’administration en 1983 dans le cadre des premières lois de décentralisation. À la tête de son exécutif se trouve un chef d’établissement, principal ou proviseur, appartenant au corps du personnel de direction.

Evaluation

L’établissement scolaire est une création assez récente dans le système éducatif public. Lointains héritiers des collèges de jésuites, les lycées créés par Napoléon en 1802 (45 cette année-là) sont conçus pour une élite bourgeoise. Payants jusqu’en 1932, ils se distinguent de l’école de la république confiée aux communes (la « communale ») car ils abritent des « petites classes », comme le font encore les lycées français à l’étranger. Cet élitisme, qui facilite la « reproduction », disparait en deux étapes : le « collège unique » mis en place par René Haby en 1975 officialise la massification de l’enseignement secondaire puis les réformes du lycée, ainsi que l’alignement du lycée professionnel sur son aîné, marquent la fin du XXe siècle, même si les filières et les classes préparatoires aux grandes écoles perpétuent la ségrégation dans l’établissement secondaire. Ingouvernable depuis le sommet de l’État, il devient un Établissement Public Local d’Enseignement (EPLE), doté d’une (relative) autonomie et d’un conseil d’administration en 1983 dans le cadre des premières lois de décentralisation. À la tête de son exécutif se trouve un chef d’établissement, principal ou proviseur, appartenant au corps du personnel de direction.

Formation

Le verbe « former » peut être porteur de significations assez différentes. Selon celle qui est privilégiée, les actions de « formation » prendront des formes et auront des effets qui peuvent aller jusqu’à s’opposer. En forçant le trait on peut dire que former peut viser à « donner une forme » à faire rentrer dans un modèle pré-établi, à l’extrême à « formater » ; mais former peut aussi consister à créer les conditions permettant à chaque « formé » de s’accomplir en trouvant « sa » forme et aboutir à sa construction professionnelle et personnelle.

Hétérogénéité

L’hétérogénéité est la propriété de ce qui est hétérogène. Pour l’adjectif « hétérogène », le Trésor de la langue française (en ligne) propose cette définition : « qui est (composé d’éléments) de nature différente. Anton. homogène ». Cette définition, nous dit le TLF, couvre deux grands types d’emplois, selon que le caractère d’hétérogénéité s’applique à un ensemble ou un tout (A) ; ou bien aux composants d’un ensemble ou d’un tout (B).