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La maternelle mérite mieux que ça!

Rien ne peut nous convenir dans la note d’analyse et de propositions du Conseil supérieur des programmes sur la maternelle!

Il s’agit de changer les programmes seulement cinq ans après la promulgation des précédents, en expliquant au passage aux enseignants que désormais, ils vont véritablement enseigner, tandis que jusqu’ici ils n’apprenaient rien de sérieux aux élèves.

Le CSP s’appuie exclusivement sur les recherches qui lui conviennent et vont dans son sens, sans tenir compte de la complexité du sujet ni des résultats divergents. Il ne tient pas compte de ce que sont réellement des enfants de maternelle pour imposer une vision finalement très idéologique et des « protocoles » d’apprentissage inadaptés. Il crée une hiérarchisation des contenus enseignés, pour en mettre certains au service d’autres (en l’occurrence les mathématiques et le français). Des aspects essentiels, comme les apprentissages liés au corps, aux activités artistiques et à la vie en collectivité, comme la coopération et l’entraide, sont jetés aux orties.

En outre, le CSP ne tient pas compte et ne cherche peut-être même pas à prendre l’avis des enseignants, qui n’a certes pas valeur d’évangile mais vaut tout de même quelque chose!

Enfin, bien sûr, il entend tout piloter en fonction d’évaluations institutionnalisées, dès la Petite section, et par la négative, en mesurant ce qui n’est pas acquis par rapport à une norme, en vue du CP où les évaluations en septembre, déjà, portent sur ce qui doit être acquis au cours de l’année voire plus tard encore.

Alors certes, il y a quelques passages intéressants (sur le jeu et le langage, par exemple, ou sur les effectifs des classes), quelques mots qui subsistent (sur l’école «bienveillante» et «accueillante»), mais c’est tout de même un projet bien inquiétant, et peu apte à redonner confiance aux enseignants!

Le CRAP-Cahiers pédagogiques
16 décembre 2020


Nous avons publié plusieurs articles analysant la note du CSP:
La start-up nation commence désormais en maternelle, par Maëliss Rousseau

Une note discordante, par Yannick Mével

La maternelle, «enfin» une école ? par Rachel Harent