Lundi 16 mars avait lieu le premier conseil de classe en visioconférence de ma carrière.

En cette période de confinement, nous avions décidé le matin-même trois axes de travail principaux. Nous ? L’ensemble de l’équipe du collège. Nous étions quarante-deux connectés en moyenne ! Quarante-deux pour réfléchir ensemble de la suite à donner à cette mesure inédite.

L’un de ces axes fut de continuer le suivi des élèves et en particulier de maintenir les conseils de classe. En accord avec les associations de parents d’élèves, les rendez-vous virtuels furent fixés. L’après-midi même, des professeurs, les parents d’élèves et le principal-adjoint étaient connectés.

  • Première observation : nous étions peu d’enseignants. J’appris par la suite que certains collègues désireux de participer au conseil de classe n’avaient pas reçu l’information. Dans cette période d’isolement physique, la communication numérique semblait donc moins aisée que dans notre « bonne vieille » salle des profs.
  • Seconde observation : les règles de fonctionnement étaient légèrement modifiées. Le principal adjoint commença par expliquer les règles associées à l’utilisation de notre image. Il précisa le mode de fonctionnement des outils et le cadre utilisé, afin que cette visioconférence se déroule parfaitement : couper les micros lorsque l’on ne parle pas, couper la caméra si le débit est trop faible afin de privilégier le son, ne pas hésiter à couper puis à revenir en cas de difficultés techniques. Il expliqua qu’il allait partager son écran afin que chacun puisse voir et échanger sur le cas de chaque enfant. Alors que c’était notre premier conseil de classe à distance, quelle adaptabilité et quelle implication de tous, personnel de direction, enseignants et parents !
  • Troisième observation : dans cette situation exceptionnelle, il nous semblait important de réfléchir sur la situation de chaque enfant. Dans un silence collégial aidé par la coupure des micro, mené par une professeure principale gérant la prise de parole d’une main de maître, notre conseil se tenait, comme une parenthèse optimiste à cette situation de confinement. Que faire pour cet enfant ? Quelles sont ses difficultés ? Comment l’aider à progresser pendant cette période de confinement ? Mais après aussi, quand nous nous retrouverons tous, comment l’aider à poursuivre ?

Nous poursuivons avec rigueur et professionnalisme pour envisager l’avenir de tous.

Virginie Shipley
Professeure de SVT au collège Chevreul de L’Haÿ-les-Roses (94)


Photographie : Wikipedia.