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Municipales 2026 : le plaidoyer des villes éducatrices
À l’occasion de son assemblée générale du 24 septembre 2025, le Réseau français des villes éducatrices (RFVE) a présenté son plaidoyer et ses engagements prioritaires en vue des élections municipales de mars 2026. Inclusion, aménagement urbain pensé pour les enfants, service public : les 110 collectivités membres du réseau appellent à faire de l’éducation un projet de société soutenu par une démocratie participative locale et une volonté politique partagée à tous les niveaux.« Tout enfant est éducable, il faut s’en donner les moyens et en faire un projet de société. » Le Réseau français des villes éducatrices (RFVE) présentait, le 24 septembre 2025, son texte d’orientation et son plaidoyer en vue des élections municipales de 2026. Les 110 villes et collectivités territoriales adhérentes revendiquent être « un maillon important » dans la transmission et l’éducation, pour « répondre aux défis de notre démocratie dans une urgence permanente ».
En ouverture de la conférence de presse, Émilie Kuchel, présidente du RFVE et adjointe à l’éducation de la ville de Brest (Finistère), a rappelé que l’objectif du réseau est de susciter une implication politique des élus en faveur de l’éducation et d’une « école publique robuste, entourée de partenaires ». Mais les collectivités adhérentes qui se reconnaissent dans les principes et valeurs du réseau admettent que « leur mise en application dépend des réalités contrastées des territoires » : « ville éducatrice » n’est pas un label comme « ville fleurie ».
Pour cela, il faut un soutien collectif, des ministères concernés aux collectivités locales, lesquelles, rappelle Émilie Kuchel, fournissent « un effort financier comparable à celui de l’État ». Car « la réussite ne se réduit pas à la responsabilité individuelle. Il ne suffit pas de traverser la route pour lutter contre les déterminismes sociaux : il faut six générations pour qu’une famille pauvre accède à la classe moyenne, selon l’OCDE. La différence n’est pas une fatalité, mais l’inclusion est une affaire de volonté politique. »
Richard Merra, conseiller municipal délégué au maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l’assure : « C’est par l’école que les populations les plus défavorisées espèrent que leurs enfants réussiront. Mais l’école est dans une contradiction insoluble, entre la promesse d’éducation républicaine et la sélection d’élites. Les villes sont le lieu des alliances éducatives pour réaliser la cohésion sociale. »
Au-delà de l’école, Benjamin Vételé, adjoint à Blois (Loir-et-Cher), a insisté sur le droit aux loisirs : « L’école ne représente chaque semaine que vingt-quatre heures dans la vie d’un enfant. Il y a aussi de fortes inégalités dans l’accès au sport, à la culture, etc. Nous voulons favoriser des dispositifs permettant l’accès de tous. »
Le plaidoyer du RFVE comporte trois axes :
- « Une ville adaptée aux enfants », ce qui passe par un aménagement urbain pensé pour être accessible aux enfants, permettant de se déplacer à pied ou à vélo, d’accéder à la nature, avec des « espaces de jeux et d’aventures ». Cela implique également la participation des enfants et des familles aux décisions, grâce à la démocratie participative. Et cela inclut le souci de la transition écologique (à travers la politique alimentaire, l’adaptation des bâtiments éducatifs, et la promotion de l’éducation à la nature et dans la nature).
- « Une ville qui pilote la politique éducative », en rassemblant les acteurs éducatifs du territoire autour d’objectifs communs, dans un projet éducatif local ou global. Cela suppose de considérer toutes les activités autour du temps scolaire, avec les associations d’éducation populaire, et également d’associer les parents.
- « Une ville qui n’oublie aucun enfant », et pour cela favorise la mixité sociale et l’inclusion dans tous les espaces éducatifs et de loisirs. Les villes éducatrices luttent également contre les déterminismes sociaux et veulent permettre à tous les jeunes de s’émanciper, « quel que soit leur milieu d’origine, leur genre, leur religion ».
Le texte d’orientation présente les grands principes d’une ville éducatrice, dont la priorité au service public : les villes membres du RFVE affirment donner « la priorité absolue à l’école publique gratuite, laïque et républicaine sur tous les territoires ».
Elles estiment que « les établissements scolaires privés sous contrat et hors contrat doivent être mieux contrôlés, à la fois dans le domaine financier et administratif, mais également dans le domaine pédagogique », avec une alerte particulière sur la mise en œuvre des programmes de l’Evars (éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité) dans ces établissements. Sonia Tron, adjointe au maire de Villeurbanne (Rhône), a ainsi rappelé que les établissements privés sous contrat sont financés à 75 % par de l’argent public et doivent en conséquence respecter les programmes et les principes de la République.
Le texte d’orientation cite Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire : « Il faut scolariser les enfants ensemble pour les socialiser ensemble. »
Retrouvez le plaidoyer et le texte d’orientation des villes éducatrices sur leur site.
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