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Malgré tout
Tiens, tiens… Alors comme ça, le ministre met fin au caractère obligatoire des groupes de besoin ? C’est marrant, ça ! Finalement, la recherche, qui a depuis longtemps montré leurs limites, ou les Cahiers, qui proposaient dans leur numéro 599 des alternatives pour travailler avec des groupes hétérogènes, auraient eu raison ?
J’aurais peut-être pu continuer à dérouler ce fil de sarcasmes mais, à l’heure où j’écris ces lignes, l’actualité n’est plus à l’ironie. Une enseignante a été poignardée par un de ses élèves. Comme d’habitude, la collègue est à peine à l’hôpital, entre la vie et la mort, que la récupération va bon train : qui pour nous servir que tout va mal, qui pour servir sa réponse sécuritaire… À l’heure où vous lirez ces lignes, l’émotion sera en grande partie retombée, nous n’aurons pas oublié mais nous serons passés à autre chose.
Et pourtant, qu’en sera-t-il de la collègue ? De ce jeune ? S’il était facile de prédire le fiasco des groupes de besoin désormais caducs et de porter des propositions alternatives, ça l’est beaucoup moins ici, tant la situation est complexe, systémique peut-être, sociétale surement. Ce malêtre de nos élèves, de la communauté éducative, il faut l’entendre.
Moi, j’ai envie de clamer haut et fort la devise des Cahiers pédagogiques, « changer l’école pour changer la société, changer la société pour changer l’école » ! Parce que, malgré les injonctions contradictoires, la valse des ministres, le désarroi, l’effroi, l’incompréhension qui nous saisissent devant l’agression des personnels de l’Éducation nationale, ma conviction reste forte que nous pouvons et devons faire quelque chose.
Grâce à ce numéro que vous tenez entre vos mains, qui traduit nos valeurs, nos propositions, parfois nos rêves éducatifs, pédagogiques et sociétaux, j’ai encore envie d’y croire. Et le matin, c’est avec le sourire malgré tout que je vais travailler, retrouver les élèves, les collègues. Parce que, plus que jamais, il nous faut être là, ensemble.



