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Le monde est fou, jouons !

Cela tient en quelque sorte de l’oxymore de préparer un dossier sur le jeu en classe au moment où Donald Trump mène une guerre pour le moins erratique contre l’Iran et où Israël bombarde le Liban au prétexte de cette même guerre contre l’Iran…
Mais au fond, toute forme d’activité dite normale peut paraitre quelque peu incongrue, vaine ou dérisoire, dans cette période si troublée et anxiogène. Préparer le diner tandis que l’on prend à peine la mesure de l’ampleur de l’intoxication au cadmium de notre nourriture la plus basique, aller travailler alors que Renee Good vient d’être tuée à Minneapolis, faire classe pendant que des civils sont bombardés en Ukraine, en Iran, au Liban, à Gaza…
Les tensions – euphémisme – internationales, la disparition de la biodiversité et le dérèglement du climat contribuent, c’est évident, à la dégradation générale de la santé mentale et de celle des jeunes en particulier. Et si la santé mentale était la grande cause nationale en France en 2025, il n’y a aucune raison de ne plus s’en préoccuper en 2026, bien au contraire.
Notre présent dossier explore les nuances et les bénéfices documentés ou plus secondaires du jeu pour apprendre. Parmi ces bénéfices, il en est un qui, à mes yeux, pourrait à lui seul suffire à justifier le fait de jouer en classe aujourd’hui, et c’est le bienêtre que cela apporte aux élèves et à leurs enseignants – et qui retentit sur les apprentissages. Une bulle d’enthousiasme, une parenthèse de légèreté dans ce monde de brutes.
Le jeu, peut-être même le rire, voire le plaisir, comme formes de résistance, comme remèdes à la désespérance, à la sidération, à l’angoisse qui paralyse. Et peut-être aussi, en fin de compte, comme la meilleure des préventions pour l’avenir : en jouant avec d’autres, n’apprend-on pas à découvrir les autres, à accepter des règles communes, à perdre la partie sans perdre la face, à partager ?
Je vous laisse, j’ai une ludothèque à constituer.



