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Recension parue dans le N°424 de mai 2004

École et changement. Une sociologie constructiviste du changement scolaire

François Baluteau, L’harmattan, 2003

5 mai 2004


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Les études d’essence psychologique sur le changement ne manquent pas. François Baluteau présente, ici, dans le champ des sciences sociales, une étude au souci épistémologique revendiqué. La sociologie se montrant attentive à l’actualité, l’histoire sociale visant une explication d’un temps disparu, il propose de concilier ces deux approches pour comprendre le changement dont il rappelle qu’il est constat mais aussi espérance.
Le changement scolaire, comme réalité du présent, est décrit dans une première partie avec les concepts de « logique » et « configuration ». Ainsi l’auteur montre-t-il que : « La réalité d’aujourd’hui n’est pas simplement le résultat d’une suite d’événements, mais un entrelacement, toujours original, de formes déjà disponibles. » Cette idée de forme est proche de l’idée de monde de Boltanski et Thévenot et se rapproche de la notion de forme scolaire de Guy Vincent. « Une figure réunit, en somme, des êtres de différentes sortes liés par des principes formant une logique d’action et donnant sens à leur existence et à leur relation. Ils tissent ainsi un réseau hétéroclite mais cohérent. »
Dans une deuxième partie est proposée une lecture causale du changement. Différentes causalités sont suggérées, renvoyant aux épreuves de force, au jeu des acteurs - décideurs, agents, usagers. Ces causalités sur différents registres mènent à l’idée de réseau pour en signifier les interpénétrations et posent la question de la tension entre deux couples d’oppositions : permanence/discontinuité, changement global/mouvement séparé.
Une troisième partie met à l’épreuve le « Discours de la méthode » précédent à travers trois thèmes distincts : l’orientation scolaire, la culture du secondaire, l’EPS comme discipline scolaire.
Le souci de sociologue de François Baluteau est double. D’une part, il s’agit de dépasser une vision qualitative des objets de recherche qui ne prendrait pas en compte l’histoire qui les a précédés et en réduirait ainsi la compréhension. D’autre part, il lui semble nécessaire de penser en terme de réseaux, tant l’intrication de logiques différentes est à l’œuvre dans la constitution des formes d’organisation.
Un ouvrage utile pour penser la complexité et nécessaire pour sortir des enfermements disciplinaires dans le domaine des sciences sociales. Une lecture donc obligée.

Michel Develay


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