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Six choses que vous ne savez peut-être pas sur nos Rencontres d’été (mais avez toujours rêvé de savoir)

Qu’est-ce que c’est que ces Rencontres où l’on se remet à travailler en aout, avant même la prérentrée ? De l’avis général des participants et participantes, c’est un moment suspendu, entre travail et vacances, où l’on prend de l’élan et l’on fait le plein d’énergie pour l’année scolaire. Coup de projecteur sur quelques points forts des Rencontres d’été du CRAP-Cahiers pédagogiques.
  • Prendre de l’avance…

Gros plan sur le « bifore » des Rencontres d’été du CRAP-Cahiers pédagogiques.

Au départ, il s’agissait de l’obligation « technique » faite à l’équipe d’organisation et d’animation d’arriver la veille du début des rencontres, pour prendre ses marques, répartir les espaces, finaliser les ateliers et être sur place le matin pour la réunion de concertation qui précède la cérémonie d’ouverture en début d’après-midi et pour l’accueil des participants et participantes.

Cette année, comme nous restions pour la deuxième année au même endroit, nous connaissions déjà les lieux, et le travail à distance avec les outils numériques collaboratifs est facilité pour les binômes animant des ateliers. Mais, parce qu’arriver un jour avant permet à celles et ceux qui en ont envie de s’installer plus tranquillement, de retrouver les copains et copines avant d’attaquer les choses sérieuses… plus de la moitié des participants et participantes ont profité de ce qui est devenu le « bifore » !

  • Se retrouver au Bar

Chaque été, aux Rencontres du CRAP-Cahiers pédagogiques, le bar est autogéré. Des volontaires s’occupent à tour de rôle de l’approvisionner, de préparer le café pour les pauses, de préparer l’apéro (avec ou sans alcool) avant les repas. Et les participants notent sur un grand tableau ce qu’ils ont consommé, qu’ils régleront à la fin du séjour.

Le bar, c’est bien sûr le lieu-pivot des Rencontres, à l’heure où les grands fauves vont boire, mais aussi parler, jouer, débriefer, rire, râler (il parait que le café du réfectoire n’est pas très bon…).
Le lieu aussi où l’on a une chance d’apercevoir ses enfants, qui maitrisent très bien l’autogestion dès 6 ans et découvrent qu’ils n’ont (presque) pas besoin de leurs parents du moment que les copains sont autour…

Le lieu, enfin, où l’on vient prendre sa dose de caféine, de théine ou de sucre, qui se font de plus en plus nécessaires au fur et à mesure que la semaine passe (surtout un lendemain de boum comme aujourd’hui !).

Et c’est là, affichées sur la porte du bar, que l’on trouve les « brèves des rencontres » et sur une table, les cartes postales que l’on envoie toujours à celles et ceux qui ne sont pas revenus cette année.

Le bar, c’est un bon résumé des Rencontres, en somme !

  • Une conférence participative

La conférence… Une interrogation, depuis plusieurs années sur sa place, son format, son utilité dans les Rencontres d’été du CRAP-Cahiers pédagogiques

L’apport d’un ou une experte est toujours fructueux, mais est-ce bien nécessaire d’ajouter un tel temps dans une semaine déjà riche en termes de contenus et de ressources ?

Dans un événement fondé sur le postulat que personne ne sait tout et que personne ne sait rien, où les animateurs et animatrices sont aussi, par principe, également participants et participantes d’un atelier – alternant ainsi posture de passeur dans un domaine et de receveur dans d’autres – que signifie accorder une place aussi importante d’un point de vue symbolique à la parole d’une personne qui ne prend pas part à ce fonctionnement ?

Dans un événement fondé sur la conviction que les enseignants et les enseignantes, et plus largement les personnels du système scolaire et universitaire, doivent se tenir au fait des travaux de recherche, n’est-il pas cohérent, voire indispensable de profiter de cet espace-temps pour se mettre à jour, bousculer nos évidences, sortir du confort de l’entre-soi ?

De cette tension est venue cette année l’idée d’une nouvelle formule : une conférence animée par un grand-témoin en charge de faire le lien entre nos ateliers, des concepts et une question professionnelle en proposant des repères pour agir.

Cette année, c’est Philippe Peaud, chercheur expert en formation d’adultes, qui a essuyé les plâtres et nous a donné de son temps pour échanger avec nous sur les postures d’accompagnement, de conseil et de formation dans nos pratiques !

  • Personne ne sait rien…

Autre moment névralgique des rencontres du CRAP-Cahiers pédagogiques, le marché de connaissances. Le principe : personne ne sait tout, personne ne sait rien !

Forts de cela, chacun et chacune peut proposer un petit atelier à proposer aux autres participants.
Cette année, nous avons eu deux ateliers pour apprendre à siffler avec les doigts, un autre pour apprendre à recoudre un bouton, ou quelques mots de malgaches (gros mots inclus !).

Il y avait aussi des présentations de jeux, d’outils numériques à utiliser en classe, et d’un conseil de classe participatif au lycée français de Toronto. On pourrait citer encore « La cinquième dimension expliquée avec une feuille de papier » ou « Comment réduire l’empreinte environnementale des vêtements ? ».

On organise des rotations de quinze ou vingt minutes, et chacun peut aller picorer sur un autre stand une fois son tour de présentation passé. Cela peut ressembler à un joyeux bazar, mais c’est à la fois un moment très convivial (comme toute la semaine) et une expérience très intéressante pour se retrouver à son tour dans la position de celui ou celle qui apprend et, parfois, ne comprend pas (comme toute la semaine aussi)…

Nous avions déjà raconté tout cela il y a deux ans, et on peut aussi décliner le principe avec des élèves et des parents.

  • Vers un lexique des Rencontres

Après la cérémonie officielle d’ouverture et les premiers temps d’ateliers, le brassage – rythmé par quelques activités favorisant les échanges – permet de se retrouver, de se découvrir, de construire du collectif parmi la centaine de personnes qui va vivre ensemble pendant une semaine.

Comme la gourmandise fait souvent partie des qualités de nos participantes et participants, la première journée se termine par le partage de spécialités culinaires de nos régions d’origine, de vacances ou de cœur.

Dans le petit lexique des Rencontres d’été du CRAP-Cahiers pédagogiques, il y a aussi les initiatives. Ce sont des ateliers courts, d’une heure, proposés par des personnes qui ont envie de rendre compte d’une expérience, de partager une pratique, de discuter d’un projet pour avoir des retours sur celui-ci. La forme est libre, les thèmes souvent professionnels, souvent en lien avec nos engagements, parfois légers et parfois pas du tout…

L’idée ? Comme pour le marché de connaissances, chaque participant, chaque participante est légitime à prendre l’initiative.

  • Comment bien se séparer

La restitution des Rencontres d’été du CRAP-Cahiers pédagogiques, c’est notre rituel le plus discuté…

À la fois adoré des participantes et participants une fois passé, parce qu’il permet de se retrouver tous et toutes ensemble, adultes et enfants, pour clore la semaine et partager un peu de ce qui a été vécu. En même temps souvent perçu en amont comme inutile, redondant, pesant et même parfois pénible à préparer, parce qu’après le bilan à chaud individuel et collectif des ateliers, il faut se remettre une dernière fois à l’ouvrage pour… mais pour quoi au juste ?

La restitution, c’est la présentation de la trace laissée par chaque atelier, thème ou activité, dans le groupe qui l’a vécu. Les enfants aussi produisent et se produisent. La forme est libre : exposition, diaporama, film, chanson, spectacle vivant…

Un temps en plénière pour donner à voir et à sentir un peu des contenus, des modalités de travail, des questionnements, des pistes d’action à celles et ceux qui ont planché sur autre chose pendant la semaine.

Un prétexte à métacognition, aussi, car il s’agit de faire collectivement le tri de ce qui est essentiel en fin de parcours, de ce qui peut s’exprimer en quelques minutes seulement, de ce qu’il serait trop complexe ou trop implicite pour pouvoir être présenté en si peu de temps.

Une source de créativité, enfin, car une fois ou en même temps que les contenus se dessinent, la forme surgit : quel ton adopter ? Que faire apparaitre par écrit, dans le jeu de scène ? Comment raconter, évoquer, renoncer à tout expliquer, mais en emmenant le public avec nous ?

Et depuis des années, une incroyable Madame Loyale bénévole rassemble ce matériau et prépare un filage pour donner sens et rythme à l’enchainement de ces capsules de rencontres. Par des transitions jouées, chantées, ou par des montages sculptés au scalpel, elle sait pointer nos forces et nos petits travers avec précision, humour, tendresse et un tact sans faille.

Cécile Blanchard et Nathalie Noël

À propos des Rencontres précédentes
Échos de Rencontres réussies, par la rédaction
Pas de profil-type aux Rencontres du CRAP !, témoignages de participants et participantes
Animateur aux Rencontres, ça consiste en quoi ?, par Laurence Cohen
Les avant-après des Rencontres, par Laurence Cohen
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