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Revue de presse du dimanche 20 février 2022

 

Comme toujours, beaucoup de polémiques dans l’actualité éducative : les mathématiques au lycée, les programmes pour la présidentielle, l’affectation des élèves, etc. On parle aussi du supérieur. Des réflexions intéressantes sont également à lire.

Mathématiquement

La désaffection des mathématiques au lycée à la suite de la réforme fait couler encore beaucoup d’encre, devenant même une épine dans le pied dans la campagne présidentielle.

Lycée : plus de 45% d’élèves ne font plus de maths du tout,  par Sandra Ktourza dans VousNousIls.
“Interpellé par les professeurs de mathématiques sur les conséquences dramatiques de sa réforme, Blanquer évoque une refonte du tronc commun.
Dans un communiqué publié lundi 7 février, l’ensemble des sociétés savantes et associations de mathématiques : ADIREM, APMEP, ARDM, CFEM, Femmes et Mathématiques, SFdS, SMAI, SMF, UPS, SIF tirent la sonnette d’alarme. Depuis la mise en place de la réforme du lycée de Jean-Michel Blanquer en 2021, la situation des mathématiques au lycée est catastrophique.”
Une polémique qui enfle. Les maths, cette passion française qui enflamme le débat. Par Marie-Amélie Lombard-Latune (abonnés).
“Baisse du niveau général, moindre présence des filles, lycée «sans maths» : la polémique ne cesse d’enfler. Professeurs de grandes écoles, politiques passés par l’X, grands patrons témoignent”

La réforme du lycée est mise en cause. Au centre de l’attention, la spécialité maths révèle les faiblesses de la réforme du bac, Thibaut Cojean dans L’Etudiant.
“Un rapport de l’Igésr et les données de Parcoursup 2021 montrent que les spécialités du lycée nouvelle formule influencent l’orientation des élèves, à la fois dans le choix de la formation du supérieur mais aussi dans la sélection des candidatures par les établissements. Le cas des maths, supprimées du tronc commun, cristallise l’attention.”
Le supérieur semble aussi en subir les conséquences. Les classes préparatoires percutées par la réforme du bac “Les filières scientifiques les plus prisées des matheux continuent d’attirer les bacheliers. Mais d’autres – économiques ou littéraires – voient leur nombre d’élèves chuter, car elles manquent notamment de lycéens ayant suivi un enseignement en maths.” Marie-Christine Corbier, Les Echos (abonnés).

Les mathématiques sont défendues par David Bessis : « Les maths peuvent offrir un chemin de réconciliation sociale » Par Caroline Broué (abonnés).
“Face aux mobilisations d’enseignants et de chercheurs au sujet des inégalités croissantes dans le choix de la spécialité mathématiques au lycée, le ministre de l’Éducation nationale a concédé qu’il faudrait leur redonner une place dans le tronc commun. Avec son nouvel ouvrage Mathematica, David Bessis entend bouleverser les idées reçues sur cette discipline, perçue comme élitiste et excluante : faire des mathématiques, c’est à ses yeux voir et sentir, faire usage d’une créativité et d’un sens de l’observation accessibles à chacun d’entre nous.”

Le ministre de l’éducation contre-attaque contre une “fausse polémique”.
Jean-Michel Blanquer : « Il faut rendre plus lisible la part des mathématiques au lycée »
“Le ministre de l’Education lance une concertation pour « arrêter la fausse polémique sur le pseudo-effondrement » des mathématiques. « Ouvert à revoir l’enseignement scientifique » au lycée, il envisage des mesures dès la rentrée prochaine.”
Mais finalement il crée un comité d’experts sur l’enseignement des maths .

“La pression exercée par les associations savantes de mathématiques, leurs relais dans la société, ont eu raison de JM Blanquer. Le 17 février, le ministre annonce la création d’un comité d’experts chargé de proposer “des scénarios réalistes et efficaces d’amélioration de l’offre de l’enseignement des mathématiques”. Un énième Comité Tartempion ?” Le Café pédagogique.
Lettre de Jean-Michel Blanquer : lancement des travaux du comité de consultation sur l’enseignement des mathématiques au lycée général.
“A l’occasion du lancement des travaux du comité de consultation sur l’enseignement des mathématiques au lycée général, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports s’adresse aux inspecteurs, chefs d’établissement et professeurs.”

Le dessin de Fabien Crégut

Présidentielle

L’autre polémique du moment est celle d’une “fuite” des projets du supposé candidat à la présidentielle Emmanuel Macron à propos de l’éducation. Face à la crise du métier, il s’agirait de supprimer le CAPES. Notons que l’agrégation n’est pas visée, bizarrement.

Présidentielle 2022 : la Macronie veut “dégraisser le mammouth”. Retour à “l’époque Allègre” ?
“C’est l’un des sujets que le futur candidat Macron veut porter dans sa campagne : une réforme profonde de l’Education nationale.”
Comme l’on parle de suppression du concours et la fin de l’emploi à vie, il n’y a qu’un pas pour s’inquiéter du statut de fonctionnaire.
Enseignement : Macron veut-il la fin du CAPES et du statut de fonctionnaire ?
“Le président sortant veut faire de l’Éducation l’un de ses axes de campagne et préparerait une petite révolution avec la suppression du CAPES et la fin du statut de fonctionnaire, rapporte France Info.” La Voix Du Nord.
Réforme de l’Education nationale : les pistes de Macron pour l’enseignement. Julie Malo, L’Internaute.
“Emmanuel Macron souhaite-t-il la fin du CAPES ? C’est ce que France Info laisse entendre, rapportant les dires d’un ministre bavard sur les pistes du programme concernant l’Education nationale du presque candidat à l’élection présidentielle, ce mardi 15 février. L’actuel président de la République semble vouloir réformer de fond en comble le statut d’enseignant, comme le révèle le susmentionné ministre, qui assure à la chaine d’informations en continu qu'”il faut s’attaquer à la structure de l’administration”. Parmi les mesures envisagées par le président sortant figure notamment la suppression du CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré), diplôme permettant de devenir enseignant du secondaire (collège et lycée).”

Voilà qui ne va pas solutionner la désaffection du métier.
Déclassement, manque de reconnaissance… ces enseignants qui veulent changer de métier. Sophie Devineau, Professeure des universités en sociologie, The Conversation.
“Y aurait-il une crise des vocations vers l’enseignement ? Régulièrement, face aux problèmes de remplacements de profs, exacerbés par la crise du Covid, les médias soulèvent cette question. Lors des concours de recrutement d’enseignants en 2021, un certain nombre de postes sont restés non pourvus.”

Et à gauche ?
Les rendez-vous manqués de la gauche avec l’école
“Si on relie les pointillés des grands rapports sur l’éducation (de Peretti, Legrand, Bourdieu-Gros, Meirieu…) se dessine un changement de paradigme éducatif qui n’a jamais abouti à une réorganisation profonde du système éducatif resté profondément marqué par les conditions historiques de son émergence.” par Françoise Clerc, retraitée.

Les âneries historiques de Zemmour sur l’École à jet continu
“Il avait déjà fait fort avec la proposition du « retour » du certificat d’études primaires (à la fin de l’élémentaire actuel !). Il continue de façon réitérée en prétendant qu’il faut revenir aux « méthodes de Jules Ferry » : le « par cœur » et « la dictée », alors qu’en réalité Jules Ferry et son lieutenant historique Lavisse ne se prononçaient nullement en ce sens.” Par Claude Lelièvre, Historien de l’éducation.

Divers

Un résumé sur la pagaille dans les médias à propos de l’éducation. Un édito de Cécile Blanchard.
“Jetons un coup d’œil rétrospectif à ce mois de janvier 2022 peu banal. Il est rare que l’éducation fasse autant la Une que ce mois-là. Il faut dire que ça a été un sacré bazar !”

Une autre mini-polémique : l’affectation des élèves à Louis-le-Grand et Henri IV qui devrait être la même que pour tous les lycées parisiens. Certains s’y opposent : « Pour qu’il reste une filière d’excellence dans le public », tribune de Alexandre Bayen & Jean Ferré.
“Dans une tribune à « l’Obs », Alexandre Bayen et Jean Ferré, deux anciens élèves des prestigieux lycées parisiens Henri-IV et Louis-le-Grand, dénoncent la fin du recrutement sur dossier, qui va selon eux favoriser l’enseignement privé et creuser le retard de la France en mathématiques.”
Henri-IV, Louis-le-Grand et la méritocratie
“Rentreront-ils dans le rang ? La modification annoncée de la procédure de recrutement des deux prestigieux lycées de la capitale est accusée par ses opposants de « briser l’excellence » et de faire le jeu du privé. L’analyse des données de l’académie de Paris va à l’encontre de ces arguments.”

La dernière marotte du ministre : après la musique, le sport. Mais faut-il une loi pour cela ? Une loi veut renforcer le sport à l’école.
“La proposition de loi qui doit être adoptée le 24 février instaure une pratique sportive quotidienne à l’école primaire et l’inscription de l’aisance aquatique dans les cours. Seul bémol : les syndicats d’enseignants sont opposés à la création des « alliances éducatives » avec les communes qui remettent, selon eux, en cause le rôle de l’Usep.”

Ces classiques qui continuent d’inspirer l’école, par Aurélie Djavadi, The Conversation.
“Leurs noms s’affichent au fronton des établissements et leurs textes résonnent encore dans les classes. Si le cadre scolaire se transforme sous l’impulsion des nouvelles technologies, entre autres, les classiques, de Rousseau à Victor Hugo, ou de La Fontaine à Condorcet, tiennent toujours une bonne place dans la formation des élèves. Un anniversaire comme celui de Molière, largement fêté en 2022, nous rappelle combien certaines œuvres voyagent d’une génération à l’autre. Si leur présentation dans les manuels a varié au fil des époques, comme le souligne la chercheuse Isabelle Calleja-Roque (Université de Grenoble Alpes), les personnages de l’Avare, du Bourgeois Gentilhomme et du Malade Imaginaire font toujours rire les élèves.”

J-P Delahaye : contre l’école des impostures, pour une école fraternelle
“En 150 pages, J-P Delahaye démontre que notre système éducatif est un système de tri et de ségrégation, et dessine les chemins d’une école enfin vraiment républicaine et fraternelle.” Jean-Pierre Veran, Médiapart.

L’école de la République 3 : lire, écrire, apprendre en français
“Je reprends le fil de deux précédents billets pour approfondir la question des usages scolaires du langage : le langage pour penser et pour apprendre à l’école. Travailler cette question amène inévitablement à s’inscrire en faux avec la conception du moment relative aux fondamentaux qui, tels qu’ils sont présentés, ne peuvent permettre de réduire les inégalités.” par Marc Bablet, Inspecteur d’académie, inspecteur pédagogique régional retraité.

“L’inclusion ne peut être dévoyée pour déconstruire l’école de la République” Tribune de Raphaël Rubio.
“Dans une tribune, Raphaël Rubio, secrétaire de l’association Egali-terre, professeur de philosophie, écrivain et journaliste-chroniqueur indépendant, estime que l’inclusion à l’école est une nécessité, à condition de proposer un enseignement exigeant et de qualité.”

Le bienêtre l’école : un moyen et non une fin en soi. Par Jean-Michel Zakhartchouk.
“Considérer le bienêtre comme un moyen pour de meilleurs apprentissages et non comme une finalité permet de valoriser l’effort, la persévérance et le dépassement de soi. Démonstration en quatre exemples.”

Supérieur

Parcoursup : enquête sur les algorithmes qui décident de l’avenir de nos enfants. Par Denis Peiron, La Croix.
“Il est loin le temps où les bacheliers faisaient la queue devant un secrétariat, leur dossier sous le bras, pour s’inscrire à la fac. La révolution numérique est passée par là. Pour affecter les futurs étudiants, on s’en remet désormais largement à des algorithmes, nationaux et locaux, regroupés sous un nom : Parcoursup. Mais comment fonctionne cette plateforme qui décide de leur orientation ? “

Présidence française de l’UE : Frédérique Vidal veut renforcer la coopération entre universités en Europe. Amélie Petitdemange, L’Etudiant.
“Les ministres européens de l’Enseignement supérieur ont échangé sur le futur des universités pour l’Europe, les 24 et 25 janvier 2022 à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Ils appellent à un renforcement des politiques européennes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation.”

Enseignement supérieur : « Ne nous y trompons pas, les équipes de recherche tiennent elles aussi à être évaluées ! »
“Thierry Coulhon, président du Haut Conseil de l’évaluation, de la recherche et de l’enseignement supérieur répond, dans une tribune au « Monde », aux critiques émises le 10 janvier sur le Hcéres, par un collectif de directeurs de recherche.”

Les étudiants atteints de troubles « dys » de plus en plus nombreux dans l’enseignement supérieur, par Séverin Gravelaau, Le Monde.
“Dysorthographie, dyslexie, dysgraphie, dyscalculie… Les jeunes souffrant de troubles « dys », davantage diagnostiqués et accompagnés depuis la loi de 2005, sont de plus en plus nombreux à l’université et dans les grandes écoles, et questionnent les pratiques des enseignants.” Par Séverin Graveleau.

La précarité étudiante est « mal cernée », selon la Cour des comptes. Les Echos.
“Dans son rapport annuel, publié ce mercredi, la Cour des comptes déplore une montée en puissance « trop tardive » des dispositifs d’aides aux étudiants lors de la crise sanitaire. Elle invite les universités à s’emparer davantage d’un sujet qui est aujourd’hui largement aux mains des CROUS, dont le modèle économique « devrait être revu ».”

La ministre de l’Enseignement supérieur taclée pour sa gestion de la crise sanitaire. Par Caroline Beyer, Le Figaro.
“C’est un revers de plus pour Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, à laquelle a souvent été reproché son manque de détermination dans la gestion de la crise du Covid et sa difficulté à faire peser le dossier étudiant au plus haut sommet de l’État. Là où son collègue de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a largement fait entendre sa voix, faisant de l’école ouverte son mantra. Dans son rapport annuel, publié le 16 février, la Cour des comptes enfonce le clou, à travers son deuxième chapitre, consacré à l’efficacité des mesures de soutien de l’État à la vie étudiante. Retard dans la prise en considération de l’impact de la crise, manque de ciblage des populations précaires et, faute de données, connaissance insuffisante des besoins étudiants. Les sages pointent à la fois le manque de réactivité du ministère et des défauts structurels.”

Transition écologique : Vers des cours dans tous les cursus de l’enseignement supérieur ?
“GREEN EDUCATION Six crédits européens d’enseignement « pourraient être systématiquement réservés à la transition écologique ».
En licence, en BTS ou en école supérieure… Le climatologue Jean Jouzel veut intégrer la transition écologique dans tous les parcours d’étude de niveau bac +2 ou plus. Cette proposition figure dans son rapport remis au ministère de l’enseignement supérieur ce mercredi, rapportent nos confrères du Monde . Lourd de 90 pages, le document estime que « toutes les formations, de toutes les filières et de tous les niveaux, doivent se mobiliser pour transmettre les connaissances et compétences utiles à la transition écologique ».”

 

Géraldine Duboz, avec l’aide précieuse de Bernard Desclaux.

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N° 574 – Ce qui s’apprend en EPS

Mal reconnue, bien qu’obligatoire à tous les niveaux, l’EPS contribue à l’acquisition du socle commun, donne accès à des pratiques motrices et à la culture physique, sportive et artistique, tient une place de choix dans l’entretien de la santé et du bienêtre, contribue à l’égalité entre les filles et les garçons et à l’inclusion.

N° 573 – Les maths, est-ce que ça compte ?

Tous les acteurs de l’enseignement se trouvent confrontés à la question des « bases » ou des « fondamentaux » : pour effectuer des choix dans les programmations, pour remédier aux difficultés d’élèves, pour proposer des évaluations. Quelles sont les mathématiques que l’on doit enseigner aujourd’hui ?