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Mémoire de guerre : une exposition de dessins scolaires au Munaé

Dessin d'une grenouille verte marchant debout sur ses pattes arrière et portant un parapluie rouge sous la pluie. L'image porte le texte manuscrit : Il pleut ! Il mouille ! C'est la fête à la grenouille !

Dessin d'une grenouille verte marchant debout sur ses pattes arrière et portant un parapluie rouge sous la pluie. L'image porte le texte : Il pleut ! Il mouille ! C'est la fête à la grenouille !

Chédotal, Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille. Collection du Munaé (inv. 1979.09383.3).

Il était une fois une professeure, par ailleurs artiste peintre, qui proposait des cours complémentaires à ses élèves, âgées de 14 à 16 ans. Entre 1936 et 1941, ces jeunes filles dessinèrent leur quotidien, de la cour de récré à l’exode. Une partie de leurs œuvres fait l’objet d’une exposition, Dessins d’enfants (1936-1941) : du Munaé à l’Unesco, à voir jusqu’à fin septembre au musée national de l’Éducation, à Rouen.

Le musée national de l’Éducation (Munaé), niché dans une magnifique bâtisse de la rue Eau-de-Robec à Rouen, propose jusqu’au 29 septembre 2025 une exposition émouvante : une sélection de dessins réalisés par des jeunes filles entre 1936 et 1941. Bonne nouvelle, l’entrée est gratuite.

Sur les 297 dessins issus du « fonds Jouclard » conservés dans les collections du musée, une trentaine ont été choisis pour cette exposition. Ils sont tous le fruit du travail pédagogique d’Adrienne Jouclard (1882–1972), artiste peintre et enseignante, femme indépendante et sportive, qui parcourait la campagne à vélo pour peindre ce qui l’entourait, entre Paris et la France rurale.

Ces œuvres scolaires, récemment inscrites au registre « Mémoire du monde » de l’Unesco (en avril 2025), témoignent du quotidien d’adolescentes parisiennes âgées de 14 à 16 ans. On y retrouve des scènes de jeux, des comptines, des fêtes commémoratives, mais aussi des souvenirs plus graves comme l’exode de 1940, vécus avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une part de mystère

Le but précis de cette initiative artistique reste en partie mystérieux. Adrienne Jouclard voulait-elle encourager l’expression personnelle ? Travailler l’observation et la technique ? Offrir un exutoire face à un contexte troublé ? Quoi qu’il en soit, le résultat est saisissant : des dessins colorés, minutieux, empreints de vie et de sensibilité.

Les élèves qui les ont réalisés fréquentaient des cours complémentaires, orientés vers la couture et la mode, contexte qui explique sans doute le soin apporté aux détails et la qualité esthétique de leurs productions.

Pour prolonger la visite, l’exposition est également enrichie en ligne ici. N’hésitez pas à pousser la porte du Munaé : l’exposition permanente « Fantastique physique ! » est toujours visible, et une balade à Rouen complète agréablement la découverte.

Claire Lommé
Coordinatrice ULIS en Normandie

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