Louanges ? Langes peut-être même.

Oui, il semblait naître devant nous, le numérique enfant, devant l’assemblée si nombreuse et donc aux aguets de l’annonce. Devant les paroles des participants à la table ronde aussi, François Momboisse, président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, Henri Verdier, directeur de Cap Digital, Anne Delannoy, enseignante documentaliste, Henriette Zoughebi vice-présidente de la région Ile-de-France, René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne, Anna Angeli, adjointe au maire du Pré-Saint-Gervais. « L’école « va » entrer dans le numérique. » entendait-on. On n’est pourtant pas au premier plan numérique. Sans doute faut-il des étapes pour que les idées fassent leur chemin, dans la tête des utilisateurs, dans les budgets des financeurs.
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« On ne change rien avec un outil », entendait-on encore. « Il faut changer de manière d’enseigner également. » Par où commence-t-on ? L’outil ouvre l’imagination. L’imagination appelle (parfois) l’outil. « Les élèves se retrouvent dans une autre relation au savoir et au pouvoir. » C’est peut-être pour cela aussi que tout est si long : on ne touche pas seulement au vernis de l’école en intégrant des tablettes, ou twitter, ou du travail sur blog dans les classes, mais à sa structure.
Et le libre ? Ah oui, tiens, le libre. Il va dans le sens du partage. Si symboliquement ce n’est pas rien, financièrement, c’est quelque chose ! Et en ces temps de mammouth maigre versus annonces grasses, il faudra peut-être suivre la piste plus sérieusement.
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Madaaaame, ça marche pas !

On ne mettra pas tout le monde à la même enseigne, a-t-on entendu encore dans la table ronde, ni au même niveau d’appétit pour le numérique côté adultes, ni au même niveau d’équipement côté structures, mais on doit accompagner davantage les enfants de milieu populaire beaucoup plus que les autres, songer toujours à la maintenance du matériel (et il sera nécessaire de créer des emplois pour cela) pour ne plus entendre « Madaaaame, ça marche pas ! », expérimenter ici et là des établissements particuliers et lancer un maximum d’actions. Et puis surtout ne pas brider ceux qui se lancent, pour en faire profiter tout le monde de ce qu’ils découvriront. Mesdames et messieurs que l’on appelle innovateurs, vous avez été très à l’honneur…

Promesse…

Fleur Pellerin a élevé haut l’étendard de « la promesse du numérique », révolution technologique, mais transformation de la société surtout ; plaisir d’apprendre, gain d’autonomie, de personnalisation, de coopération : on a envie d’y croire. Fleur Pellerin a largement ouvert le sujet, à la formation continue, au monde économique. Parce que l’école, de moins en moins sans doute, est ou pourra rester autarcique.

…et désir

colonnes_theatre.jpg« Désir de numérique ». Tel aurait pu être le titre du discours de Vincent Peillon.
Un désir pousse. Pousse un élève dans l’envie de savoir, clé pour réussir à l’école, clé du diplôme, d’un emploi.
Un désir donne à vouloir. De la volonté, il en faudra pour installer partout le haut débit, et puis maintenir les équipements.
Un désir ouvre. Fenêtres des classes connectées, échangeant par tweets.
Un désir modifie en profondeur. Les enseignants utilisant tablettes, smartphones disent combien cela a transformé leur manière de concevoir leurs cours et leur relation aux élèves.
Un désir émancipe. Il entraîne hors du connu.
Un désir construit. Et pour cela des ressources gratuites seront accessibles dès 2013.

 

Reste à espérer que le désir des enseignants et des acteurs de l’éducation rencontreront celui du ministre. Et que la promesse du numérique, en faisant vivre l’individualisation et la coopération, tiendra parole pour la réussite de tous les élèves.

Christine Vallin
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