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Ce que l’école fait de la pauvreté

De multiples enquêtes et recherches démontrent qu’en fonction de leur milieu social, les enfants ne sont pas égaux face à l’école. Les élèves de milieu populaire et parmi eux ceux dont les familles vivent en situation de pauvreté (ce n’est pas exactement synonyme) sont, par exemple, surreprésentés dans les dispositifs spécialisés ou les orientations précoces. Or, on ne peut se satisfaire de ce constat et juger que ce serait une fatalité. Pourtant, le système scolaire (ce qui ne signifie pas tous ses acteurs !) continue de ne pas prendre en compte cette situation et, trop souvent et sans vouloir mal faire, de malmener les élèves issus de familles pauvres.
En décembre 2024, la FCPE organisait à Avignon son congrès sur le thème : « Ce que la pauvreté fait à l’école. Ce que l’école fait de la pauvreté ». Cette problématique nous a interpellés : cela fait en effet dix ans que Les Cahiers ont publié un dossier intitulé « École et milieux populaires » (n° 520, mars-avril 2015).
Quand l’école prend au sérieux la promesse républicaine d’égalité, de fraternité et d’émancipation, elle est bousculée par les situations de pauvreté qui limitent son efficacité. Et si elle ne peut pas seule changer la société, elle peut, dans son champ d’action, tenir compte des situations des élèves.
D’abord, ce dossier essayera de montrer en quoi les situations de pauvreté ont des répercussions sur l’école. Non pas seulement en s’appuyant sur des statistiques, même si elles sont nécessaires, ou sur un regard sociologique, incontournable lui aussi, mais en incarnant ces données dans des situations vécues par des élèves ou le regard attentif porté sur eux par des enseignants. La première partie mettra ainsi en relation les connaissances (on peut dire autrement que subjectivement ce qu’est un élève pauvre), et les personnes.
Mais faire l’état des lieux n’est qu’une première étape, qui montre sur quoi on peut agir. Plusieurs auteurs et autrices plaident pour une école attentive aux différences, qui sait « voir les invisibles », repérer les besoins ou situations de ceux qui, souvent par pudeur, cachent leur pauvreté. Une école qui se donne dans ses objectifs de combattre les inégalités dans tous les domaines où elle peut : qu’il s’agisse de pédagogie, voire de didactique, ou d’entendre une parole qui se dit entre les lignes, ou encore de proposer les aides matérielles dont elle est responsable o eurs utile, comme le remarque l’un des auteurs, que cette question d’accompagnement de la pauvreté soit prise en charge, fût-ce à minima, dans le cadre de la formation. Notons aussi l’importance du rôle des personnels de santé et sociaux, en nombre chroniquement insuffisant dans nos établissements.
Il est utile, également, que les équipes connaissent les ressources qui peuvent les aider : il peut s’agir de livres ou d’études qui permettent de lire la réalité autour de soi, ou de travailler avec les élèves puisque la pauvreté fait partie du monde dans lequel ils vivent et qu’ils doivent comprendre – que peut-être ils auront à cœur d’améliorer plus tard – ou d’associations avec lesquelles un travail en partenariat est possible. La troisième partie visera à montrer comment l’efficacité de l’école est renforcée par cette ouverture vers l’extérieur.
Pour ne pas se résigner.



