Les Cahiers pédagogiques sont une revue associative qui vit de ses abonnements et ventes au numéro.
Pensez à vous abonner sur notre librairie en ligne, c’est grâce à cela que nous tenons bon !
Couverture du n° 605, « Jouer pour apprendre », avril-mai 2026

Contre toute attente, la thématique du jeu n’est pas un sujet simple à traiter. On pourrait pourtant penser que la sphère pédagogique se partage en deux camps : les convaincus, persuadés d’avoir trouvé le remède aux baisses de motivation des élèves, et les autres, qui considèrent que les apprentissages sont trop sérieux pour perdre ainsi leur temps en classe. La richesse des articles reçus pour ce dossier nous montre que la réalité est bien plus complexe, et donc d’autant plus intéressante à explorer.

Cette complexité peut s’expliquer tout d’abord par la polysémie du mot « jeu » en langue française, quand l’anglais dispose de deux termes bien distincts, play et game. Le premier fait référence au jeu libre, sans contrainte, et le second à une situation plus encadrée avec des règles du jeu définies.

Alors, de quel jeu parle-t-on ? Comment jouer ? Dans quel but ? Les articles de ce dossier témoignent d’une grande diversité de pratiques et nous permettent d’y voir plus clair. Nous y retrouvons le jeu pédagogique, le jeu sérieux, l’escape game, le jeu libre, etc. Certains ont un objectif d’apprentissage précis, comme une notion de cours. D’autres cherchent à développer des compétences qui peuvent avoir été ciblées de manière précise en amont. D’autres visent les effets bénéfiques, secondaires ou transversaux, que permet une pratique libre, moins dirigée du jeu, comme le bien être à l’école, le plaisir de jouer, tout simplement.

La première partie montre cette diversité de pratiques, avec un enthousiasme communicatif à même de convaincre les derniers récalcitrants… sans être aveugle pour autant.

En effet, s’il est un fil rouge reliant l’ensemble des articles, c’est ce questionnement permanent des auteurs sur l’efficacité de la pratique du jeu en termes d’apprentissages. Les apports issus de la recherche présents dans une deuxième partie alimentent la controverse et une réflexion s’engage sur les points de vigilance indispensables. On se rend compte que cette réflexion n’est pas propre à la pratique du jeu mais révèle des conditions nécessaires à tout apprentissage.

Une dernière partie, enfin, se lit davantage comme un ensemble de conseils, de partages de bonnes pratiques à destination aussi bien des praticiens novices que confirmés, pour des jeux d’une certaine ampleur ou légers à mettre en place. En guise de bonus, avec les articles présents sur le site, vous trouverez une banque de jeux « clés en main », utilisables directement, que nos auteurs ont eu la gentillesse de partager avec les lecteurs des Cahiers pédagogiques.

Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à lire ce dossier que nous en avons eu à le coordonner et que sa lecture effacera les dernières réticences de certains et consolidera la pratique des autres.

Baptiste Hebben
Enseignant en mathématiques en collège à Dunkerque
Aurélie Privé
Chargée de mission Science et société à la Direction régionale académique de l’enseignement supérieur, recherche et innovation du rectorat d’Aix-Marseille

Sur notre librairie

Couverture du n° 605, « Jouer pour apprendre », avril-mai 2026