Accueil > L’actualité vue par le CRAP > «  Cela ne peut que nous enrichir professionnellement  »


Parution du numéro 521 des Cahiers pédagogiques, «  Croiser des disciplines, partager des savoirs  »

«  Cela ne peut que nous enrichir professionnellement  »

Interview des coordonnateurs, Francis Blanquart et Céline Walkowiak

5 mai 2015

Des pratiques interdisciplinaires pour croiser les savoirs scolaires, les mettre en synergie, en résonance, et aider les élèves à entrer dans la complexité des différentes cultures à construire à l’école. Un projet créatif et enrichissant selon les coordonnateurs et les auteurs de ce numéro, alors que la réforme du collège prévue pour la rentrée 2016 instaure les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).



Que retenez-vous plus particulièrement de ce dossier ?
Céline Walkowiak : L’extraordinaire ingéniosité et créativité des enseignants sur le terrain pour proposer aux élèves des activités qui les aident à construire des passerelles entre les disciplines. Et l’intime conviction que cela leur permettra de mieux comprendre et de mieux apprendre. Mais aussi le scepticisme de certains chercheurs sur la capacité de l’école à aller à l’encontre d’une répartition cloisonnée et disciplinaire des savoirs très ancrée.

Francis Blanquart : Le transfert des savoirs aux élèves ne fonctionne pas comme un postulat de départ mais comme un principe régulateur majeur de l’apprentissage. C’est ce qui nous permet d’entrevoir une nouvelle voie dans nos enseignements, une évolution significative et enrichissante de notre profession, des horizons prometteurs et palpitants, de nouvelles pratiques à inventer, de nouvelles façons de travailler ensemble.

L’interdisciplinarité, c’est d’actualité avec la réforme du collège. Que trouveront dans ce dossier les enseignants de collège pour réfléchir à la mise en place des EPI ?
Céline Walkowiak : Le dossier fourmille d’idées de projets, de cours interdisciplinaires, de réflexions et de discussions autour de savoirs partagés. On y trouve des exemples concrets qui peuvent très bien inspirer de futurs EPI, mais aussi des écrits de chercheurs sur l’impact de ce genre d’activités pour les apprentissages des élèves. Certains articles devraient permettre un recul réflexif sur ces nouvelles pratiques, ou en tout cas d’enclencher la réflexion avec les équipes enseignantes sur ce qui se joue vraiment dans les croisements disciplinaires.

Francis Blanquart : On trouve des pistes de réflexion pour mettre en place des situations complexes qui relient les savoirs et construisent une culture commune. On trouve aussi des idées pour élaborer des situations d’apprentissage de qualité qui élèvent le niveau des apprentissages.

Que diriez-vous à vos collèges qui hésitent à se lancer dans des projets croisant les disciplines ?
Céline Walkowiak : Travailler en interdisciplinarité, ce n’est rien d’autre que faire sa discipline. Les EPI vont permettre de penser autrement la didactique des disciplines, sur un temps donné. Je me dis que cela ne peut que nous enrichir professionnellement. Si nous développons la connaissance que nous avons des logiques qui traversent nos disciplines, nous n’en serons que plus aptes à l’expliquer à nos élèves.

Francis Blanquart : C’est un apprentissage qui ne semble pas naturel et est plus complexe que la simple restitution des connaissances ou l’application de savoir-faire. Mais ce réinvestissement des acquis donne redynamise les apprentissages et propose des enjeux intellectuels qui sont les leviers d’une motivation des élèves.

Propos recueillis par Cécile Blanchard

Sur la librairie


Croiser des disciplines, partager des savoirs
Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.