Evelyne Reboul, en quoi consiste votre travail avec les établissements scolaires qui vous contactent? Que proposez-vous aux scolaires qui s’adressent à vous?

interieur_du_batiment.jpgL’un des objectifs de ma mission est de permettre au Louvre-Lens de s’inscrire sur le territoire comme un lieu d’éducation, et de permettre à tous les élèves un accès aux œuvres d’art. La sensibilisation culturelle est un enjeu majeur pour nous. Je travaille au quotidien avec les médiateurs du musée et avec deux enseignantes missionnées par l’Education Nationale, notamment pour nous aider à inscrire nos actions dans le cadre des programmes et pour réfléchir aux ressources pédagogiques que nous mettons à disposition.
Avec les médiateurs, nous formulons des propositions d’actions à destination du public scolaire, mais également extrascolaire ou spécifique (personnes handicapées par exemple). Ces actions se déclinent en visites accompagnées ou en ateliers conçus et animés par les médiateurs. Nous proposons également le mercredi, sur inscription, des visites d’initiation pour les enseignants qui pourront ensuite, s’ils le souhaitent, bénéficier du Droit de parole et gérer des visites en autonomie avec leurs élèves.
Cet équilibre entre accompagnement et autonomie nous semble important puisque nous souhaitons favoriser au maximum l’appropriation du musée par les enseignants et leur permettre de développer des projets qui leur soient propres. Nous travaillons également avec les corps d’inspection (IEN, IA-IPR, inspecteur ASH), ainsi qu’avec les conseillers pédagogiques, sur des problématiques de formation, pour proposer des stages au PAF (plan académique de formation).

Puisqu’on parle de projets, pouvez-vous nous en citer un qui a retenu votre attention ?
Le 3 mai 2013, une centaine d’élèves de primaire, collège, lycée général, lycée professionnel, et même des jeunes en formation, ont été « Médiateurs d’un soir au Louvre-Lens », pour présenter la Galerie du Temps à leur famille. Ce projet, à l’initiative d’enseignants, avait été préparé en classe durant toute l’année et constituait, en quelque sorte, une présentation du travail de l’année aux parents.
Est-ce que vous êtes en contact avec des enseignants de toutes les disciplines, ou est-ce que ce sont essentiellement ceux du pôle humaniste qui vous sollicitent ?
Nous travaillons bien sûr avec les enseignants d’histoire, d’arts plastiques, de lettres et d’arts appliquées. Mais aussi avec des enseignants de SVT, qui sont très intéressés par le parc du musée, avec des enseignants de technologie, qui viennent observer avec leurs élèves le bâtiment et son architecture, ou des enseignants d’EPS qui travaillent sur les notions de corps et d’espace. La créativité des enseignants s’est exprimée bien en amont de l’ouverture du musée, puisque nous avons travaillé dès l’ouverture du chantier avec des enseignants animant des options DP3, par exemple, qui venaient faire découvrir à leurs élèves les métiers du bâtiment, ou les caractéristiques architecturales d’un musée.
L’enseignement de l’histoire des arts est porteur de beaucoup de demandes de la part des enseignants, et nous en tenons compte dans les réponses que nous leur apportons, en faisant notamment des liens avec d’autres disciplines artistiques, sur la Scène, par exemple, qui est un lieu d’expression du spectacle vivant.

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Avez-vous modifié le panel de vos actions éducatives pour la rentrée, par rapport à ce que vous proposiez la première année ?

En Septembre, ça va être notre première rentrée (puisque nous avons ouvert un 4 Décembre), et nous avons modifié notre offre éducative, tout simplement après une analyse de ce qui avait bien fonctionné ou moins bien, et aussi en mettant en route des actions qui étaient prévues, mais que nous n’avions pas proposées dès la première année. Comme par exemple, le parcours « Découvrir le musée », à destination du Cycle 1 de l’école maternelle. Un autre parcours, appelé « Approfondir », proposera plusieurs approches de visites :
Une approche sur le thème « 5000 ans de … », comme nous avions déjà l’année dernière avec les titres « 5000 ans de couleurs », « 5000 ans d’amour », « 5000 ans de dieux et déesses », sera proposée avec d’autres titres « 5000 ans de pouvoirs », « 5000 ans de mythes et de croyances » et « 5000 ans de corps et d’espace ».
Mais d’autres approches seront possibles : une approche « Echanges et transitions », qui pourrait correspondre à la thématique d’histoire des arts « Continuités et ruptures », et propose une lecture de la Galerie du temps plus géographique que chronologique, à travers les échanges entre les civilisations d’une même époque, ou encore un regard sur les transitions entre les grandes périodes historiques
Et également une approche autour d’une seule œuvre, avec les échos des œuvres qui l’entourent et dialoguent avec elle dans la Galerie du temps.

Ma dernière question : Le Louvre-Lens fait preuve d’une grande écoute vis-à-vis des enseignants. Cette souplesse et cette ouverture d’esprit pourra-t-elle perdurer?

exterieur.jpgNous avons toujours souhaité être à l’écoute des enseignants et l’idée de co-construction était présente dès le départ. Il est important de plus pour nous de fidéliser les publics, en inscrivant le musée dans le paysage éducatif local. Pour cela, nous devons donner les clefs pour construire des projets. Toute l’équipe du Louvre-Lens est fortement engagée dans cette dynamique de partage culturel, et désire le rester.

Propos recueillis par Céline Walkowiak