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Revue de presse du 27 février 2022

 

 

 

 

La semaine avait commencé avec la poursuite de la polémique autour d’AFFELNET à Paris, sur l’interrogation sur les mathématiques, le collège et d’autres questions concernant l’éducation et l’enseignement. Elle se termine sur de biens autres préoccupations.

La polémique parisienne

Le collectif « Sauvons le mérite », composé d’anciens élèves, de parents d’élèves et de professeurs des lycées Henri IV et Louis-le-Grand, s’oppose à l’entrée de ces établissements dans l’algorithme Affelnet qui réparti les collégiens dans les lycées.” Il clame « M. Blanquer, ne tuez pas la méritocratie ».

Ecoles élitistes par Jules Thommer

Pour Victor Mérat, La recette du succès de Louis-le-Grand, le lycée parisien qui façonne l’élite intellectuelle depuis 1563.

Kamel Aït Bouali, secrétaire académique pour les personnels de direction du Sgen-CFDT Paris, défend l’intégration des lycées Henri IV et Louis-le-Grand dans le dispositif Affelnet.” dans une TRIBUNE. Fin de la sélection sur dossier pour Henri-IV et Louis-Le-Grand : « Un système plus équitable »

Mixité scolaire à Paris : derrière le chamboule-tout d’Affelnet, le point aveugle de l’enseignement privé. “La réforme de l’affectation dans les lycées publics, qui devrait concerner les prestigieux Henri-IV et Louis-le-Grand à la rentrée prochaine, provoque un vif débat. En arrière-plan, on retrouve l’éternel angle mort de l’enseignement privé, responsable d’une part importante de la ségrégation sociale dans la capitale. Depuis quelques semaines, les cercles de parents d’élèves parisiens bruissent d’un nouveau changement : les prestigieux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand, jusqu’alors exclus d’Affelnet, le logiciel qui gère l’affectation dans les lycées de l’ensemble des collégiens de troisième, vont bientôt rejoindre ce dispositif, en vigueur depuis 2008. Jusqu’à présent, ces deux établissements recrutaient leurs élèves sur dossier.” Par Violaine Morin. Article réservé aux abonnés

Trois pistes pour accroître la mixité des lycées Louis-le-Grand et Henri-IV. “Un mois après avoir annoncé la suppression, pour les élèves parisiens, du recrutement sur dossier pour les prestigieux lycées Louis-le-Grand et Henri-IV, l’académie de Paris planche notamment sur un quota de boursiers de l’ordre de 15 %. Un bonus pourrait être accordé aux élèves déjà scolarisés au collège Henri-IV.”

Henri IV et Louis-Le-Grand : “Le mérite est un enjeu de lutte. “Louise Tourret s’entretient avec le sociologue Paul Pasquali, auteur de “Héritocratie” (La Découverte, 2021) pour parler des polémiques autour du mode de recrutement des élèves des lycées parisiens, après l’annonce de la fin de la sélection sur dossier à Henri IV et Louis-Le-Grand.”

Présidentielle

Le Point nous annonce La nouvelle révolution de Macron. “Le président-candidat veut faire de l’éducation, de la santé et du travail les piliers de son programme pour sa réélection. Sur fond de crise internationale.” mais pour abonnés

La question du collège dans notre système scolaire se pose à nouveau. Elle fut lancée par Anne-Christine Lang : « La réforme du collège est un enjeu de société majeur ». “Pour réduire les inégalités et l’échec scolaire, la députée (LRM) de Paris ainsi qu’un collectif de parlementaires du mouvement Territoires de progrès proposent, dans une tribune au « Monde », de prolonger le fonctionnement de l’école primaire de la 6e à la 3e.”.

Paul DEVIN, a été inspecteur de l’Education nationale et secrétaire général du SNPI-FSU. Il est actuellement le président de l’Institut de Recherches de la FSU. Il a réagit sur son blog : Réforme du collège : toujours les mêmes lubies !La tribune commence par une liste de difficultés dont elle nous dit qu’elles sont identifiées depuis longtemps : creusement des inégalités, survenue du décrochage, apparition des violences et du harcèlement, contournement de la carte scolaire, rupture CM2-6è… Et de conclure que l’ensemble de ces problèmes est dû à une erreur de conception du collège qui est un « petit lycée » alors qu’il aurait dû être la prolongation de l’école primaire. Car pour Anne-Christine Lang, le problème du collège, c’est la multiplication des professeurs et des disciplines qui ne permet pas de « donner du sens aux apprentissages ». Cette question mérite examen.”

J’ai commenté ces deux textes sur mon blog : Le Collège, l’oublié du système. “L’éducation s’invite tout doucement dans la présidentielle, la revue de presse des Cahiers pédagogiques à laquelle je participe en témoigne depuis quelques semaines. Plusieurs candidats ont formulé des propositions. Et l’on attend le futur candidat Emmanuel Macron sur ce terrain. Son camp commence à bouger, et il semble que la question du collège, de sa place, de son organisation, de sa fonction, s’invite peut-être dans le débat pour la présidentielle.”

Delahaye JP propose lui une Contribution à la réflexion sur le collège unique . “Nous commençons ici la publication de trois textes sur le collège unique. Première partie : le texte de mon audition devant le Haut Conseil de l’éducation le 21 janvier 2010, qui est un rappel historique.” A lire pour comprendre l’historique de ce problème et attendons la suite.

Jean-Pierre Veran, formateur, expert associé France Education International (CIEP), membre professionnel laboratoire BONHEURS, CY Cergy Paris Université, affirme Le Collège, question profondément politique. La transformation du collège peut-elle s’envisager en dehors d’une réflexion préalable sur le projet de société à laquelle nous souhaitons préparer les élèves au fil de leur scolarité ? Ne pas poser cette question préalable, conduit à proposer des reformes qui, faute de finalité explicite, ne changeront pas fondamentalement la donne.”

 

Côté religion, ça bouge aussi. “L’inspecteur général et philosophe Mark Sherringham, 66 ans, a été nommé président du Conseil supérieur des programmes (CSP) par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, le 4 février. Normalien, agrégé de philosophie – il est l’auteur d’une maîtrise surLa Liberté chez Marx et d’une thèse sur Les Trois Paradigmes de la philosophie esthétique -, cette personnalité discrète fait l’objet, depuis cette nomination, de critiques venues des syndicats enseignants mais aussi du candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot. En cause? Ses positions, en 2009, dans l’hebdomadaire Famille chrétienne, pour «réintroduire le christianisme dans le débat éducatif».” Il a déclaré : «La place du religieux à l’école est un sujet central». Et pour ces Présidentielle 2022 : l’enseignement catholique livre un programme éducatif clé en main. Rien que moins ! “Autonomie des établissements en matière de recrutement et de programmes, revalorisation salariale contre annualisation du temps de service, élargissement aux élèves du privé des aides pour la cantine… C’est un enseignement catholique offensif qui a adressé mardi 22 février ses propositions aux candidats à l’élection.” par Denis Peiron dans La Croix.

Le Sénat s’en prend à Jean-Michel Blanquer. “Les sénateurs ont remis mercredi un rapport d’information qui fait l’inventaire des mesures prises pour l’école depuis cinq ans.” Sylvie Lecherbonnier pour Le Monde le résume : Des réformes « menées dans la précipitation » et « mal accompagnées » : les sénateurs critiquent le quinquennat de Blanquer. Et pour Vousnousils, « La relation entre les personnels de l’Education nationale et leur ministre est fortement dégradée ». “Une politique menée « dans la précipitation », donnant l’impression de « naviguer à vue » : une mission d’information du Sénat dresse un bilan sévère de l’action de Jean-Michel Blanquer.”

Enfin, une petite musique commence : Profs: vers la fin du CDI à vie?Pour enrayer la perte d’attractivité du métier, les candidats à la présidentielle cogitent à tout-va”. Pas sûr que celle-ci fasse envie.

 

Éducation

Éducation aux médias et à l’information : la généralisation, et après ? Par Divina Frau-Meigs, Professeur des sciences de l’information et de la communication, Auteurs historiques ? The Conversation France. Depuis 2018, l’éducation des jeunes et des adultes aux médias numériques et à l’information en général fait l’objet d’un regain d’intérêt remarquable, dû à l’urgence de la lutte contre les infox et la circulation des discours de haine. Cela s’est traduit par une salve de textes officiels.

Devenue une obligation pour les États membres dans la Directive service des médias audiovisuels (DSMA), l’« Éducation aux médias et à l’information », ou « EMI », hors et dans l’école, est mentionnée comme un des piliers du Plan d’action contre la désinformation de l’Union européenne. L’OTAN en a fait l’objet de sa « diplomatie culturelle ».”

Dans le cadre d’une mission parlementaire, les députés Frédéric Reiss et Sylvie Charrière formulent plusieurs préconisations afin d’améliorer et de renforcer la politique publique de l’orientation.” Loi avenir professionnel : « la mise en œuvre des dispositions d’orientation est inégale et engendre des disparités territoriales » (Frédéric Reiss, LR). mais réservé aux abonnés.

 

Mais ce sont les mathématiques qui sont Au centre de l’attention, la spécialité maths révèle les faiblesses de la réforme du bac. “Un rapport de l’Igésr et les données de Parcoursup 2021 montrent que les spécialités du lycée nouvelle formule influencent l’orientation des élèves, à la fois dans le choix de la formation du supérieur mais aussi dans la sélection des candidatures par les établissements. Le cas des maths, supprimées du tronc commun, cristallise l’attention. “

Les Martyrmatiques sont ainsi au centre du débat. Cédric Villani “préconise de renforcer de deux heures à quatre heures” le tronc commun. “Selon le mathématicien, médaille Fields en 2010, il faudrait également une option de mathématique “de niveau intermédiaire entre le tronc commun et la spécialité exigeante de première”.” C’est le Début des consultations sur l’enseignement des mathématiques au lycée : “Le déséquilibre du tronc commun est trop flagrant”. “Le ministre de l’Education nationale a créé un comité de consultation chargé de réfléchir à des améliorations sur l’enseignement des mathématiques. Comment perçoit-on cette évolution de l’enseignement de cette matière dans les établissements scolaires ?” 

Supérieur

Parcoursup est toujours sur la sellette. D’un côté,  Le rapport 2022 du comité éthique et scientifique de Parcoursup fait 17 recommandations pour améliorer son fonctionnement. Hiérarchisation des vœux, transparence, information, retour d’épreuves communes et “surbooking” font partie des pistes à explorer.” Et il pointe des Procédure trop longue, pas assez transparente… Des améliorations de Parcoursup sont préconisées. Et de l’autre, “Une mission parlementaire dresse un bilan critique des réformes du quinquennat en matière d’orientation. Elle propose de réintroduire partiellement la hiérarchisation des voeux sur Parcoursup, que les élèves testent la plateforme dès la première et que les professeurs portent pleinement cette compétence.” Les Échos résume ces pistes pour revoir l’orientation des élèves.

Possibilité sans doute rare : “Je veux devenir ingénieur” : à Marseille, une prépa amène les bacs pro vers le supérieur, par Sara Ghibaudo , Lucie Lemarchand. “Les classes préparatoires à l’enseignement supérieur (CPES) offrent à des bacheliers motivés une remise à niveau avant de poursuivre leurs études. Celle du lycée Antonin Artaud, dans le 13e arrondissement de Marseille, a la particularité d’être réservée aux titulaires d’un bac professionnel.”

Côté moyens financiers : Staps: le ministère de l’Enseignement supérieur débloque 5 millions d’euros pour la rentrée 2022. “Depuis deux ans, le mouvement #STAPSOubliés, lancé pour mettre en évidence les nombreuses problématiques de la filière Staps, s’est propagé sur les réseaux sociaux.”

Ressources

Jean-Charles Léon pour les Cahiers pédagogiques présente Le livre du mois du n° 575 : Dictionnaire inattendu de pédagogie. “Philippe Meirieu. ESF sciences humaines, 2021. Encore un dictionnaire ? Oui, mais celui-ci est « inattendu  ».

CANOPE propose une Agence des usages : Dossier Évaluation et numérique . Le bulletin de veille est un document qui présente un travail de recherche d’information, d’analyse et de synthèse sur une thématique donnée.

L’École de la République selon Claude Lelièvre. “Claude Lelièvre vient de publier « L’École républicaine ou l’histoire manipulée. Une dérive réactionnaire » (Éditions Le bord de l’eau, 2022). Un livre bien venu en cette période électorale. Il y convoque les grandes figures républicaines (Buisson, Ferry et quelques autres) pour combattre « les nombreuses représentations fantasmées du passé et tenter de rappeler l’origine des principes républicains et leur contexte. Je propose ici quelques réflexions et questions, suite à la lecture de cet ouvrage à lire, en les articulant autour des trois piliers républicains. Un webinaire à propos de ce livre est organisé par les Cahiers pédagogiques.”  Pour y participer : Les débats éducatifs | Rencontre en viso : C’était mieux avant ! Vraiment ? Le samedi 5 mars à 10h.

L’enseignement privé permet-il aux élèves de mieux réussir à l’école ? C’est loin d’être le cas partout…Un élève ayant un enseignement dans le privé n’aura pas de meilleurs résultats à l’école qu’un élève de l’enseignement public. C’est le constat de l’étude “The public–private debate: school sector differences inacademic achievement fromYear 3 toYear 9?” menée par des chercheurs australiens publiée en début d’année 2022.”

L’Étudiant propose Les outils pour prévenir le décrochage scolaire. “Chaque année, entre 80.000 et 100.000 jeunes sortent des bancs de l’école sans diplôme ni qualification. Un phénomène que la crise sanitaire semble avoir aggravé.”

En 35 ans, les élèves ont gagné deux années d’études. “En 1985, un élève pouvait en moyenne espérer étudier pendant 16,9 années. En 2019, 18,6 années. La baisse des redoublements et un accès plus fréquent au bac permettent aujourd’hui à un élève sur deux d’être diplômé de l’enseignement supérieur.”

Et surtout, en particulier pour celles et ceux qui ont repris ou qui vont reprendre, Eduscol a installé un page pour Évoquer la crise ukrainienne avec les élèvesLa crise ukrainienne et ses répercussions internationales peuvent susciter des questions de la part des élèves. Les ressources sélectionnées proposées ici permettent d’éclairer divers aspects de cette crise, à différentes échelles de temps. Elles peuvent servir aux professeurs de support pour échanger avec les élèves, afin de les aider à mieux en comprendre les enjeux géopolitiques, économiques, culturels et humains.”

Bon courage à toutes et à tous.

Bernard Desclaux

Sur la librairie des Cahiers pédagogiques

N° 574 – Ce qui s’apprend en EPS

Mal reconnue, bien qu’obligatoire à tous les niveaux, l’EPS contribue à l’acquisition du socle commun, donne accès à des pratiques motrices et à la culture physique, sportive et artistique, tient une place de choix dans l’entretien de la santé et du bienêtre, contribue à l’égalité entre les filles et les garçons et à l’inclusion.

 

 

 

N° 573 – Les maths, est-ce que ça compte ?

 

Tous les acteurs de l’enseignement se trouvent confrontés à la question des « bases » ou des « fondamentaux » : pour effectuer des choix dans les programmations, pour remédier aux difficultés d’élèves, pour proposer des évaluations. Quelles sont les mathématiques que l’on doit enseigner aujourd’hui ?