On a fait du rangement au CDI pendant les vacances ; à la rentrée, je parcours les manuels, les anciens livres qu’on va mettre à la réserve.
Et je tombe sur la fameuse Lettre à ceux qui aiment l’école. Comme cela semble loin ! Une dizaine d’exemplaires auxquels personne n’a touché. Je repense à cela en lisant cet ouvrage sur notre ancien ministre, dû pour l’essentiel à un des meilleurs journalistes spécialisés en éducation, ouvrage qui est une véritable charge au vitriol. On s’amusera de la comédie du pouvoir, des anecdotes savoureuses et souvent cruelles, on se demandera peut-être (comme le font les auteurs dans le prologue) quel est l’intérêt de publier un tel livre sur quelqu’un qui ne compte plus guère aujourd’hui, mais on en trouvera peut-être la justification dans ces pages très justes où les auteurs fustigent tout ce que la politique de Luc Ferry a pu avoir de régressif (en particulier le recul des ambitions en matière culturelle, la mise à mort sournoise du Conseil national de l’innovation). Et, au-delà du cas Ferry, on peut, hélas, continuer à constater qu’un ministre peut, dans notre République encore trop monarchique, transformer telle préoccupation personnelle, telle idée surgissant soudain dans son esprit, en décision politique ou en circulaire. Que ce soit par exacerbation de l’ego d’un « éternel jeune homme » ou par électoralisme…

Jean-Michel Zakhartchouk


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