A quoi servent les écrits de travail, ou les écrits intermédiaires des élèves ?

Dans les classes, tout au long de la scolarité, les élèves écrivent. Ils écrivent dans toutes les matières. Et pas seulement pour apprendre à écrire, ni seulement pour faire des exercices et pour garder des traces à la fin d’une leçon… Ils écrivent à tous les moments des apprentissages. Ils écrivent pour mieux raisonner, se préparer à confronter des idées et des arguments. Ils écrivent pour venir à bout de tâches complexes. Ils écrivent pour prendre du recul sur leur vie à l’école, réfléchir aux règles collectives ou préparer leur orientation. Des écrits imparfaits, des écrits d’étape…

Ainsi, ces écrits peuvent servir par exemple à lister des idées, élaborer une trame ou un plan, rassembler des mots et expressions en vue de produire un écrit narratif ou argumentatif. Ils permettent de noter des hypothèses, des réactions, des questions lors de la découverte d’une notion nouvelle. Ils peuvent aussi servir à faire le point sur les connaissances ou les représentations sur une question avant de l’aborder, et à faire un bilan de savoir après. Ils permettent aux élèves d’échanger, de se poser les uns aux autres des questions, de collaborer dans une résolution de problème. Ou encore, en dehors des apprentissages strictement disciplinaires, ils permettent une expression personnelle qui serait difficile à l’oral devant tout le groupe classe ou parce que cela concerne le groupe classe. Ils peuvent aider les enseignants à mieux réguler les affects ou les problèmes de groupe (ou simplement à en prendre conscience) et aider les élèves à les surmonter ou à faire des propositions pour la vie de la classe.

Sont-ils utiles dans toutes les disciplines ?

Nous avons reçu des récits d’expériences dans de nombreuses disciplines et à tous les niveaux de l’enseignement, sauf en EPS ni en musique, ce qui ne signifie pas que les collègues de ces disciplines ne font pas écrire leurs élèves. Ces écrits de travail sont utiles dans toutes les situations où l’on a besoin de faire réfléchir les élèves, notamment pour résoudre des problèmes.

Mais le but du dossier est aussi de montrer à quelles conditions ces situations se révèlent fécondes.

Est-ce que l’utilité de ces écrits fait consensus ? Quels en sont les enjeux ?

Ceux qui pratiquent ces types d’écrits sont convaincus qu’ils apportent des progrès dans la réflexion des élèves et contribuent de manière importante aux apprentissages, on le voit dans le dossier ! Les enseignants sceptiques mettent plutôt en avant le caractère chronophage de ces écrits. On ne peut pas nier qu’il faut du temps pour installer ces pratiques. Les élèves aussi peuvent être réticents et ont besoin d’être encouragés.

Le dossier aborde également les liens entre ces écrits de travail et l’oral…
L’oral est trop souvent considéré comme spontané. Certains articles du dossier montrent au contraire que, pour préparer des prestations orales de qualité ou des réflexions plus approfondies, le passage par des écrits intermédiaires est très utile. Et à l’inverse, s’appuyer sur l’oral aide à entrer dans la culture écrite.

Propos recueillis par Cécile Blanchard


A lire également sur notre site :

Enseigner avec l’écrit, retour sur la conférence de consensus du Cnesco et de l’IFE, par Hélène Eveleigh.

Pour penser, apprendre et se construire, avant-propos du n° 544, par Jacques Crinon et Hélène Eveleigh.

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