Au début de l’ouvrage, écrit pour l’Unesco, l’auteur, inspecteur général, s’étonne : comment se fait-il que la question des contenus d’enseignement du secondaire soit finalement si peu abordée, « éternels oubliés des politiques éducatives » ? Pour lui, en réalité, elle ne se pose pas tant qu’on est dans un système élitiste où les contenus servent d’abord à sélectionner ou à exercer ceux qui ont été sélectionnés. Avec la démocratisation et l’ouverture du système à tous, on ne peut pas ne pas s’intéresser aux contenus, si on veut être cohérent, d’où par exemple en France l’émergence du thème du « socle commun » et de la « culture commune ».
R.-F. Gauthier soulève un grand nombre de problèmes essentiels : comment associer des contenus trop souvent disjoints, comment dépasser le cadre strictement disciplinaire, comment « enseigner l’action » (dans une école qui tient l’action en lisière et préfère la contemplation du monde ou la spéculation), comment entrer pleinement dans une logique de compétences, comment rompre avec une logique évaluatrice reposant sur des notes et la « tyrannie de la moyenne »… De nombreuses pistes sont ouvertes, bien loin des retours en arrière nostalgiques et des discours convenus sur la nécessité de « retrouver des repères ».

Jean-Michel Zakhartchouk


Ce livre n’est pas en vente. Il peut être téléchargé librement sur le site de l’Unesco.