Le ministre de l’éducation nationale ne cesse d’affirmer, et c’est une bonne chose, la nécessaire professionnalisation du métier enseignant. Il ne faudrait pas que certaines décisions contrarient cette affirmation.

La place des concours de recrutement dans le cursus et leurs contenus est décisif.

Il m’apparaît indispensable que dans les compétences évaluées lors du concours, figure explicitement qu’enseigner en école, collège, lycée, général, technologique, professionnel, c’est appartenir à un système éducatif, service public, accueillant tous les jeunes dans leurs diversités, y compris leur situation de handicap, qui est aujourd’hui organisée selon un certain nombre de principes dont le partenariat et le travail avec les parents d’élèves, porteur de valeurs que le jeune aura à s’approprier tout au long de son cursus comme la laïcité, le refus des discriminations, l’égalité hommes-femmes…

Ne pas aborder ces questions lors des concours de recrutement et ne les laisser que lors de l’année d’alternance des stagiaires, c’est alors que l’inverse est une nécessité absolue, risquer que le futur enseignant ainsi recruté se replie sur sa ou ses disciplines…

Toutes les formations généralistes proposées pendant cette phase risquent au mieux d’être ressenties comme un supplément d’âme sans impact sur les représentations du métier, au pire ressenties comme inutiles puisque le concours était déjà réussi. Cela, aggravé pour le second degré, par le fait que c’est toujours la place au concours qui détermine la première note pédagogique de l’enseignant et qu’aucun texte en préparation n’envisage de supprimer cette modalité.

Professionnaliser, c’est permettre aux exigences des concours de recrutement de s’inscrire dans l’ensemble des composantes du métier enseignant. En oublier certaines, pourrait avoir des conséquences considérables dans une période où il est indispensable de réfléchir sur les composantes de ce métier.