La Blanquer(oute) du « sport » à l’école

Un cours de sport à l’école, ce n’est pas la même chose qu’un cours d’EPS (Éducation physique et sportive). Ce n’est pas non plus simplement faire « trente minutes d’activité physique par jour » comme le ministre de l’Éducation nationale a demandé aux professeurs des écoles de le prévoir pour leurs élèves, dans la perspective de l’accueil des Jeux olympiques à Paris en 2024. Mise au point d’un collectif de formateurs et inspecteurs d’EPS, en attendant notre dossier de janvier consacré à ce sujet.

En participant à des prestations physiques médiatisées et en gesticulant en costume devant les caméras de télévision (en février 2021), le ministre de l’Éducation nationale montre une vision certes active mais simpliste de l’éducation physique à l’école. Discipline d’enseignement scolaire obligatoire, l’Éducation physique et sportive (EPS) s’adresse à tous les élèves. Le ministre confond ce qu’il y a à faire avec ce qu’il y a à apprendre.

À l’école, trente minutes d’activité physique par jour c’est bien, mais plus d’EPS, c’est mieux ! Bien sûr, l’éducation physique à l’école contribue à la santé de tous, car elle améliore les fonctions cognitive et physiologiques. Mais ce qui nous semble plus spécifique à l’EPS dans l’école, c’est le corps en mouvement dans un cadre éducatif.

Des contenus accessibles à tous

Pratiquer « des activités physiques » chaque semaine durant toute une scolarité fait acquérir des savoirs identifiés par le maître et les élèves et construit une aisance corporelle et sociale. Dès lors, la responsabilité de l’enseignant est de concevoir et de transmettre des contenus accessibles à tous qui s’opposent à la seule recherche du « plus haut, plus fort, plus loin ».

Enrichir l’expérience corporelle de tous les élèves est une affaire bien plus compliquée que de les faire bouger dans le cadre d’un cours. Le mouvement est bien plus complexe car il est, à la fois, une efficacité, une compréhension corporelle et une sensibilité personnelle.
Par exemple, les activités d’expression ou de cirque sollicitent les élèves sans avoir à « faire mieux que les autres », sans avoir à se confronter : ils coopèrent, ils agissent, ils créent, ils organisent, ils mettent en scène, ils observent et ils communiquent. De la même façon, l’EPS à l’école primaire qui combine langage et action à travers la lecture, permet l’appropriation active du jeu et des règles.

Reproduire efficacement des formes gestuelles dans un milieu stable, élaborer des stratégies dans le cadre d’une coopération et d’une opposition collective, déséquilibrer tactiquement un adversaire, communiquer un sentiment ou une émotion et adapter son action aux incertitudes du milieu, fondent au regard des programmes 2020 une véritable éducation physique des élèves de la maternelle au lycée.

Le collectif de formateurs et inspecteurs « Polyvalence et EPS »
Brigitte Chevalier (Pyrénées-Atlantiques), Eric Favriou (Mayenne), Christian Frin (Loire-Atlantique), Françoise Gibert (Indre-et-Loire), Jean-François Gibert (Indre-et-Loire), Bernard Ollier (Loire-Atlantique), Dominique Pichot (Mayenne), Jean-Pierre Piednoir (Mayenne), Monique Stievenart (Côtes d’Armor)

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À propos d’EPS, par Olivier Ivanoff

Eduquer à la citoyenneté en EPS, quelques analyses critiques et réflexions, par Jean-François Loudcher, Julien Hoff