« Tiens, si tu veux, lis ce livre pendant les vacances », dit mon amie. En chemin, le titre Dans la classe me saute aux yeux. « Ah non ! pas pendant les vacances ! ». Mais pour le moment, je le tiens et je n’ai rien d’autre à lire dans les transports.

«Etre utile et enseigner» voilà la décision prise par Alain Amariglio après un détour par la direction d’entreprise. Intéressant ! Héritier en ZEP d’un double niveau CE2-CM2, il nous fait vivre son rêve qui, grâce à son humour, ne se transformera pas, dans la durée, en cauchemar.
Et voilà que je veux en savoir plus !

Ses portraits d’élèves sont vivants et attachants : Quentin qui ne veut pas apprendre, Yacouba qui a peur, s’il est méchant, de rester bête, Mamadou qui promet qu’il « va se concentrer de la mémoire », Katia qui ne veut pas être gagnée par la « désabusion », Stella qui, « si elle rate ( elle veut devenir paléontologue), voudrait être Présidente de la république » et Léopoldine (Marlène Dietrich dans Témoin à charge), alternent avec un questionnement pédagogique aigu et juste mais le plus souvent solitaire : rendre les élèves disponibles, réapprendre à penser seul, surfer sur l’enthousiasme des élèves…

Je fais mienne sa question : « Ce métier est-il possible, en vrai ? ». Sa grande intelligence, sa générosité désintéressée, sa sensibilité toute en pudeur, sa passion pour la transmission qui lui permet d’offrir à ses élèves les «merveilles et trésors» dont il est riche : Mythologie grecque, Brassens, Visite du Louvre, du Musée Carnavalet sont autant de réponses à sa question dans une institution qui le laisse sans réponse « Et mes questions ? ». Je n’en reviens pas … c’est déjà fini !

« Un poète, c’est quelqu’un qui parle à moitié en français et à moitié en poésie », avait lancé un jour Amadou. La poésie de l’écriture d’Alain Amariglio en fait un de ces maitres qu’on aurait aimé avoir et que des générations d’élèves (espérons-le) aimeront.

Agnès Pires

 

alain_amariglio.jpg