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Billet du moi

La coopération, une valeur libérale essentielle

Mouvement éducatif de défense de l’entraide en formation

1er avril 2019

Il est temps de dire la vérité. Nombreux sont ceux qui nous ont percés à jour. Nous devons l’admettre : les Cahiers pédagogiques, qui promeuvent la coopération entre élèves, la pédagogie de projet et les méthodes actives, sont en accord avec le MEDEF.


On associe souvent la coopération à l’altruisme, la générosité, l’entraide et l’attention aux fragilités. Ce n’est pas totalement faux. Mais la coopération n’est-elle pas avant tout une valeur libérale, attachée à la notion de liberté individuelle ? Le théoricien de cette idée n’est autre qu’Adam Smith, le célèbre économiste écossais à la source de la théorie de l’homo œconomicus : l’humain agit pour qu’il puisse tirer le profit maximum de toute situation qui se présente à lui. C’est une évidence que toutes nos actions sont dirigées par l’intérêt personnel, sur la base d’un bon ratio coût/bénéfices.

Au niveau des sociétés, la libération des énergies individuelles crée une sorte de « main invisible » qui, par le libre jeu du marché, suffit pour contenter l’intérêt commun. Les marchés fonctionnent au mieux lorsque des individus sont mis en concurrence à grande échelle, et en coopération à l’échelle des unités de travail. Pour démontrer cela, Adam Smith prend l’exemple d’une veste de laine : qui a participé à sa fabrication ? Au départ, les producteurs directs (le berger, le tisserand…), un cercle qui s’élargit ensuite à celles et ceux qui permettent à ces ouvriers de disposer d’outils, puis à celles et ceux qui apportent à ces travailleurs, et à leur famille, de quoi vivre, s’alimenter, voyager… Au final, une simple veste de laine est bien la preuve d’un travail collectif intense, qu’aucune personne n’aurait pu fabriquer seule.

C’est donc grâce à la promotion des libertés individuelles et de la coopération que les plus forts (et les plus riches) contribuent au bonheur et à l’épanouissement des plus faibles (ou des plus pauvres). Les richesses qu’ils apportent ruissèlent vers tous ceux qui ont la chance de vivre au sein de leur même société s’ils savent coopérer en travaillant.

Le rôle de l’école est primordial dans ces logiques collaboratives : il s’agit bien de préparer les élèves aux fonctions qu’ils occuperont en tant que professionnels en développant chez eux des habiletés prosociales. Effectivement, à l’image de l’équipe de France de foot lors de la dernière Coupe du Monde, les entreprises ont besoin de cohésion en leur sein. Un bon collaborateur sait travailler avec ses collègues, écouter l’avis des autres, s’effacer derrière les enjeux stratégiques, respecter l’autorité, être attentif à ses émotions, tenir compte des diverses compétences pour ajuster les siennes, organiser une répartition efficace des tâches, faire preuve de solidarité pour l’image du groupe entier… Introduisons à l’école l’expérience de l’interdépendance par la coopération en pleine conscience, pour une employabilité améliorée de nos jeunes adultes.

Il en va donc de l’avenir de nos sociétés que de préparer la jeunesse d’aujourd’hui au monde du marché de demain. Enseignons la coopération ! Et chassons de l’école toutes les idéologies alternatives qui, au final, ne font qu’entretenir des luttes de classes stériles et participent à notre déclin. Chassons également de l’école tout ce qui pourrait éduquer à la pensée critique, moins réfléchir améliore la performance.

Le Mouvement éducatif de défense de l’entraide en formation [1] (MEDEF)


[1Membres du comité directeur : Pierre Cieutat, Sylvain Connac, Cyril Lascassies, Gwenaël Le Guével, Cécile Morzadec.