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Vive l’école !
Qu’est-ce qui fait « tenir » l’Éducation nationale en cette rentrée ?
La ministre ? Entre la perspective qu’elle ne soit plus en poste passé le 8 septembre – je n’ai pas de boule de cristal, mais c’est ce qui se profile lorsque j’écris cet édito – et l’invraisemblable usine à gaz qu’elle a dessinée pour le baccalauréat, avec des notes coefficient zéro qui ne seront pas prises en compte pour le contrôle continu et Parcoursup, générant un double bulletin scolaire pour les élèves de 1re et de terminale, rien n’est moins sûr…
Le mantra un-prof-devant-chaque-élève-à-la-rentrée ? Mauvaise pioche aussi, puisqu’il en manque 2 500 cette année, des profs, à ce qu’avoue la ministre.
Les personnels sur le terrain ? Ah ! On tient peut-être une piste ! On les connait, ces enseignants et enseignantes, ces directeurs et directrices, ces chefs et cheffes d’établissement, ces AESH, ces AED et ces CPE qui abordent la rentrée en souriant, pressés de découvrir les nouvelles « bouilles » qu’ils auront à prendre en charge, heureux de retrouver les anciennes. Qui salue leur dévouement remarquable, leur enthousiasme parfois quasi surhumain ? Pas grand-monde, la tendance est plutôt inverse.
Cet investissement a un corollaire, l’usure physique et psychique, dont témoigne, par exemple, le nombre de départs volontaires (ruptures conventionnelles, démissions et détachements), qui, s’il restait à moins de 2 500 en 2021, avait tout de même été multiplié par six depuis 2008.
Gageons que la situation ne s’est guère améliorée sur le front du moral des troupes éducatives en quatre ans. En tout cas, depuis mon poste d’observation du monde de l’éducation, j’entends de plus en plus souvent des annonces de burn-out et des envies de changer de métier.
Aujourd’hui, dominent dans le débat public des propositions pour l’éducation et pour les enfants qui sont inégalitaires, passéistes, pessimistes et étriquées. Plus que jamais, nous entendons, aux Cahiers pédagogiques, réenchanter l’école et ouvrir d’autres imaginaires !



