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Les violences à l’école : un phénomène pluriel, un enjeu éducatif majeur


Dossier coordonné par Kérim Belhadj et Rachel Harent
Les enquêtes de victimation montrent, depuis quelques années déjà, l’importance des phénomènes de violence à l’école. L’école, ses personnels, les élèves font en effet face à des violences diverses, d’intensité variable, mais qui toujours impactent le sentiment de sécurité et la confiance de chacun, la relation éducative et les apprentissages des élèves.

Ces phénomènes sont étudiés depuis les années 1990, et ont fait au fil du temps l’objet de mobilisations plus ou moins intenses. Le plan de lutte contre le harcèlement en est un exemple, où l’institution s’est mobilisée sur un type de violence et a cherché à mettre en place une solution (méthode de la préoccupation partagée). Qu’en est-il aujourd’hui ? Où en sommes-nous des plans mais aussi et surtout des pratiques au sein des écoles, collèges et lycées ?

Même si celui-ci ne peut ni ne doit être négligé, les violences ne se résument pas au (cyber)harcèlement. Ce sont aussi les violences verbales ou physiques, les atteintes à caractère discriminatoire, les agressions sexuelles vécues au sein des établissements, sans oublier les violences éducatives ordinaires, violences physiques (fessées, gifles, secousses), verbales (cris, injures, menaces) et psychologiques (humiliation, culpabilisation, etc.). En outre, l’école reste un lieu de violence symbolique où le sentiment d’injustice prime chez les élèves qui n’en comprennent ni les codes ni les attendus.

La violence, qu’elle soit harcèlement ou non, impacte notre relation aux jeunes, génère une anxiété des parents, mais aussi des CPE, des enseignants et enseignantes et des directeurs et chefs d’établissement qui craignent de se voir reprocher un manque d’action et de sanction. Comment prendre en compte les injonctions d’une société parfois contradictoire entre éducation et répression ?

Les violences à l’école traversent notre quotidien professionnel ; cela nécessite d’y réfléchir pour mieux accompagner les élèves et les personnels. Ce dossier sera l’occasion, sans chercher l’exhaustivité des situations, d’aborder les violences en milieu scolaire, de mettre en réflexion les pratiques et de partager ce qui se fait pour permettre à tous, élèves comme personnels, d’apprendre et de travailler dans de bonnes conditions.

Comment construire un climat scolaire apaisé, sans tomber dans le piège d’une école-bagne ou d’une gestion sécuritaire ? Quelles pratiques permettent d’anticiper, de prévenir, de réguler les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en violences ? Quelles pédagogies, quels dispositifs (élèves médiateurs, justice restaurative, coéducation, coopération, etc.) permettent de désamorcer les conflits et de renforcer la solidarité ? Comment éviter que les plans (pHARe, protocole punitions-sanctions, etc.) ou chartes de bonne conduite ne soient que des rustines ou des effets d’annonce ? Comment faire face à la judiciarisation montante des situations ? Comment articuler éducation et droit, sans nier la gravité de certaines situations ?

Nous souhaitons aussi questionner les violences comme symptôme ? Que nous disent ces violences de l’école, de la société, des inégalités, des pédagogies ? Comment les aborder sans les naturaliser ni les diaboliser ? Quelles places pour les parents, les élèves, les équipes ? Comment impliquer tous les acteurs sans tomber dans le « tous coupables » ou le « chacun pour soi » ?

Nous recherchons des contributions variées : des articles théoriques, des témoignages de terrain, des analyses de pratiques pédagogiques, des entretiens, des éléments de bilan. Et nous aimerions aussi recueillir des témoignages d’élèves et d’étudiants. Vous vivez ces situations, vous vous êtes posé certaines de ces questions : nous attendons vos propositions de contribution sous forme de résumé de cinq à dix lignes avant le 20 juin. Précisez qui vous êtes et expliquez ce que vous souhaitez développer dans votre article. Les textes définitifs devront être finalisés pour octobre 2026. La publication est prévue en avril 2027.

N’hésitez pas à vous lancer, nous vous aiderons à mener à bien votre projet d’écriture !

Les propositions sont à envoyer conjointement aux deux coordonnateurs du dossier :

kerim.belhadj[at]cahiers-pedagogiques.com

rachel.harent[at]cahiers-pedagogiques.com