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L’école au cœur de la transition écologique
Corinne Martel et Sylvain Wagnon, ESF, 2026L’une est inspectrice dans le premier degré (et aussi docteure en écologie), l’autre chercheur et historien. Ils proposent ici ce qu’ils nomment en sous-titre des « outils et perspectives pour l’éducation du XXIe siècle ». Ils s’appuient pour cela sur nombre d’initiatives et de résultats de recherche.
Dans une intéressante préface, David Wilgenbus, qui dirige l’Office for Climate Education, montre l’importance pour l’école de participer à la transition écologique, en particulier en évitant de noyer les questions climatiques dans le champ un peu fourre-tout du « développement durable ». Pour lui, le rôle de l’école est avant tout d’éduquer les futurs citoyens dans cette perspective, ce qui nécessite d’impliquer de manière active les élèves. On est loin du compte cependant, quand « seuls 2 % des programmes scolaires intègrent véritablement la thématique du changement climatique », même si les évolutions vont dans le bon sens.
Après un rappel historique, les auteurs montrent la nécessité mais aussi les difficultés de l’« écologisation de l’éducation et de l’école ». Ainsi, les approches disciplinaires restent parcellaires, quand une approche globale et systémique s’avère nécessaire. Et l’enseignement « frontal », qui reste dominant, « laisse peu de place à des méthodologies actives, participatives et expérientielles ».
De manière peut-être trop rapide, les auteurs analysent quelques pratiques pédagogiques, et notamment interdisciplinaires, permettant de dépasser l’éducation au développement durable « classique » en la reliant aux défis écologiques actuels. Sont mis en avant la coopération, les débats en classe, la mise en place de comportements durables.
La partie sans doute la plus riche de l’ouvrage concerne davantage « l’écologisation des espaces scolaires », que ce soit les établissements ou les territoires éducatifs au sens large. Nombre d’actions concrètes sont citées, parfois avec photos à l’appui : réduction de la consommation d’eau, lutte contre le gaspillage alimentaire, verdissement du bâti, végétalisation des cours de récréation. « Des écoles plus sobres en énergie, mieux isolées et conçues avec des matériaux durables incarnent les valeurs qu’elles enseignent […] en apprenant aux générations futures à prendre soin de leur environnement. »
Les chapitres 5 et 6, les plus concrets du livre, précisent ce que peut être une action territoriale qui dépasse le cadre scolaire, avec notamment l’explicitation de la notion de « territoire à hauteur d’enfant », qui renvoie aussi à la complémentarité éducative et peut s’appuyer sur les PEDT (projets éducatifs de territoire).
Le dernier chapitre met en avant les enjeux éthiques : promotion de la solidarité, par exemple intergénérationnelle, compréhension de notre responsabilité vis-à-vis de l’environnement, participation au bien commun.
Des ressources diverses sont recensées en fin d’ouvrage (on pourra regretter l’absence de référence aux dossiers des Cahiers pédagogiques sur la question !).
Puisse ce genre d’ouvrage, parmi d’autres allant dans le même sens, inciter à ne pas traiter les questions environnementales comme des activités en marge des soi-disant « fondamentaux » (quand on ne considère pas qu’elles font « perdre du temps ») et à mettre en œuvre les bonnes intentions qu’on trouve encore davantage dans les textes que dans les pratiques effectives.


