Désireux de dépasser les polémiques stériles et les combats où les coups pleuvent bas, les organisateurs d’un colloque universitaire, en septembre 2003, ont voulu, sur cette importante question de l’incontestable « crise » de ce qu’on appelle la culture scolaire, réunir des personnalités ayant des points de vue parfois aux antipodes quant au diagnostic et donc quant aux réponses. Et c’est le mérite de ce livre de réunir des textes d’auteurs souvent classés parmi les pourfendeurs de la pédagogie (nommée « pédagogisme »), mais s’exprimant ici avec modération et en restant toujours sur le terrain du débat (ainsi Michel Le Du ou Philippe Raynaud) et d’autres qui ne se situent pas du tout dans cette perspective (tel François Dubet). La présence d’analyses historiques lucides et nuancées, et surtout étayées, telles celle d’André Chervel ou de Marie-Madeleine Compère ajoute à l’intérêt de l’ouvrage.
Dans une première partie, sont examinées les mutations de la culture scolaire… depuis l’Antiquité. Puis est abordée la question de la pédagogie et des disciplines scolaires (très intéressante analyse d’A.-M. Chartier sur la lecture à voix haute), puis la question de la démocratisation est traitée contradictoirement par Dubet, Rochex, Mosconi et Kambouchner, avant que des échos de tables rondes soient présentés dans la dernière partie (on aurait aimé sans doute une présence plus forte de débats entre les intervenants). À la fin de livre, on n’en saura sans doute pas beaucoup plus sur « ce qu’il faudrait faire », mais on aura confronté des regards divers. Même si par moments les analyses paraissent bien abstraites (si bien qu’on ne sait plus très bien si on est d’accord ou pas avec l’auteur de la contribution), on ne peut que saluer cette volonté de proposer aux auditeurs du colloque puis aux lecteurs de vraies discussions, de fond, ce qui change des anathèmes. Malheureusement, ce genre d’initiatives est trop rare…

J.-M. Zakhartchouk


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