Des apprentissages pour la vie

À l’heure où l’EPS (éducation physique et sportive) fête les quarante ans de son intégration à l’Éducation nationale dans le second degré, ce dossier arrive à point nommé. Il montre la complexité et la diversité des apprentissages qui donnent toute son épaisseur à cette discipline, et combien les élèves en ont besoin pour faire face aux enjeux sociétaux contemporains. L’EPS, dans un contexte sanitaire qui repositionne le corps et la santé au cœur des préoccupations, réaffirme ses ambitions scolaires qui ne peuvent se réduire à un temps quotidien de pratique physique1 et dépassent largement la dimension motrice (certes très importante) pour contribuer à la formation du citoyen du XXIe siècle, comme le demandent les programmes officiels.

Le choix de nous centrer sur l’activité des élèves qui agissent, explorent, coopèrent et s’engagent dans des situations réelles de classe donne à voir la richesse des nombreux apprentissages intimement imbriqués au développement de la motricité. Professeurs, conseillers pédagogiques et formateurs exposent et analysent des situations où ils prennent les élèves tels qu’ils sont, dans toute leur diversité, et déployant souvent des trésors d’ingéniosité et de créativité pédagogiques, les amènent à dépasser leur retenue, leur handicap ou les obstacles premiers pour s’éprouver, persévérer et apprendre.

Ce qui s’apprend en EPS se déploie dans des cycles et projets porteurs de significations inscrites dans une approche du sensible, et dans la première partie, on voit combien la dimension subjective est importante. Les émotions, agréables ou inconfortables, au cœur des apprentissages, peuvent être vues dans la dimension genrée des activités physiques sportives et artistiques (APSA), dans le rapport aux autres, mais aussi à l’environnement. Des enseignants disent aussi comment ils proposent de les mettre en mots, à l’oral et à l’écrit, pour que les élèves soient peut-être plus conscients de ce qu’ils éprouvent en pratiquant.

La deuxième partie donne à voir des apprentissages qui ouvrent les portes de l’autonomie, avec une dimension inclusive lorsque des élèves en situation de handicap ou à besoins éducatifs particuliers accèdent, comme leurs camarades, à des apprentissages qui nécessitent savoirs techniques et stratégies pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Et là aussi, le passage à l’écrit devient un outil pour que l’élève prenne conscience de ce qu’il fait, de ce qu’il apprend ou améliore. Les façons de faire et les outils adaptés, tout au long des séquences d’apprentissages, favorisent une relation raisonnée à l’effort, et donnent à l’élève et à l’enseignant une lecture fine et partagée de la motricité en jeu.
La troisième partie met en lumière des savoirs et des méthodes que les élèves acquièrent en EPS, développant ainsi des dimensions essentielles pour leur réussite scolaire, comme l’estime de soi, levier puissant d’engagement et de progrès. L’apprentissage des règles, intégrant persévérance, dépassement de soi et collaboration, des petites classes au lycée professionnel, favorise l’engagement.

Alors oui, on peut dire que ce dossier célèbre avec un enthousiasme que nous espérons communicatif la place incontournable de l’EPS à tous les niveaux de l’école.

Sabine Coste
Formatrice Inspé de l’académie de Grenoble, antenne de Chambéry
Jacky Wattebled
Conseiller pédagogique de circonscription, ville d’Eu (Seine-Maritime)

Article paru dans le n° 574 des Cahiers pédagogiques, en vente sur notre librairie :

 

 

Ce qui s’apprend en EPS

Coordonné par Sabine Coste et Jacky Wattebled
Mal reconnue, bien qu’obligatoire à tous les niveaux, l’EPS contribue à l’acquisition du socle commun, donne accès à des pratiques motrices et à la culture physique, sportive et artistique, tient une place de choix dans l’entretien de la santé et du bienêtre, contribue à l’égalité entre les filles et les garçons et à l’inclusion.


Notes
  1. https://eduscol.education.fr/2569/30-minutes-d-activite-physique-quotidienne