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Appel clos – Démocratiser la philosophie

Dossier coordonné par Johanna Hawken et Camille Roelens

À l’école, en bibliothèque, au cinéma, au centre social, dans la rue ou au café, il n’est pas rare désormais d’apercevoir des groupes de personnes plongées dans d’immenses réflexions philosophiques sur des questions qui nous intéressent toutes et tous. Pourquoi existe-t-on ? Avons-nous tous la même liberté ? Une loi peut-elle être injuste ? Et bien d’autres encore.

De multiples pratiques philosophiques contemporaines tentent de réinventer les formes et les espaces afin que toutes et tous puissent philosopher, à tous les âges. Ces pratiques s’inscrivent dans la volonté de démocratiser la philosophie. La philosophie pour toutes et tous : oui, mais à quelles conditions ? Faut-il et comment créer de nouvelles façons de philosopher, à tout âge ?

Alors que l’enseignement de la philosophie occupe en France une place singulière dans le parcours scolaire – forme de couronnement ou de cerise sur le gâteau terminal –, elle devient ici une pratique et un apprentissage qui peuvent avoir lieu autant en classe de Terminale qu’ailleurs. Mais qu’apprend-on en philosophant ? Lorsque cet apprentissage a lieu à l’école, quels liens entretient-il avec les autres disciplines ?

Quelles formes prennent les pratiques philosophiques ? Comment philosopher avec les enfants, les adolescents, les adultes, voire les adultes actifs et retraités ? Certaines formes ont été théorisées, notamment la communauté de recherche philosophique des Américains Lipman et Sharp (dans les années 1970) ou la discussion à visées démocratique et philosophique de Michel Tozzi (dans les années 1990). Mais sur le terrain, les expérimentations foisonnent.

Dans ce dossier, nous souhaitons mettre au jour la diversité des pratiques philosophiques : diversité des outils et dispositifs, diversité des formes (donnant plus ou moins de place à l’oral, à l’écrit, au jeu, à la culture), diversité des acteurs et actrices (enseignants et enseignantes, animateurs et animatrices, philosophes, éducateurs et éducatrices, etc, diversité des lieux (écoles, lycées – y compris professionnels ou agricoles, maisons de la philo, centres de loisirs ou de vacances) et diversité des intentions (par exemple : développer la pensée critique, atteindre le bonheur ou éduquer à la citoyenneté).

Cette pluralité semble féconde, déstabilisante mais aussi propice aux controverses. En effet, elle interroge l’essence même du philosopher. Comment distinguer un dialogue philosophique d’un débat de société, d’une leçon de morale ou d’un cercle de parole ? Comment dessiner les contours du philosopher ? Quel est le but de la philosophie ? À quels besoins répond-elle, à l’école et dans la cité ?

Afin de mieux comprendre les enjeux de la démocratisation de la philosophie, nous souhaitons réunir dans ce dossier non seulement des contributions de théoriciens et théoriciennes et de praticiens et praticiennes de la démocratisation de la philosophie, mais aussi des textes émanant de bénéficiaires (élèves et publics) de ces démarches.

Adressez vos contributions sous forme de résumé (10 à 15 lignes) avant le 30 septembre 2025 à la coordinatrice et au coordinateur du dossier :
johanna.hawken[at]cahiers-pedagogiques.com
camille.roelens[at]cahiers-pedagogiques.com