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Politiser la pédagogie

Couverture du numéro 607, « Enseigner l’Europe »

Cécile Blanchard

En année électorale, on se prend à espérer que les politiques éducatives seront un sujet de débat public et qu’enfin de véritables projets seront annoncés pour l’éducation, fixant un cap clair et ne se cachant pas derrière une fausse technicité et une pseudo-neutralité pragmatique.

À moins d’un an de l’élection présidentielle, nous avons déjà eu droit à quelques déclarations plus ou moins retentissantes, plus ou moins crédibles, mais surtout portant des promesses isolées, sans vision d’ensemble.

Cela manque de projets qui annoncent honnêtement la couleur : celle de l’école de toutes et tous et pour toutes et tous, ou celle de l’école élitiste, qui trie, sélectionne, élimine.

Car derrière chaque choix pour l’école et l’éducation, il y a une représentation de la société, et des valeurs.

Les nôtres sont sur la table, dans tous nos articles : nous professons que tout enfant est éducable, que tout enfant a le droit qu’on l’amène au maximum de ses possibilités, que seuls ne comptent pas les « fondamentaux » au nom desquels on en reste au « rudimentaire » pour toute une partie des élèves, et que la parole des élèves doit être prise en compte.

Former les élèves à l’esprit critique, à la coopération, à l’écocitoyenneté, leur donner la parole, trouver tous les moyens de leur faire apprendre les savoirs et maitriser les compétences dont ils et elles auront besoin dans le monde si complexe de demain, les rendre acteurs de leur parcours, apprendre tous et toutes ensemble sans sélection ni discrimination : rien de tout ça n’est neutre.

Vouloir revenir aux méthodes dites traditionnelles, à l’ « autorité du maitre » et à la blouse (le retour à l’uniforme ne pouvant se faire puisque celui-ci n’a jamais existé dans l’école publique française), ne jurer que par les automatismes et les exercices répétitifs, par les notes et les classements, ça n’est pas notre vision d’une école émancipatrice, épanouissante, qui forme de futurs citoyens éclairés et capables de prendre des décisions pour l’intérêt général.

Plus que jamais, en 2026-2027, la pédagogie, c’est politique !

Cécile Blanchard

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Couverture du numéro 607, « Enseigner l’Europe »