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Recension parue dans le N° 393 d’avril 2001

Réussir l’éducation civique au collège

Martine Champeaux, Loïc Doléans, Michel Héron, Guy Lagelée, Jean-Claude Polton, préface de Marie-Françoise Cénat, avant propos de François Audigier. Collection « repères pour agir », CRDP de Créteil, 2000.

12 avril 2001

Dans cet ouvrage collectif, les auteurs croisent leurs expériences professionnelles et répondent aux orientations globales de la collection articulant réflexion théorique et exemples de mise en pratique. L’avant-propos, invite les professeurs à « entrer en citoyenneté ». En quelques pages, ce qui apparaît souvent aux professeurs comme une boîte noire d’où surgissent d’infaisables programmes, est décrit comme un groupe formé de spécialistes à la recherche d’un compromis répondant aux projets politiques et sociaux du moment : clin d’œil avant d’entrer dans le sujet lui-même.

L’introduction souligne les particularités de l’éducation civique, « sujet et objet de débat », même si elle est actuellement une discipline scolaire de l’élémentaire à la fin du secondaire. Quelle place lui donner puisqu’elle se situe à l’articulation d’une discipline et de la vie scolaire ? Qui doit l’enseigner ? Une remise en perspective historique montre la « recherche permanente » dont cette discipline a été l’objet jusqu’aux programmes actuels qui sont introduits comme une réponse à mettre en œuvre mais une réponse qui devra s’adapter aux inévitables changements de la demande politique et sociale.

Analysant les programmes, les auteurs retiennent trois finalités - socialiser, communiquer et faire intégrer des valeurs, transmettre des connaissances juridiques et institutionnelles - une orientation pédagogique à privilégier : la conceptualisation et l’indispensable articulation entre la discipline enseignée par le professeur d’histoire-géographie et le projet éducatif « qui engage tout l’établissement ». Ces divers impératifs sont repris et explicités par des tableaux ou des schémas tel celui sur « droits et liberté » montrant la cohérence et l’articulation des concepts en cinquième et en quatrième.

Les professeurs, rebutés par l’introduction du droit dans les programmes, liront avec profit les pages qui explicitent ce choix et insistent sur le fait que l’initiation au droit accompagne le passage de la personne au citoyen, confronté forcément à « des situations juridiques générant des effets juridiques ».

Enfin, et ce n’est pas le moindre mérite de l’ouvrage, le « comment faire » tient une large place, étude de cas, débat, dossiers, panneau, analyse de documents audiovisuels, appel à des intervenants extérieurs, visites, autant de situations pédagogiques qui sont analysées à partir d’exemples en y incluant l’évaluation. Vingt-quatre séquences illustrent à la fois l’approche conceptuelle de tel ou tel sujet au programme et l’une des méthodes pédagogiques proposées. La bibliographie et le carnet d’adresses viennent en complément.

Un livre indispensable au collège mais à recommander à tout professeur, de l’école élémentaire au lycée, pour les pages de réflexion sur l’éducation civique, les méthodes pédagogiques, l’évaluation ou l’approche conceptuelle.

Il faudra un peu de courage car la typographie et la forme sont parfois un peu austères et beaucoup d’optimisme car tout invite à un travail d’équipe dans un projet éducatif. Un ouvrage ambitieux qui se situe lui aussi à une articulation : celle du savoir savant pédagogique et de la pratique de classe.

Colette Crémieux