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Recension parue dans le N° 379 de décembre 1999

Modèles en conflit et stratégies cognitives - Esquisse d’une psychologie de la raison

Michel Sanner, De Boeck, 1999

14 décembre 1999


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Le titre de l’ouvrage de Michel Sanner devient lumineux lorsqu’on ouvre le livre, alors que de premier abord l’intitulé est aride. De quoi s’agit-il ? D’une mise en discussion " des modèles de la théorie de la connaissance et de la didactique pour déboucher sur l’idée de stratégie et réclamer la place de l’imagination poétique pour une éducation intellectuelle et affective qui relie éducation et instruction. " Il s’agit de discuter de la psychologie cognitive afin d’en proposer des prolongements, tant, pour l’auteur, il s’agit d’une " interprétation froide de la cognition opposée à la conception bachelardienne d’une psychologie de la raison ", tant elle n’est " que l’expression du réductionnisme envahissant qui manifeste aussi la prééminence d’une certaine conception de la science ". Puisant à une pluralité d’auteurs dont il montre les apports (Freud, Bachelard, Berlyne, Piaget, Bruner, Vygotsky, mais aussi les didacticiens d’aujourd’hui), Michel Sanner défend de manière générale, une idée de Philippe Meirieu qu’il rappelle : " arrangeons-nous pour tout analyser, (pour tout prévoir, pourrait-on ajouter), en laissant, pourtant, place à l’imprévisible ".

Un ouvrage susceptible de mettre en perspective une réflexion didactique encore trop peu ouverte avec le mouvement des idées qui l’a précédée et avec les apports contemporains de différents courants actuels des sciences humaines et sociales. Un ouvrage qui défend l’aléatoire, l’inopiné, l’impromptu, le soudain ; qui souhaite en conséquence développer l’imagination poétique afin que les stratégies didactiques restent des systèmes ouverts. Un ouvrage que n’aurait pas renié Boris Vian, ingénieur poète, même si Michel Sanner, fait davantage référence à Lewis Caroll, tant l’éloge de raison qui en émane n’exclut pas, mais au contraire appelle, un éloge de la dérision. Un plaidoyer pour qu’existent des didacticiens sérieux qui ne se prendraient pas au sérieux tant ils seraient conscients de nécessité et simultanément des limites de leurs entreprises.

Michel Develay


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