Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Au coeur de la formation (3/5)


Reportage à l’ESENESR

Au coeur de la formation (3/5)

La formation des personnels scolaires, l’innovation pédagogique et le numérique

19 novembre 2014

Comment s’organise l’école des cadres de Poitiers ? Après la logistique, les témoignages de chefs d’établissements stagiaires, la formation des chefs d’établissements et celle des inspecteurs, voici une présentation de la formation des personnels scolaires, de l’innovation pédagogique et du numérique.


L’ESEN en cinq tableaux :

**La logistique (1/5)
**Témoignages et formation des chefs d’établissements, formation des inspecteurs (2/5)
**La formation des personnels scolaires, l’innovation pédagogique et le numérique (3/5)
**International et partenariats, enseignement supérieur et recherche et deux témoignages de chefs d’établissements stagiaires (4/5)
**Le centre de ressources, le secrétariat de direction et le directeur de l’école (5/5)

Thierry Revelen, chef du département des formations de l’enseignement scolaire, apporte avec lui un souffle de bonne humeur et de fraicheur, qui contraste avec la lourdeur attendue de ses fonctions : il est en charge de la formation statutaire, continue et de l’adaptation à l’emploi des cadres pédagogiques, administratifs et de santé. 25 400 journées de formation l’an dernier, une peccadille...

JPEG - 84.4 ko
Thierry Revelen

Issu de l’orientation, Thierry Revelen a été directeur d’un CIO et a même participé à la mise en place de la plateforme d’APB, Admission post-bac. A l’ESENESR depuis 2008, il met aujourd’hui en œuvre le plan national de formation, qui tourne en ce moment particulièrement autour de l’éducation prioritaire, du climat scolaire, des risques psychosociaux, de la gestion de crise, en partenariat avec le ministère de l’intérieur, la gendarmerie. « Ce qui est important, c’est de soutenir le travail des uns et des autres en mettant l’accent sur le management de proximité. D’où l’idée de renouveler la formation à distance, mais avec comme point clé au sein des parcours numériques d’y trouver toujours la présence de l’humain, avec un accompagnateur expert. C’est indispensable pour soutenir la motivation. »

Thierry Revelen s’anime. Pour lui, les métiers de l’encadrement sont en train de changer : « On est en train d’éroder la distinction entre le pédagogique et l’administratif, qui accentue le risque de décrochage des élèves, toujours multifactoriel. Le métier enseignant, en zone prioritaire notamment, s’ouvre dans ce sens, avec les professeurs d’appui.  » Reste, selon Thierry Revelen, le problème de l’évaluation. On sait préférables les inspections croisées, et l’évaluation de toute une unité par des extérieurs, et par une auto évaluation puis un dialogue autour des résultats : « Si l’analyse des problèmes relève du niveau académique, les réponses relèvent du local. Chaque établissement devra ensuite se trouver ses solutions localement, dans les universités, auprès d’experts du territoire, dans les associations comme celles du CAPE, le collectif des associations partenaires de l’école,. Cela appelle des réponses originales et pour cela, il est important pour les cadres et les équipes de lire, lire beaucoup, pour se renouveler. »

Qu’est-ce qui fait un bon cadre ? Thierry Revelen sourit. Être un bon cadre relève pour lui d’un subtil dosage de créativité, de réactivité et de sens du politique, cette capacité à prélever les données importantes dans un contexte, pour s’y situer. « Cela demande d’être attentif à ce qui entoure, de prendre le temps. De se taire. » Voilà qui ne ressemble encore une fois pas à du protocole d’usine...

JPEG - 57 ko
Olivier Dulac

Olivier Dulac, responsable de l’innovation pédagogique et du numérique, nous rejoint. Sa complicité avec Thierry Revelen est évidente. Sans doute un beau duo de travail. Une particularité d’Olivier Dulac ? Le département dont il s’occupe est en cours de préfiguration, mais fonctionne déjà à plein régime… Ses différentes composantes (site web ; pôle innovation ; centre de ressources ; production audiovisuelle) sont au service des autres départements pour construire ensemble la réponse formation la plus adaptée

En effet, il s’agit notamment du département gérant le site web (http://www.esen.education.fr/). : 110.000 visites par mois et une très grande quantité de ressources, comme les conférences ou les documents administratifs dans l’actualité.

Olivier Dulac est également l’instigateur de la webradio et de l’organisateur des colloques internationaux sur la e-education, dont le dernier d’entre eux s’intitule “le numérique en questions”, grand évènement qui a rassemblé des spécialistes et donné lieu à diverses ressources, traces d’une réflexion qui avance. Entre Ruben Puentedura et sa matrice à quatre niveaux, le premier étant “vous faites avec le numérique ce que vous faites avec un stylo”, le quatrième “se développe avec le numérique ce qui ne se développerait pas sans”. C’est également l’idée, rappelée au cours du colloque, selon laquelle le numérique, si l’on n’y prend pas garde, peut émousser la capacité à se perdre, à s’émouvoir, à choisir…

Le département “numérique” de l’ESENESR montre qu’il n’est pas un idéaliste. Olivier Dulac se défend de la représentation du numérique qui renverserait tout : « Les théories de l’apprentissage seront toujours la base », ou qui permettrait des formations qui ne coûteraient rien, contrairement au présentiel : «  Il faut un lourd investissement pour obtenir des résultats, des formations de qualité. »

La qualité... Sa recherche dans les formations dites hybriques, c’est à dire pour partie en présence, pour partie à distance, est une grande préoccupation : « Nous repensons le modèle traditionnel du stage, en nous demandant à chaque étape, d’une part quels contenus nous ferons bien passer à distance, d’autre part ce que l’on va faire en présence que l’on ne ferait pas à distance. Restera ensuite à chercher une logique de continuité, d’interactions entre les deux moments. On sait en tout cas désormais, qu’à distance, l’accompagnement est indispensable. »

JPEG - 47 ko

Olivier Dulac a d’abord travaillé dans l’environnement, au parc des Ecrins, avant de devenir CPE, puis chef d’établissement et de se retrouver là, à ce poste estampillé innovation. Et on l’y sent à sa place, en recherche toujours. La webradio, le document post-colloque, les formations en présence à distance : “bricoleur de talent”, c’est l’expression qui vient à l’idée en l’écoutant parler de ce qu’il a réalisé, avec sans doute plus de conviction, de temps, d’ingéniosité que de moyens.

(A suivre)
Christine Vallin

Voir en ligne : Le site de l’ESENESR

JPEG - 77.5 ko

Ce qui fait changer un établissement

Revue n°509 - decembre 2013

Le ministre réforme, les enseignants travaillent. Entre les deux, que se passe-t-il à l’échelle d’un établissement ? Quelle organisation, quelle répartition des rôles, quels leviers pour répondre aux prescriptions institutionnelles, pour favoriser les apprentissages des élèves, dans toutes leurs dimensions ?