Jeune professeure d’EPS, Cécile Rossard a débuté en région parisienne et a tenu son carnet de bord durant les cinq années passées dans un collège Zep. Elle nous livre un témoignage précieux sur son quotidien et celui de ses élèves. Notre revue avait eu la primeur de plusieurs de ces textes, que son auteure avait confiés à la rubrique « Et chez toi, ça va ? » durant l’année 2005. On retrouve avec plaisir, au fil de cette centaine de pages, le ton chaleureux, le regard positif mais sans complaisance, l’analyse lucide mais non désabusée qui caractérisaient ces récits de moments difficiles et ces portraits d’élèves.
Rassemblés ici dans un ouvrage qui donne à lire un itinéraire cohérent, une tranche de vie d’enseignant, ils gagnent encore en profondeur. Cécile Rossard retrace ce parcours en nommant les échecs comme les réussites – les siens et ceux de ses élèves – et en proposant par petites touches sa réflexion personnelle généreuse assortie de l’analyse de certains dysfonctionnements du système scolaire.
L’ensemble construit une posture d’enseignant qui prend son métier à bras-le-corps (et on n’en attend pas moins d’un professeur d’EPS !) mais sans se plaindre des difficultés qui, au contraire, semblent la stimuler et développer sa créativité.
Pas question pour autant de devenir une sorte de missionnaire de l’éducation prioritaire : la jeune femme vit dans le même quartier que ses élèves et les rencontre parfois au centre culturel local mais elle sait aussi se protéger et mettre des limites à son engagement.
Voilà un bel exemple d’entrée dans le métier – qui ne se pose pas en modèle – mais qui pourrait donner à tout jeune professeur débutant (et surtout à ceux qui font leurs premiers pas dans un établissement difficile ou ressenti comme tel) quelques appuis pour construire une relation saine avec les élèves, quelques idées pour lâcher prise quand on se sent assailli par les problèmes et quelques pistes pour réinventer son enseignement au jour le jour pour faire réussir les élèves.
Un petit livre agréable à lire – même si la réalité qu’il évoque n’est pas toujours rose – tonique et stimulant, à mettre entre toutes les mains car il peut aussi redonner de l’énergie à des enseignants expérimentés ou fatigués.
Une lecture complémentaire du livre de François Bégaudeau, Entre les murs, donnant une vision plus optimiste, sans doute : le titre lui-même suggère la confiance et l’espoir de voir s’épanouir ces « p’tits bouts » qui ont tant de mal à grandir.

Hélène Eveleigh


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