En opposition aux structures fermées de type classe, les dispositifs ouverts privilégient les temps d’intégration en classe ordinaire, en alternance avec des cours de FLS. Ce principe est fortement réaffirmé par la circulaire d’avril 2002 qui détaille les modalités d’inscription et de scolarisation des ENAF. De nombreuses études effectuées par des spécialistes de l’éducation ont confirmé que les classes fermées figuraient parmi les systèmes d’intégration les moins efficaces :

– Attachées à un établissement, elles ne tiennent pas compte des variations d’effectifs d’une année sur l’autre sur un secteur donné et sont inaccessibles aux élèves hors secteur.
– Elles favorisent la création de « filières primo-arrivants », incitent à la rétention d’élèves quand les arrivées sont rares, et à l’inverse des dispositifs ouverts ne peuvent accueillir plus de 15 élèves.
– Elles servent souvent de soupape aux établissements pour conserver des professeurs en sous-service, qui y enseignent leur discipline et non pas le français.
– Le professeur est le seul interlocuteur en français. Tantôt les élèves communiquent entre eux dans leur langue maternelle, ce qui favorise la constitution de sous-groupes qui peuvent entrer en conflit, tantôt ils se construisent un langage de communication différent du français.
– Le retard scolaire se creuse d’autant plus que l’intégration en classe ordinaire intervient parfois deux ou trois ans après l’arrivée. L’argument souvent évoqué consiste à dire que des lacunes subsistent, et pour cause…
– Les élèves sont marginalisés aux yeux des autres élèves, puis ils quittent ce cocon très sécurisant pour être brusquement plongés en classe ordinaire, où ils se trouvent en situation d’échec scolaire.
– Face à un groupe de 15 élèves de niveaux et profils hétérogènes, l’enseignant ne peut répondre aux besoins de chacun sans une grande expérience des techniques de différenciation, voire d’individualisation, qui demandent une organisation matérielle sans faille. Lorsque plusieurs professeurs de différentes disciplines interviennent sur une CLA fermée, ils ne savent pas à quel programme de collège se référer et peinent à s’adapter aux différents niveaux.

En réalité, ces structures fermées ne conviennent qu’aux seuls élèves non-scolarisés antérieurement, qui ne peuvent intégrer une classe ordinaire avant de maîtriser au minimum les compétences scolaires fondamentales (lire, écrire, compter). Mais elles requièrent alors des conditions idéales d’enseignement-apprentissage pour être réellement efficaces.

Bertrand Lecocq, CASNAV Académie de Lille.