L’utilisation des cartes mentales en milieu scolaire n’est pas une fin en soi. Mais elles peuvent être précieuses pour aider les élèves à se questionner (délimiter un sujet ou faire un brainstorming), à restituer (prendre des notes ou présenter un exposé), ou encore à apprendre (comprendre une notion ou mémoriser une leçon). Leur structure radiante et la présence des mots clés permettent une vision globale d’un sujet, ce qui stimule la mémoire visuelle et facilite la réutilisation sous d’autres formes. Leur efficacité est accrue si l’élève en est également le créateur.

Nous les utilisons avec profit avec un petit groupe d’élèves présentant des troubles du langage écrit et de la parole et bénéficiant d’un projet personnel de scolarisation dans notre lycée, dans le cadre d’une ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire). Lors d’une séance d’une heure trente au CDI (centre de documentation et d’infirmation), je leur demande de créer une fiche métier à partir du site lesmetiers.net, sous la forme d’une carte mentale. Passer d’une représentation écrite traditionnelle des informations à une représentation sous forme de carte avec des sous-groupes les aide à organiser et hiérarchiser les informations. La carte mentale clarifie les relations entre les idées.

Cet exercice permet de procéder par étapes : on construit chaque bulle-information, l’une après l’autre. Les élèves construisent la carte pas à pas, en ayant la possibilité de se tromper, d’effacer, de recommencer, ce qui est rassurant pour eux. Cet aspect progressif favorise le déroulement de la pensée, et donc la mémorisation et la verbalisation.

La présentation graphique de l’information est également un atout de cet outil, en particulier pour les élèves qui compensent leur déficience intellectuelle en développant une mémoire visuelle et photographique. Dessiner une carte permet également de contourner l’obstacle de l’écriture manuscrite. Utiliser le logiciel de carte mentale les oblige tout de même à des exercices de motricité fine : relier deux bulles au bon endroit, tirer un trait, cliquer à un endroit précis.

Pour tenir compte au mieux des difficultés propres aux élèves, un accompagnement personnel est assuré par le professeur coordonnateur et le professeur documentaliste. Cet accompagnement est plus ou moins poussé en fonction du degré d’autonomie des élèves. Il peut être opératoire (compréhension et application des consignes), linguistique (compréhension et communication écrite et orale), technique (prise en main du logiciel).

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Fiche métier plombier en carte mentale (source : http://www.lesmetiers.net/)

Claire Cassaigne
Professeure documentaliste au collège Gérard-Philipe (Paris)