Les Cahiers avaient donné des échos du colloque sur la formation des enseignants en Europe proposé par l’IREA le 16 juin 2010. La publication des Actes en juin 2011 coïncide avec l’achèvement de la première année de masterisation. Une occasion pour le lecteur de faire une navette entre plusieurs lectures : celle des actes du colloque IREA, mais aussi celle du rapport Jolion sur la masterisation publié le 8 avril 2011, ainsi que celle de l’article proposé en mars 2011 dans nos colonnes par Régis Malet à l’occasion de la sortie du dossier de la revue internationale du Centre Sèvres «Former des enseignants».

Ces lectures croisées se complètent et n’invitent pas – hélas ! – à l’optimisme. Près de dix-huit mois se sont écoulés depuis le colloque IREA. On ne peut dire que les inquiétudes exprimées par les intervenants se soient levées. Pourtant, comme le rappelle Gilles Baillat, la question de la formation constitue bien un enjeu essentiel pour l’école. Dans le contexte actuel, c’est aux universités de relever le défi. Or, nous dit le président de la conférence des directeurs d’IUFM, «l’université n’a pas accepté de prendre en charge la formation des enseignants il y a quarante ans ; elle ne s’est pas non plus emparée de cette formation il y a vingt ans au moment de la création des IUFM ; elle a enfin aujourd’hui, la responsabilité de cette formation. Mais il est possible que ce soit une dernière chance». Si le défi n’est pas relevé le risque sera d’en conclure à l’impuissance de l’Université à assumer cette tâche et «d’avoir recours à un autre modèle disponible pour former les enseignants celui d’un compagnonnage ramené à la seule préparation à une employabilité immédiate sous le contrôle direct de l’employeur Éducation nationale». Comme l’écrit Regis Malet en conclusion de l’article ci-dessus cité «Rien ne permet guère d’espérer, donc. Et cependant, on le doit

Nicole Priou


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