J’ai l’âge des Cahiers Pédagogiques, créés en 1945 avec la mise en place des classes nouvelles. Je suis rentré en 1971 au Cercle de Recherches et d’Action Pédagogiques narbonnais, l’un des nombreux cercles locaux du CRAP de l’époque. Et en 1985 j’ai intégré le Comité de Rédaction des Cahiers Pédagogiques, où je siège toujours. Dès cette époque, j’ai été élu au Conseil d’administration du CRAP pendant de nombreuses années, avant de laisser ma place à de plus jeunes. Quel bilan fais-je de ce compagnonnage de plus de 40 ans ?

Michel Tozzi

Michel Tozzi

Dans les années 70, professeur certifié de philosophie sans pratiquement aucune formation pédagogique initiale, j’ai trouvé au CRAP, mouvement pédagogique, ce que ne m’avait pas donné l’Etat qui m’employait : une formation pas seulement théorique, mais professionnelle, qui m’a aidé à assumer ma fonction au début de ma carrière, dans le lycée technique où j’avais été nommé. Et qui m’a doté par la suite, notamment durant mes 40 Rencontres d’été d’une semaine, sans compter ses Universités d’été, d’une solide formation continue.
Dans les années 80, lorsque j’eus ensuite des fonctions de formateur d’enseignants à la Mafpen, en travail en équipe, pédagogie différenciée ou théories de l’apprentissage, c’est bien cette culture pédagogique du CRAP et des Cahiers qui m’ont permis de devenir formateur, et d’évoluer de façon pertinente dans cette fonction.
selection_999_541_.jpgDans les années 90, c’est encore cette formation et l’expérience acquise à la Mafpen, notamment dans le collectif de formateurs du CRAP, qui m’ont permis de commencer mes recherches en didactique de l’apprentissage du philosopher, et de faire ma thèse sur ce sujet avec Philippe Meirieu, que je connaissais en tant que rédacteur en chef des Cahiers.
En 1995, nommé à l’Université de Montpellier 3 en Sciences de l’éducation, c’est toujours cette culture pédagogique et didactique, et tous les contacts avec les praticiens et formateurs du CRAP, qui vont nourrir mes cours avec les étudiants, et mes recherches.
Le CRAP m’accompagne donc depuis 40 ans, et je puis attester combien un mouvement pédagogique peut accompagner un professeur débutant, puis confirmé face aux difficultés d’un métier difficile, un formateur par la diffusion des recherches et pratiques innovantes, un chercheur par le contact avec les innovateurs, ceux qui proposent déjà des solutions aux problèmes que les chercheurs sont en train de poser…

Et puis bien sûr le CRAP c’est un compagnonnage de coeur, par sa convivialité et les riches rencontres humaines faites, au long cours…

Michel Tozzi