Un Cahier pédagogique est d’ailleurs programmé sur ce thème, et prolongera la réflexion engagée.

Le colloque s’ouvrait sur une conférence de Françoise Lorcerie, chercheuse au CNRS et membre du comité de rédaction des Cahiers, autour notamment des idées suivantes :
– Il faut distinguer la notion de culture, système symbolique (Lévi-Strauss) fondé sur le langage, le régime matrimonial, les productions scientifiques et artistiques, les croyances religieuses, etc., dans laquelle on baigne sans forcément en avoir une conscience explicite, de celle d’identité culturelle, construction sociale qui renvoie à des oppositions symboliques à partir de revendications d’un groupe, ou d’imputations sur ses « caractéristiques ».
On constate en France que les cultures d’origine sont minorisées, et réduisent souvent dès la première génération leurs différences d’avec la culture majoritaire dominante d’accueil. En ce sens, il y a intégration culturelle de fait, et non comme on le croit souvent fragmentation sociale. Mais les identités culturelles au contraire s’aiguisent et s’affichent, produisant une catégorisation sociale « ethnique ».
– Il y a en France une composante implicite ethnique de la nation.
– Tout le problème est alors de savoir comment construire en France, dans le cadre du régime républicain d’origine, une société stable prenant en compte l’ethnicisation d’identités culturelles revendiquées, sans tomber dans le communautarisme redouté. Et dans quelle mesure une éducation interculturelle à préciser peut y contribuer.

Michel Tozzi