Il est particulièrement intéressant dans la période actuelle de lire cet ouvrage écrit par l’ancien secrétaire général du Syndicat national des instituteurs qui a connu les méandres de la politique éducative depuis les lendemains de la Libération et qui retrace l’histoire de l’idée d’« école fondamentale » dans un ouvrage documenté et vigoureux qui résonne donc avec les débats en cours.

Pour Guy Georges, le combat pour cette école commune qui engloberait le primaire et le collège est essentiel. Il montre d’ailleurs combien les clivages ne recoupent pas forcément celui qui sépare la droite de la gauche, car la première a su être à certains moments audacieuse et allant dans le sens du progrès, au moins dans le lancement de la démocratisation et la seconde timorée et inconséquente, mais aussi parfois pour une fraction d’entre elle contaminée par l’« élitisme républicain » qui la fait entrer en contradiction avec les ambitions du plan Langevin-Wallon et avec les idéaux affichés. L’auteur est sévère avec le SNES, qui, pour lui, a fait constamment obstacle aux avancées possibles par exemple du rapport Legrand au lendemain de 1981 comme il s’oppose aujourd’hui au socle commun que G. Georges considère comme la nouvelle dénomination de son école fondamentale fondée sur un tronc commun combiné avec une personnalisation des parcours et les groupes de compétences.

On aurait aimé peut-être parfois une centration moindre sur les querelles d’appareil (malgré leur indéniable importance historique) et un intérêt plus grand d’une part aux contenus d’enseignement dont il est peu question et d’autre part aux pratiques pédagogiques effectives. Sans doute également, l’évocation des débats public/privé reste-t-elle rapide et peu nuancée. Mais ce livre, préfacé par Hubert Montagner, constitue un document précieux pour inscrire les enjeux de la transformation du système éducatif dans une histoire longue, qui n’est pas finie…

Jean-Michel Zakhartchouk


Programmation 2014-2015

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