C’était une affaire entendue : les élèves n’apprenaient rien et les enseignants n’enseignaient plus. Mais qu’ont-ils donc tous fait à l’école depuis trente ans ? Rien, nous dit-on. Du futile, de l’accessoire, des amusements. Rien de rien.

Mais heureusement, depuis le discours de Nicolas Sarkozy à Périgueux, nous avons enfin le « retour aux fondamentaux » à l’école primaire. Au fait, le socle commun, on en fait quoi ? Pas fondamental… Bien sûr, c’était si simple l’orthographe, avant. Quelques bonnes règles, des dictées, et le tour était joué. Sans oublier évidemment les leçons sur le subjonctif et sur les subordonnées. Et ce n’était pas si compliqué non plus les mathématiques. Surtout ne pas oublier les retenues dans les opérations et plus aucun problème pour savoir calculer. Et l’histoire ? Des grands noms (Clovis d’abord !) et quelques dates (1515 ?), cela suffit bien. Et la géographie ? Une carte de France en couleur et une ou deux définitions (que l’on ne confonde plus adret et ubac !) Mais alors pourquoi tout un Cahier pédagogique consacré à l’enseignement de la géo ? Des gens qui s’amusent sans doute. Et les autres matières ? Pas plus dur.

Finalement, aujourd’hui comme hier, c’est fastoche d’être instituteur. Une leçon du haut de son estrade (c’est sûr, grâce à la morale personne ne bronchera et ils seront tout ouïe) et beaucoup d’exercices (on a la paix pendant ce temps-là et ça remplit bien le cahier). Et la commission Pochard, elle sert à quoi alors ?

Comment, petit élève ? Tu n’as pas compris l’accord du participe passé ? Te voilà illico sélectionné pour l’heure de soutien de ce soir. Tu verras, nous referons la leçon et des exercices. Fastoche !

On allait oublier. Tu te chargeras aussi de la mémoire d’un enfant victime de la Shoah. Super fastoche…