Il ressort du débat 1 que, certes, pour aider les élèves à apprendre à l’école il faut d’abord que l’école joue son rôle : le professeur, responsable de la situation pédagogique, enseigne, l’élève, sachant que c’est à lui que la parole du prof s’adresse à partir d’une prescription pourtant anonyme, se centre sur sa tâche et se met en activité. La mise en place de structures qui viennent prendre place sur les marges apparaît donc comme une transgression de la situation pédagogique type dont la classe est le modèle emblématique.

Certes, on peut dire que pour aider il faut commencer par se défier de l’aide.
Mais, à force d’affirmer les vertus cardinales de la classe, on finit par faire croire que tout discours professoral est légitime, toute situation frontale justifiée dans la mesure où les règles du jeu scolaire sont maintenues à partir du point de vue du maître et de l’institution.

À des participants parents d’élèves qui rappellent tout de même à quel point les élèves s’ennuient à l’école, il suffit alors, en dépit de toute évidence, de prétendre le contraire et d’affirmer que les cours magistraux n’existent plus.

Est-ce au nom de la même conviction que six des huit intervenants se sont autorisés à transformer chacun leur questionnement liminaire de dix minutes en un discours d’une demi-heure ?

Il n’est pas étonnant alors que l’aide individualisée, dans laquelle on pourrait pourtant apercevoir une occasion de prendre en compte le point de vue de l’apprenant, apparaisse comme une incongruité dangereuse.

Pierre Madiot